Une vidéo du groupe humoristique Improtéine décrit la crise vécue par les Franco-Ontariens en quelques minutes.

Comment expliquer la crise linguistique aux enfants ?

Les récentes actions prises par le gouvernement Ford envers la communauté franco-ontarienne ont fait réagir des centaines de milliers de personnes. Mais comment la crise linguistique est-elle expliquée aux jeunes enfants ? Improtéine a peut-être la réponse.

Une vidéo créée par le groupe humoristique permet de comprendre toute la situation entourant les coupes aux services en français, en deux minutes.

« On voulait remettre les pendules à l’heure », fait savoir le comédien et membre d’Improtéine, Vincent Poirier.

La vidéo, visionnée plus de 50 000 fois depuis sa mise en ligne mardi, explique les mesures du gouvernement progressiste-conservateur envers les francophones. « Elle est destinée aux personnes qui ne sont pas nécessairement au courant de ce qu’il se passe ou pourquoi c’est important de ne pas perdre nos institutions ».

Le groupe humoristique, « assez politisé » à ses heures, est bien connu au sein des écoles de l’Ontario français. Selon M. Poirier, cette vidéo était aussi un moyen d’éduquer les jeunes et leurs parents. « Si les enseignants peuvent s’en servir en classe, en enseignement, c’est très bien. On les a aussi encouragés à l’envoyer aux parents. »

Dans la classe

À l’école élémentaire catholique d’Embrun, la « télé scolaire », visionnée par les élèves au quotidien, a fait partie des moyens d’éduquer les enfants sur les récents événements survenus dans la francophonie ontarienne. « Savez-vous c’est quoi, une manifestation ? Une manifestation, c’est un grand rassemblement de gens qui défendent un droit ou une cause », peut-on entendre deux jeunes élèves expliquer à leurs camarades de classe.

Elles partagent aussi avec eux l’histoire de la résistance des francophones en province, comme la bataille pour conserver l’hôpital Montfort. « Ceux et celles qui étaient là se souviennent bien du rassemblement, car le gouvernement voulait fermer l’hôpital Montfort. L’hôpital où la majorité d’entre nous est né », racontent-elles.

Pour le directeur de cette école, Paul Cadieux, parler de l’histoire des Franco-Ontariens est nécessaire. « On tient vraiment à les informer de leur histoire, et des raisons qui ont fait en sorte qu’ils peuvent s’exprimer en français aujourd’hui. »

Au Conseil scolaire de district catholique de l’Est ontarien, des communications ont été envoyées au personnel, les invitant à afficher leurs couleurs et à enseigner la situation actuelle aux élèves.

« Le CECCE encourage sa communauté scolaire à prendre part aux initiatives organisées par l’Assemblée de la francophonie de l’Ontario et de faire valoir les valeurs et la culture franco-ontarienne », a pour sa part déclaré le Conseil des écoles catholiques du Centre-Est.