Mélanie Joly, ministre canadienne du Tourisme, des Langues officielles et de la Francophonie

Dialogue pour une nouvelle francophonie canadienne

Dans la foulée de la crise linguistique en Ontario, les acteurs de la francophonie ont voulu profiter du momentum pour susciter un dialogue entre les francophones du pays dans le but de se pencher sur l’identité francophone et ainsi la définir et la renforcer.

Politiciens, professeurs, journalistes et défenseurs de la francophonie se sont réunis à l’Université d’Ottawa (Ud’O), jeudi, dans le cadre d’une journée d’étude sur la francophonie canadienne et le Québec. Ils se sont posé la question « y -a-t-il un avant et un après Doug Ford ? ».

« On veut essayer de réfléchir ensemble à tout le sens qui vient avec ce mouvement de solidarité qu’on a vu et dont on a été témoin depuis le 15 novembre. On a l’impression qu’une nouvelle francophonie voit le jour au Canada », explique Linda Cardinal, titulaire de la chaire de recherche sur la francophonie et les politiques publiques à l’Ud’O.

L’élan de solidarité des francophones partout au pays depuis les annonces des coupes dans les services en français en Ontario témoigne d’un momentum qui doit permettre aux francophones de se positionner, souligne Benoit Pelletier, professeur à la Faculté de Droit de l’Ud’O.

« Il faut absolument chercher à canaliser l’énergie qui se développe en faveur de la francophonie canadienne et tenir les rassemblements qui nous permettent de nous interroger sur l’orientation qu’on veut donner à cette même francophonie et sur les façons de la renforcer », soutient M. Pelletier, ancien ministre responsable de la francophonie canadienne au Québec. Selon lui, la Belle province a un rôle clé à jouer dans tout ce débat.

Pour sa part, la nouvelle ministre responsable de la francophonie canadienne, Sonia LeBel, est d’avis qu’il faut redéfinir le rôle que le Québec doit avoir dans cette conversation.

« Le message principal qu’on doit retenir, c’est que le Québec est à l’écoute, confie Mme LeBel. On est conscient que dans les 50 dernières années, on a eu un positionnement peut-être un peu paternaliste. Mais on a eu beaucoup de batailles au Québec avec la Loi 101 où il fallait se protéger de l’océan anglophone. Mais je pense que là, il faut aussi réaliser qu’on a des camarades hors Québec. Le Québec doit se positionner naturellement parce qu’on est une province francophone et je pense qu’on a un rôle important à jouer. »

La crise en Ontario a permis d’allumer une « étincelle d’intérêt » envers la francophonie, croit la ministre caquiste.

« Le moment est à saisir parce que dans tout événement malheureux il y a toujours un éveil qui se fait », ajoute-t-elle.

La ministre du Tourisme, des Langues officielles et de la Francophonie du Canada, Mélanie Joly, s’est aussi jointe à la conversation en début de journée.

« Il y a des cours d’histoire qui se perdent, mais il y a aussi des pages d’histoire qui se créent », a-t-elle lancé aux participants rappelant que les manifestations du 1er décembre ont permis de raviver un débat.