La ministre Caroline Mulroney s’est entretenue avec Le Droit au lendemain de l’annonce de son gouvernement sur les coupes aux services en français.

Coupes aux services en français: la ministre Mulroney se défend

La ministre déléguée aux Affaires francophones de l’Ontario, Caroline Mulroney, soutient que l’annulation du projet d’Université de l’Ontario français (UOF) représentait une « décision difficile, mais nécessaire » en raison de l’état des finances publiques de la province.

« Notre gouvernement a été élu avec un mandat de bien gérer les finances de notre province. On veut remettre l’Ontario sur la voie de la prospérité. Quand on a vu l’ampleur du déficit qui a été laissé par le gouvernement libéral, on a eu des décisions difficiles à prendre », a indiqué Mme Mulroney en entrevue avec Le Droit.

Caroline Mulroney soutient qu’à la lecture du rapport de la Commission d’enquête indépendante sur les finances de l’Ontario, présenté le 21 septembre dernier, son gouvernement a dû revoir ses intentions par rapport à la réalisation de l’UOF.

Or, en entrevue avec le chroniqueur du Droit Patrick Duquette, quelques jours après le dévoilement de ce rapport, elle réitérait son soutien pour l’UOF et démontrait clairement être bien au courant de l’ampleur du déficit.

« On vient de voir qu’il y a un déficit de 15 milliards de dollars. Mais on a annoncé très tôt dans notre mandat que l’Université de l’Ontario français demeure une priorité pour nous. Mais on a besoin d’étudier les décisions qui ont été prises. On veut certainement faire avancer ce projet très important pour la communauté franco-ontarienne », avait-elle répondu lorsqu’on lui demandait si l’UOF verrait le jour en 2020 comme prévu.


« Le projet de l’Université de l’Ontario français, c’est une question de voir si c’est le bon projet. C’est un travail qu’on peut continuer, mais il faut vraiment [...] s’assurer qu’il répond aux besoins des Franco-Ontariens. »
La ministre Caroline Mulroney

La ministre déléguée aux Affaires francophones laisse toutefois entendre en entrevue avec Le Droit que l’UOF n’était peut-être pas la meilleure solution pour offrir une éducation postsecondaire francophone de qualité en Ontario.

« Le plan B et mon plan A inclut aussi de trouver des moyens d’améliorer l’accès aux programmes postsecondaires en français pour les Ontariens, soutient Mme Mulroney. Le projet de l’Université de l’Ontario français, c’est une question de voir si c’est le bon projet. C’est un travail qu’on peut continuer, mais il faut vraiment regarder le programme et s’assurer qu’il répond aux besoins des Franco-Ontariens. »

Commissaire aux services en français

Questionnée sur les économies réalisées grâce à l’abolition du Commissariat aux services en français, la ministre déléguée aux Affaires francophones n’a pas donné de chiffres précis, mais souligne qu’il « y aura des économies au fur et à mesure » en passant de neuf agents indépendants du gouvernement à six.

Caroline Mulroney insiste : les plaintes sur les services en français continueront d’être étudiées par l’ombudsman de la province.

Comme il s’agit d’une entité indépendante, Mme Mulroney n’a pu préciser si des rapports sur l’état des services en français en Ontario continueront d’être rédigés à la même fréquence que le faisait le Commissaire aux services en français.

« L’ombudsman va décider à la suite d’analyses et d’études des plaintes si des rapports et des recommandations sont nécessaires. C’est son travail, c’est un bureau indépendant du gouvernement. Ce sera à lui de décider s’il doit faire des rapports et des recommandations », soutient Mme Mulroney.

À noter que l’Assemblée de la francophonie de l’Ontario (AFO) invite les Franco-Ontariens à « joindre la résistance » sur leur site web. On ne sait pas quelle forme prendra cette mobilisation, mais les gens sont invités à signifier leur intérêt à participer à la contestation et à indiquer comment ils souhaitent contribuer.

« Les Franco-Ontarien(ne)s se sont toujours mobilisé(e)s pour conserver leur place dans la province et défendre leurs droits. Tout comme nos ancêtres et les leaders communautaires qui nous ont précédés, nous devons unir nos voix et exiger que nos institutions demeurent », peut-on lire sur le site web de l’AFO.