Bilan de l'année 2016

Le Droit vous a préparé un bilan de la dernière année en matière de langues officielles.
Un personnage: Graham Fraser
Après plus de dix années, Graham Fraser a tiré sa révérence en décembre, après avoir été le commissaire aux langues officielles ayant été en poste le plus longtemps. Pendant son mandat, M. Fraser aura fait face à plusieurs tempêtes qui l'ont obligé à faire preuve de persuasion pour forcer les ministères et organismes récalcitrants à respecter leurs obligations à l'égard des deux langues officielles. Pendant la dernière année, le commissaire Fraser a déposé plusieurs rapports importants - dont celui sur Air Canada - qui lui ont permis de mettre la table pour son successeur, en réclamant des pouvoirs accrus pour faire bouger les choses. Il a aussi produit un rapport sur la petite enfance, la clé pour assurer la vitalité et l'avenir des communautés francophones en situation minoritaire.
Un lieu: Ottawa-Vanier
Madeleine Meilleur et Mauril Bélanger ont laissé un grand trou dans le paysage politique d'Ottawa-Vanier en 2016.
Ottawa-Vanier a perdu deux figures marquantes de la vie politique et linguistique en 2006. Mauril Bélanger, grand défenseur de la francophonie, nous a quittés en démontrant un courage et une volonté sans borne. Atteint de la sclérose latérale amyotrophique (SLA), M. Bélanger a insisté pour continuer à servir comme député à la Chambre des communes jusqu'à la fin. Il aura marqué l'histoire d'Ottawa-Vanier et de son pays qu'il aimait tant, en défendant ses convictions profondes. Les politiciens de partout au pays, et de toutes les allégeances politiques, lui ont rendu hommage en soulignant son engagement. Son homologue à Queen's Park, la ministre et députée Madeleine Meilleur, a pris tout le monde par surprise en annonçant en juin son départ de la vie politique. La procureure générale et ministre déléguée aux Affaires francophones a été un pilier de la francophonie ontarienne pendant son mandat.
Un mot: Observateur
L'Organisation internationale de la francophonie (OIF) a accordé à l'Ontario le statut d'observateur, à la fin novembre, lors du XVIe Sommet de la francophonie qui se déroulait à Antananarivo, capitale de Madagascar. Pour l'Ontario, qui tentait de se joindre à l'organisation depuis plusieurs années, cela ouvre de nouvelles possibilités de coopération avec d'autres pays dans divers domaines, dont celui de la culture, de l'éducation et du développement économique. «L'OIF reconnaît notre engagement à l'égard du français et de notre identité francophone de même que les réalisations considérables de notre communauté francophone», a indiqué la première ministre Kathleen Wynne. L'OIF représente quelque 220 millions de francophones dans 80 États et gouvernements dans le monde. À titre de membre observateur, l'Ontario aurait le droit d'assister aux sommets de l'OIF, à la conférence ministérielle et aux séances du conseil permanent de la francophonie, mais ne pourrait pas voter ni intervenir dans les débats.
Un chiffre: 17
En février 2016, le gouvernement libéral de Kathleen Wynne a présenté des excuses et demandé pardon aux Franco-Ontariens pour le Règlement 17. Le fameux Règlement 17, adopté en 1912 par le premier ministre James Whitney, interdisait l'enseignement du français dans les écoles primaires de la province, privant les Franco-Ontariens d'une éducation dans leur langue maternelle. Le gouvernement ontarien a cessé de l'appliquer en 1927, mais il a continué d'avoir force de loi jusqu'en 1944. Le quotidien LeDroit a été fondé en 1913 en se donnant comme mission de s'opposer au Règlement 17. À Queen's Park, la première ministre Kathleen Wynne a présenté ses excuses en mentionnant que «le règlement 17 manquait de respect à l'égard de l'identité et de l'égalité des Franco-Ontariens».
Une résolution: Aller au-delà des consultations
La ministre du Patrimoine, Mélanie Joly
Les ministres du gouvernement de Justin Trudeau ont multiplié les consultations, en 2016. La ministre du Patrimoine canadien, Mélanie Joly, n'a pas fait exception en lançant une vaste consultation en prévision du plan d'action sur les langues officielles 2018-2023. Entre juin et décembre, le gouvernement libéral affirme avoir mené le processus le plus transparent et le plus ouvert de toutes les consultations menées jusqu'à maintenant dans le dossier des langues officielles. Plus de 22 tables-rondes ont été organisées, 350 chefs de file ont été entendus et 90 mémoires ont été déposés.Le processus a permis de recueillir 6400 commentaires en ligne. En décembre, la ministre Joly a entamé sa réflexion qui devrait se poursuivre pendant toute l'année 2017 pour une mise en oeuvre en avril 2018. Au-delà du discours, le gouvernement Trudeau devra donner l'exemple, sans attendre le plan d'action sur les langues officielles qu'il ne déposera que l'an prochain.