Arrivés depuis peu de temps en Ontario, des nouveaux arrivants francophones découvrent la réalité canadienne.

Des nouveaux arrivants déçus par le bilinguisme au Canada

Arrivés depuis peu de temps en Ontario, des nouveaux arrivants francophones découvrent la réalité canadienne. Et plusieurs se montrent déçus de constater que les services essentiels ne sont pas toujours disponibles dans les deux langues officielles.

« Nous avons attendu cinq heures au CHEO (Centre hospitalier pour enfants de l’est de l’Ontario) avec notre bébé de 22 mois. Personne n’était capable de nous servir en français, alors que nous avions expliqué ne pas bien parler anglais. On nous avait pourtant promis un pays bilingue ! », raconte Mohamed Ali Attaoui à ONFR+.

Venu de Tunisie, cet ingénieur de formation est installé depuis trois mois à Ottawa. S’il a finalement obtenu un service en français après une longue attente, il s’étonne de la situation.

« J’ai choisi Ottawa, car c’est proche du Québec et que je voulais améliorer mon anglais. Je me débrouille, mais pour des termes spécifiques ou dans des situations comme celle-ci, j’ai plus de mal. Sur la documentation que j’avais lue sur internet, on disait que les services gouvernementaux étaient bilingues. Je peux comprendre que parfois il faille attendre, mais au niveau médical, je trouve ça limite. »

Pas possible sans l'anglais

Son constat, c’est celui que font de nombreux nouveaux arrivants francophones en arrivant au Canada.

Installée à Barrie depuis 2018 avec son mari et leurs trois fils, Sandrine Genest a vécu plusieurs années au Québec avant de s’établir en Ontario pour des questions administratives. Coordonnatrice des communications et projets à La Clé d’la Baie, elle qui reconnaît ne pas bien parler anglais confie également sa surprise.

« Le Canada nous intéressait notamment par rapport aux facilités d’y parler notre langue, notamment au Québec, même si mon mari est parfaitement bilingue. On a été très surpris par la place de l’anglais. C’était beaucoup plus que je pensais, surtout à Montréal. La plupart des offres d’emploi demandaient le bilinguisme. En France, notamment dans les médias, on nous vend un pays bilingue où tout le monde parle les deux langues officielles, où la langue n’est pas une barrière… Mais si tu ne parles pas anglais, surtout dans le commerce, ce n’est pas possible ! », dit celle qui avait ouvert une filiale de son entreprise française au Québec.

En Ontario, Mme Genest a été séduite par la présence de la communauté francophone. Mais dans la vie de tous les jours, elle avoue qu’il n’est pas toujours facile de se faire servir en français, aussi bien au niveau fédéral que provincial, même si le Comté de Simcoe est désigné en vertu de la Loi sur les services en français.

« Au Québec, recevoir des services en français ne posait aucun problème, mais ici, quand on a voulu changer nos permis de conduire, on nous demandait nos documents de France en anglais ! C’est un coup de chance à chaque fois, si la personne qui parle français est présente ou non, et certains services sont plus faciles à obtenir que d’autres », juge-t-elle.

Elle ajoute qu’il n’est pas toujours évident pour un nouvel arrivant de comprendre les différences entre les paliers de gouvernements et de savoir quels services bilingues sont réellement offerts.

Pour lire l'article de Benjamin Vachet dans son intégralité, rendez-vous sur le site web d'#ONFR