La députée Amanda Simard est devenue l’un des symboles de la crise linguistique.

Amanda Simard: les secrets de la crise

TORONTO – Amanda Simard est devenue l’un des symboles de la crise linguistique. Du jour au lendemain, elle a été propulsée à l’avant-scène et ses actions ont fait parler d’elle d’un océan à l’autre. Alors que la poussière retombe tranquillement, elle lève le voile sur certains des jours les plus sombres de sa jeune carrière politique.

Lundi 15 novembre, 13h30. Le ministre des Finances de l’Ontario, Vic Fedeli, se lève en chambre. Il livre son discours et fait état de la santé économique de la province. Il ne fait alors aucune mention de l’abandon du projet de l’Université de l’Ontario français et de l’élimination du Commissariat aux services en français. Mais au même moment, la nouvelle commence à sortir dans les médias. Les Franco-Ontariens sont estomaqués.

Pendant ce temps, Amanda Simard, la seule députée franco-ontarienne du gouvernement Ford, encaisse le choc, assise à peine trois rangées derrière le ministre. Elle venait d’apprendre la nouvelle, seulement quelques minutes plus tôt.

Pourtant, à midi, tous les députés du caucus avaient été conviés à une grande réunion pour leur présenter le plan économique du gouvernement. À aucun moment pendant cette réunion à huis clos, il ne sera question des coupes francophones, révèle Amanda Simard. Des rumeurs circulaient néanmoins sur l’abolition de certains postes d’officiers indépendants de l’Assemblée législative, dont celui de François Boileau [commissaire aux services en français].

«Après la réunion, j’ai été voir le chef de cabinet du premier ministre. Il ne m’a rien dit. En fait, on dirait que personne ne voulait rien me dire. Pourtant, certains membres du caucus semblaient au courant. Un adjoint parlementaire d’un autre ministère le savait! J’ai finalement appris entre les branches que le commissariat et l’université seraient coupés. Les deux! J’étais sans mot», raconte-t-elle, dans une longue entrevue accordée à #ONfr.

Comme le ministre des Finances, Vic Fedeli, est sur le point de prendre la parole en chambre, Amanda Simard s’y dirige rapidement. «J’ai marché de la salle du caucus à la chambre, sous le choc. Je me disais: « Oh, mon dieu! Oh, mon dieu! Qu’est-ce qu’on vient de faire? » Je n’ai pas été capable d’écouter le discours, je savais que c’était une énorme gaffe», raconte-t-elle, bien consciente du poids qui tombait soudainement sur ses épaules à titre de seule députée franco-ontarienne du gouvernement.

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