Le campus de l'Université d'Ottawa

Deux nouvelles chaires sur la francophonie ontarienne à l'Université d'Ottawa

L’Université d’Ottawa s’est assurée que la francophonie ontarienne soit scrutée à la loupe au cours des prochaines années avec l’octroi de ses trois nouvelles chaires de recherche sur le monde francophone.

Deux de ces chaires se concentreront principalement sur la francophonie ontarienne. Alors que le professeur de l’École d’études politiques Jonathan Paquette étudiera la décolonisation du patrimoine culturel des pays francophones, les chercheuses Louise Bouchard, Jacinthe Savard et Luisa Veronis se pencheront sur la francophonie ontarienne.

Les deux premières sont cotitulaires de la nouvelle Chaire sur la santé des francophones de l’Ontario qui étudiera les besoins des différentes communautés francophones à travers la province, la capacité du système de santé ontarien à répondre à ces besoins, ainsi que l’impact de la discordance linguistique entre un professionnel de la santé et son patient.

Avec la Chaire de recherche sur l’immigration et les communautés franco-ontariennes, la professeure du département de géographie Luisa Veronis étudiera l’immigration francophone en Ontario sous un angle original.

Mme Veronis souhaite se pencher sur la perception de l’immigration dans les différentes communautés francophones en milieu minoritaire.

«Les études se sont penchées sur seulement un aspect, celui des immigrants. Même si on parle de l’accueil, de l’attraction, de l’établissement ou de l’inclusion, ce n’est jamais du point de vue des personnes concernées directement. Si on veut savoir pourquoi un employeur francophone n’embauche pas un employé immigrant, il faut aller leur parler», explique la chercheuse.

Avec la Chaire de recherche sur l’immigration et les communautés franco-ontariennes, la professeure du département de géographie Luisa Veronis (gauche) étudiera l’immigration francophone en Ontario.

La majorité des immigrants francophones de l’Ontario s’installent dans des pôles urbains comme Toronto et Ottawa, souligne Luisa Veronis. Elle croit qu’il sera intéressant de comparer la perception de cet influx de nouveaux arrivants dans les différentes communautés.

«Les autres communautés en régions plus rurales sont moins exposées à cette immigration. Pourtant, ce sont ces communautés qui sont confrontées au vieillissement et à l’exode de leurs jeunes francophones. C’est là où tend la question de la vitalité et de la survie des services de proximité.»


« Si on veut savoir pourquoi un employeur francophone n’embauche pas un employé immigrant, il faut aller leur parler. »
Luisa Veronis

À une époque où l’immigration est un sujet plutôt polarisant dans le monde occidental, l’ouverture aux nouveaux arrivants pourrait être bien différente dans les communautés francophones en milieu minoritaire, selon Mme Veronis.

«Dans une certaine mesure, les petites communautés sont plus accueillantes parce que tout le monde se connaît, mais elles sont aussi moins exposées à la diversité», indique la chercheuse.

«Le contexte va influencer l’accueil, poursuit Mme Veronis. Un Franco-Ontarien à Toronto va être plus habitué à la diversité culturelle et aura une attitude différente que celui de Timmins, par exemple, qui a moins d’infrastructures pour accueillir les immigrants et où il y a une expérience différente.»

En plus de la chaire de Luisa Veronis, l’Université d’Ottawa crée la Chaire mobilité francophone qui sera octroyée annuellement à des chercheurs de l’extérieur du Canada. Le spécialiste français des migrations, de l’ethnicité en France et de la question postcoloniale, Ahmed Boubeker, viendra dans la capitale fédérale pour étoffer ses connaissances sur la migration des communautés francophones haïtiennes et berbères au Canada.