Camille Laurin et Jean-Guy Cardinal lors de la Commission parlementaire précédant l'adoption de la loi 101, à l'été 1978.

Des militants demandent une Loi 101 revigorée à l'aube de son 40e anniversaire

À quelques jours du 40e anniversaire de la Loi 101, les Partenaires pour un Québec français lancent une «campagne de fierté» pour marquer l'événement, mais ils se montrent très critiques de la tiédeur du gouvernement Couillard en matière de défense du français.
Plusieurs des organisations partenaires ont rencontré la presse, mardi à Montréal, pour présenter cette campagne et donner un avant-goût du court-métrage qui a été réalisé sur le contexte de l'adoption de la Charte de la langue française en août 1977.
Mais le contexte politique ne pouvait être évité, des jeunes libéraux ayant encore récemment tenté de faire une brèche dans la Loi 101 en proposant d'élargir l'accès à l'école anglaise au primaire et au secondaire. La proposition a été battue, mais cela prouve qu'il faut rester vigilant dans la bataille pour la protection de la langue française, ont tour à tour affirmé les Partenaires pour un Québec français.
Christian Daigle, président du Syndicat de la fonction publique et parapublique du Québec (SFPQ), qui représente les fonctionnaires dans les différents ministères et organismes, relate le contexte linguistique dans lequel ses membres travaillent: «malheureusement, le gouvernement ne fait rien pour que le français soit la langue de l'État. Sur papier, c'est beau, c'est écrit. Mais ce n'est pas ce qui se passe dans la réalité. Dans la réalité, une personne qui est allophone, qui arrive au Québec, ce qu'on va marquer sur ses formulaires, c'est 'anglais' comme langue première. Il n'y a pas un intérêt à marquer le français comme langue pour pouvoir communiquer avec ces personnes-là par la suite».
M. Daigle se montre cinglant: «on se déleste de notre mission première, qui est d'accueillir les gens et de les amener vers les français comme langue première. Si on veut que le gouvernement Couillard soit proactif là-dedans, ça va prendre un méchant coup de barre et qu'il vire le bateau à 180 degrés».
Sophie Prégent, présidente de l'Union des artistes, estime que la défense du français devrait relever de tous les partis et de tous. «On s'est doté de règlements, d'une façon de faire au Québec qui fonctionnait avec la Loi 101. Après ça, il reste à l'appliquer. Peu importe les allégeances politiques, c'est la base de la société, ça devrait être le socle sur lequel on s'appuie», a-t-elle dit.
Éric Bouchard, directeur général du Mouvement Québec français, a précisé qu'une rencontre aura lieu le 5 septembre avec le ministre Luc Fortin, responsable du dossier linguistique. «Ça fait cinq ans qu'on fait des demandes auprès des élus pour que la Charte de la langue française soit revampée pour lui redonner sa vigueur d'antan. On l'attend de pied ferme», a-t-il prévenu.
En plus du court métrage, la campagne prévoit des interventions dans les médias sociaux, de même que des affiches sur lesquelles il sera écrit: «La Loi 101 toujours à la mode depuis 40 ans - 101 raisons d'être fiers». Officiellement, c'est samedi prochain que la Loi 101 aura 40 ans.
«On s'en va vers des élections, alors peut-être que c'est un gouvernement qui va être un petit peu plus à l'écoute. Disons que l'ouverture de ce gouvernement-là à l'endroit de l'avenir du français, c'est le cadet de ses soucis», a critiqué le président de la CSN, Jacques Létourneau.