Dernier rapport Boileau: les défis du poids démographique des francophones

L’immigration et le poids démographique des francophones occupent une place importante du dernier rapport annuel publié par le Commissariat aux services en français (CSF) de l’Ontario.

Les francophones représentent 4,7% de la population ontarienne, une statistique qui pourrait passer à 3,9% dans un horizon de 10 ans. Selon le commissaire François Boileau, il importe que des mesures soient prises afin de mettre un frein à cet effritement.

«Ce serait hasardeux de penser au scénario dans 20 ans, mais il y a tout de même une tendance», concède-t-il.

Selon lui, la solution est de miser sur l’immigration francophone et d’offrir un continuum complet en matière d’éducation.

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Au sujet de l’accès à la santé dans la langue de Molière, le commissaire rappelle que la majorité des plaintes reçues par son bureau sont à ce sujet.

M. Boileau aimerait que la réforme en santé comprenne une obligation de respecter la Loi sur les services en français. 

«Il importe de voir cette partie du projet de loi amendée de façon à clarifier les exigences en matière de planification, de conception, de prestation et d’évaluation des services de santé en français», écrit-il dans son dernier rapport annuel.

Par ailleurs, le commissaire profite de sa tribune afin d’interpeller directement la ministre des Affaires francophones de l’Ontario, Caroline Mulroney. 

«C’est à juste titre que je salue l’engagement du gouvernement provincial, à travers la ministre Mulroney, de se doter d’un plan d’action sur le développement des communautés francophones, ainsi que de promouvoir le français en Ontario», écrit le commissaire dans la conclusion de son rapport annuel 2018-2019.

Il explique sa décision d’écrire directement à la ministre par l’importance d’un engagement politique, sans quoi les changements ne sont pas garantis.

«Si elle l’a dit en Chambre, c’est qu’elle le pense et donc maintenant il faut qu’elle agisse.» 

«Sentiment du devoir accompli»

François Boileau occupe le rôle de commissaire depuis la création du CSF en 2007. Bien que le Commissariat sera démantelé le 1er mai prochain, il quitte avec le sentiment du devoir accompli. 

«Personnellement, j’ai le sentiment du devoir accompli. On a bâti, avec l’aide de mon équipe, une structure rigoureuse, solide et crédible auprès du gouvernement des médias et de la population. En relativement peu de temps, 11 ans et demi, on est devenu une institution incontournable dans la francophonie ontarienne», confie-t-il.

Depuis que la Loi 57 a été adoptée le 6 décembre dernier, il ne croit plus que le gouvernement va revenir sur sa décision et rétablir le CSF. Toutefois, il espère qu’un jour ou l’autre le Commissariat renaîtra de ses cendres. 

Dès le début mai, François Boileau compte s’accorder un moment de repos pour quelques mois. Un «rêve» qu’il n’a jamais pu réaliser jusqu’à maintenant.