Le commissaire aux services en français de l'Ontario, François Boileau

Commissariat indépendant ou rien pour Boileau

Le commissaire aux services en français de l’Ontario, François Boileau, n’a pas l’intention d’accepter un poste au sein du Bureau de l’ombudsman de la province, même si l’offre vient.

M. Boileau explique ne pas avoir encore mis la main sur le libellé de l’amendement apporté par le gouvernement Ford. Selon sa compréhension actuelle de la situation, son commissariat serait toujours aboli et un poste d’ombudsman-adjoint serait transformé en commissaire aux services en français.

« Le fait qu’il change le titre ne change pas le fait que c’est un employé de l’ombudsman de l’Ontario qui sera nommé par l’ombudsman. Le Commissariat cesserait d’exister si le projet de loi devait être adopté et ce serait complètement intégré dans le Bureau de l’ombudsman. »

« Comme commissaire, c’est à moi d’établir les priorités de mon bureau. J’établis aussi les priorités en matière de ressources humaines et de charge de travail des employés et même de services informatiques, de gestions des données, de gestion des plaintes, de gestion des ressources du bureau comme tel. Tout ceci, maintenant, devra être avalisé par l’ombudsman, selon toute vraisemblance », explique François Boileau.

Alors, l’actuel commissaire aux services en français insiste, ce n’est pas un poste qui lui revient automatiquement. Si l’ombudsman de l’Ontario, Paul Dubé, souhaitait qu’il joigne son équipe, M. Boileau soutient qu’il devra refuser l’invitation.

« J’aurais adoré, dans d’autres circonstances, travailler avec lui parce que je trouve que c’est un super ombudsman et un chic type au demeurant, précise François Boileau. J’ai passé 11 ans à bâtir une institution et cette institution-là, les francophones sont de plain-pied au sein de l’Assemblée législative. Cette institution disparaît d’un trait. Je ne pourrais pas cautionner cette perte-là. Je n’ai pas ce cœur-là, je n’ai pas ce courage. »

Par ailleurs, le commissaire aux services en français se dit médusé par la déclaration de la ministre des Affaires francophones, Caroline Mulroney, vendredi dernier concernant l’Université de l’Ontario français. Selon lui, si le gouvernement souhaite abolir le conseil des gouverneurs en place pour préparer un nouveau projet, il s’agirait « d’un retour en arrière de plusieurs années ».

« On avait justement eu plusieurs années de débats, enfin on avançait, affirme M. Boileau. Les besoins sont encore là, ils sont encore aussi criants en matière d’éducation postsecondaire, d’accroître le nombre de programmes en français dans le centre-sud-ouest de l’Ontario. Les besoins étaient criants en 2012, ils le sont tout autant en 2018. »

Lalonde pessimiste

La députée d’Orléans, Marie-France Lalonde, n’est pas convaincue que la communauté franco-ontarienne aura suffisamment de temps pour empêcher l’adoption du projet de loi sur l’énoncé économique du gouvernement Ford. Le vote se tiendra vraisemblablement dès cette semaine.

« On pourrait siéger jusqu’à minuit mardi et mercredi pour faire avancer ce projet de loi le plus rapidement possible. [...] Je ne pense pas qu’on va pouvoir renverser la décision, malheureusement », soutient Mme Lalonde.