« L'immigration et la diversité, c'est prioritaire pour nos communautés. Les demandes d'asile sont des gens qui peuvent apporter une contribution importante à la vitalité de la francophonie », a indiqué Jean Johnson, de la FCFA.

Demandeurs d'asile: les communautés hors Québec se mobilisent

Les communautés francophones en situation minoritaire se mobilisent et se disent prêtes à accueillir des demandeurs d'asile en provenance des États-Unis.
Les présidents de la Fédération des communautés francophones et acadiennes (FCFA), Jean Johnson, et de l'Assemblée de la francophonie de l'Ontario, Carol Jolin, ont uni leurs voix, jeudi, lors d'une conférence de presse au Centre francophone de Vanier pour signaler leur intérêt à accueillir les migrants arrivés par Lacolle cet été, une fois que le gouvernement fédéral aura statué sur leurs demandes. 
Des représentants du Comité d'accueil haïtien de la capitale nationale, de même que du Conseil économique et social d'Ottawa-Carleton (CESOC), du Conseil des écoles publiques de l'Est de l'Ontario et de l'Association des enseignant(e)s franco-ontariens (AEFO) étaient aussi présents.
« L'immigration et la diversité, c'est prioritaire pour nos communautés. Les demandes d'asile sont des gens qui peuvent apporter une contribution importante à la vitalité de la francophonie », a indiqué M. Johnson, de la FCFA. 
Les deux présidents souhaitent rencontrer « le plus rapidement possible » le ministre Ahmed Hussen pour s'assurer qu'Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada (IRCC) mette dès maintenant sur son radar les communautés francophones et acadiennes « pour tout ce qui touche à l'accueil des demandeurs d'asile ». 
M. Johnson a expliqué qu'on veut ainsi éviter de répéter la même erreur de la crise des réfugiés syriens lors de laquelle « ces obligations n'étaient pas sur le radar des fonctionnaires ».
Selon les deux organismes, le gouvernement fédéral peut mettre en place des mesures ciblées, notamment par le biais du Programme Mobilité francophone, pour aider à l'établissement de ces demandeurs d'asile dans les communautés francophones hors Québec.
Déjà, un site d'emploi sur Internet a été créé,  et les employeurs de partout au pays sont invités à faire connaître les emplois disponibles. Le répertoire est en ligne à www.francoemploi.ca.
« De nombreux secteurs cherchent vainement des francophones qualifiés pour pourvoir des postes. C'est le cas dans l'enseignement, et d'autres besoins se font sentir dans les secteurs de la santé, des services sociaux et du développement communautaire », a rappelé M. Jolin, de l'AFO, qui a aussi lancé l'idée d'organiser une « mission » pour aller à la rencontre des migrants qui se trouvent toujours à Montréal afin de les convaincre de venir s'établir dans la province. 
« Il y a un espace de collaboration qui s'est ouvert. En concertation, il est possible d'en faire plus. Il y a des opportunités de travailler en réseau » a souligné Patrick Auguste, du Comité d'accueil haïtien de la capitale nationale.
Environ 50 demandeurs d'asile se trouvent dans la région de la capitale nationale. Les questions de l'emploi et de la reconnaissance des compétences restent des éléments importants quand vient le temps de décider où s'installer. 
« Il faudrait faciliter le processus de reconnaissance des compétences. Par exemple, ne pas empêcher un ingénieur qualifié aux États-Unis de travailler en Ontario parce qu'il n'est pas membre de la profession dans cette province. Il devrait pouvoir travailler quand même en arrière-plan avec une équipe d'ingénieurs sans devoir mettre son seau. Des fois, on en demande plus que c'est nécessaire » a souligné Saint-Fahr Désir, directeur général du CESOC.