La députée de Glengarry-Prescott-Russell, Amanda Simard a interpellé le ministre de l’Énergie, du Développement du Nord et des Mines, Greg Rickford, à l’Assemblée législative.

Amanda Simard pose sa première question comme indépendante

La députée de Glengarry-Prescott-Russell Amanda Simard a posé sa première question à l’Assemblée législative depuis qu’elle a quitté les rangs conservateurs, en novembre dernier. Celle-ci a interpellé le ministre de l’Énergie, du Développement du Nord et des Mines, Greg Rickford.

« Est-ce que le ministre peut nous dire si le projet éolien Champs de l’Est est toujours dans les cartons ? », s’est exclamée Amanda Simard à Queen’s Park, lundi matin.

Cette question, qui « peut être répondue soit par un oui, soit par un non », n’a pas trouvé de réponse précise chez le ministre Greg Rickford. « C’est un dossier qui a évidemment été difficile », a-t-il alors rétorqué, en faisant mention de l’annulation des 758 projets d’énergie renouvelable annoncée en juillet 2018, qui devrait faire économiser plus de 790 millions $ en factures d’électricité. 

Le projet éolien Champs de l’Est devait être construit à St-Bernardin, dans la municipalité de La Nation et du canton de Champlain. 

Lorsque le gouvernement Ford avait annoncé l’annulation de ce projet, « la décision avait été reçue avec acclamations et applaudissements de la part des gens de Glengarry-Prescott-Russell », selon la députée Simard. 

Pourtant, la Commission de l’énergie de l’Ontario a délivré un permis de construction le 6 décembre 2018 permettant à l’entreprise Renewable Energy Systems (RES) de produire de l’électricité à cet endroit pour les 20 prochaines années. 

Le mouvement citoyen Sauvons La Nation a été créé en 2015 afin de s’opposer au projet éolien de Saint-Bernardin. « Ça a beau être un projet qui se dit vert, mais encore faut-il qu’il y a un réel besoin, affirme la porte-parole du groupe, Julie Leroux. Qu’est-ce qu’il y a de vert à part la couleur de l’argent dans tout ça ? »

Parmi les raisons qui expliquent l’opposer à ce projet, Mme Leroux énumère entre autres les risques environnementaux et de santé mentale qui y sont associés. « Non seulement on n’a pas besoin de cette énergie-là, mais en plus on sacrifie des bonnes terres agricoles. Certains endroits en Ontario coupent carrément des arbres pour des projets éoliens, sans compter que les règlements sur le bruit ne sont pas adéquats pour protéger la santé humaine. Les distances minimales ne reposent sur aucune étude, c’est vraiment une décision arbitraire. »

Les membres du groupe s’étaient dits « surpris et choqués » d’apprendre qu’un permis avait été octroyé à RES. « Quand on annonce publiquement qu’il y a 758 projets d’annulés et que ce projet-là fait partie de la liste, on ne s’attendait pas à ce qu’il se poursuive. On avait envoyé des demandes au ministre, aucune réponse. Au ministère de l’Environnement, une personne nous a dit que le projet était toujours à l’étude. »

Simard heureuse d’être indépendante

Questionnée sur son influence au sein du gouvernement Ford à titre de députée devenue indépendante lors d’une entrevue diffusée en direct sur Facebook avec ONfr+, la députée Amanda Simard a affirmé qu’elle pouvait dorénavant « dire les vraies choses, sans filtre ».

« C’est clair qu’il y a une cohésion à l’intérieur d’une équipe, mais quand ça va jusqu’à empêcher les gens de poser les vraies questions, il n’y a pas de pouvoir là. On ne peut pas s’exprimer, on ne peut pas poser les vraies questions, on ne peut pas vraiment dénoncer telles coupes parce que le gouvernement les fait. »

À son avis, le dossier du parc éolien représente le « parfait exemple d’un enjeu local, très très important pour les gens de Glengarry-Prescott-Russell. »

« C’est quelque chose sur quoi, en tant qu’indépendante, je veux vraiment mettre l’accent, travailler pour les gens de chez nous, de faire entendre leurs questions. Cette question était très importante. »