L’ombudsman de l'Ontario, Paul Dubé

Commissariat aux services en français: postes perdus au bureau de l'ombudsman

Le transfert des activités du Commissariat aux services en français (CSF) au sein du bureau de l’ombudsman de l’Ontario entraînera la perte de trois postes.

Par voie de communiqué, l’ombudsman Paul Dubé affirme que tout le personnel actuel restera à la nouvelle entité « à l’exception d’une coordinatrice administrative (un rôle non requis dans l’organisation du bureau de l’ombudsman) et du Commissaire actuel François Boileau, qui a annoncé sa démission à la fin d’avril ». De plus, le poste de directeur général sera éliminé tout comme un poste aux services des communications, a confirmé la directrice des communications de l’ombudsman Linda Williamson. 

Des informations qui n’apparaissaient pas dans l’annonce officielle de l’ombudsman qui invoquait initialement la perte d’un seul poste.

Le transfert se fera dès le 1er mai. Le directeur général actuel du CSF, Jean-Gilles Pelletier assumera le rôle de Commissaire par intérim. Un concours pancanadien sera lancé afin de pourvoir le poste.

« Ma vision pour cette unité est de maintenir et de renforcer les services que le CSF a toujours offerts au public, dit M. Dubé. Le Commissaire sera encouragé à être aussi actif que possible dans la promotion des droits linguistiques, l’établissement de relations et l’identification des problèmes systémiques auxquels fait face la communauté francophone. »

François Boileau

Le bureau de M. Dubé a refusé la demande d’entrevue du Droit, indiquant que ce dernier serait disponible pour répondre aux questions vers la fin du mois d’avril. 

Selon des sources qui se sont confiées au Droit, l’ambiance était morose au sein du CSF alors que plusieurs employés étaient en état de choc d’apprendre ce qu’il adviendra de leur emploi et de leurs responsabilités.

Les employés transférés garderaient le même salaire, mais verraient leurs responsabilités diminuer et leur niveau serait revu à la baisse au sein de la nouvelle entité. Le personnel a appris la nouvelle en fin de journée jeudi.

Le président de l’Assemblée de la francophonie de l’Ontario (AFO), Carol Jolin, n’a pas mâché ses mots pour critiquer les décisions qui ont été prises.

« Comme dans le cas de l’Université de l’Ontario français, le premier ministre et son gouvernement nous ont menti. On comprend maintenant que l’intégration du commissariat aux services en français visait finalement à faire des économies de bout de chandelle sur le dos de la minorité francophone. C’est inacceptable », s’insurge M. Jolie dans une déclaration écrite.

Il demande au premier ministre d’octroyer les fonds nécessaires à l’ombudsman pour que l’entièreté de l’équipe du CSF puisse poursuivre son travail. L’AFO entend consulter ses avocats afin d’obtenir un avis juridique.

Carol Jolin

M. Jolin reproche au gouvernement Ford de briser « une autre promesse » aux francophones. 

Il rappelle que Caroline Mulroney, ministre des Affaires francophones, avait déclaré en novembre dernier que le CSF serait intégré « dans son entièreté au sein du bureau de l’ombudsman ». Cette promesse aurait été réitérée lors d’une rencontre entre l’AFO, le premier ministre Doug Ford et la ministre Mulroney le 23 novembre.

Le Commissaire François Boileau doit déposer son dernier rapport annuel le 16 avril.