La ministre Caroline Mulroney et le premier ministre Doug Ford ont été très présents dans l’actualité depuis une semaine.

Coupures dans les services en français : un poids médiatique surprenant

Plus d’une semaine après le « jour noir pour les Franco-Ontariens », les médias nationaux sont nombreux à couvrir l’annonce des coupes dans les services en français en Ontario et l’impact qui en découle.

« Généralement, le sort des Franco-Ontariens retient très peu l’attention des médias au Québec. Il y a à peu près juste Le Droit qui a ce mandat dans les médias francophones vu qu’il a un pied dans chaque province. Ce que j’ai moins vu ce sont des levées de boucliers dans les grands médias anglophones. On a encore deux solitudes. Il y a eu des éditoriaux, des gens qui se sont prononcés, mais je n’ai pas senti que ça avait beaucoup d’effervescence », observe Marc-François Bernier, professeur au département de communication de l’Université d’Ottawa (Ud’O) et spécialiste en éthique et sociologie du journalisme.

À titre d’exemple, la base de données Eureka a répertorié plus de 1900 documents – dans les médias francophones et anglophones au pays – qui traitaient des compressions du gouvernement Ford et des propos de la ministre Caroline Mulroney entre le 15 et le 21 novembre dernier. Le pic médiatique, selon l’outil électronique, a eu lieu le 19 novembre avec 532 documents en l’espace de 24 heures.

Eureka compte plus de 2600 sources dans les deux langues officielles au Canada.

La nouvelle a même traversé l’Atlantique. Pas plus tard que mardi, TV5 Monde abordait la question des coupes dans les services en français en Ontario. Mercredi, c’était au tour du Washington Post et du Toronto Star de publier des éditoriaux sur les décisions controversées du gouvernement Ford à l’égard des francophones.

Si l’on se fie aux tendances dans le domaine journalistique, la place accordée à cette nouvelle dans les médias devrait s’essouffler.

« Ce sera le défi de ceux qui sont activistes de trouver des façons de susciter l’attention médiatique parce que ça prend du nouveau, affirme M. Bernier. Dans la stratégie de communication des opposants, ça prend des manifestations, des conférences de presse si on veut garder l’intérêt des médias. »

Sur le fond de la nouvelle, la mobilisation qui s’est mise en branle un peu partout surprend le professeur de l’Ud’O.

« J’avais l’impression depuis 15 ou 20 ans d’assister à une sorte de résignation du fait français en Ontario. Que c’était pour disparaître progressivement avec la génération des baby-boomers. Mais ça montre que ce n’était pas de la résignation, mais une sorte de silence », affirme-t-il en prenant le soin d’ajouter qu’il n’est pas un spécialiste de la question des Franco-Ontariens.