La député de Glengarry-Prescott-Russell, Amanda Simard, entourée de citoyens de sa circonscription à St-Isidore, dimanche après-midi.

Amanda Simard déchirée, mais bien entourée

La députée de Glengarry-Prescott-Russell, Amanda Simard, a été accueillie chaleureusement par ses concitoyens à St-Isidore, dimanche après-midi, après une semaine remplie de rebondissements dans la francophonie ontarienne.

Environ 300 personnes se sont entassées dans la salle publique de l’aréna de St-Isidore à l’invitation de l’élue pour discuter de l’abolition du Commissariat aux services en français de l’Ontario (ou son intégration au Bureau de l’ombudsman) et du report de l’ouverture de l’Université de l’Ontario français. Mme Simard a brisé les rangs de son parti cette semaine pour signifier son opposition à ses deux décisions.

« J’ai quand même espoir qu’on peut renverser les deux décisions et je tiens le coup pour voir si on peut y arriver. Il y a eu des annonces vendredi, mais ce n’est pas suffisant », a indiqué l’élue de l’Est ontarien qui a eu droit à une ovation au début de son allocution, au même titre que le président de l’Assemblée de la francophonie de l’Ontario (AFO), Carol Jolin, également présent.

À plusieurs reprises durant ce forum public, Amanda Simard a soutenu que ces coupes aux services en français sont des « décisions irréfléchies » de la part de son gouvernement. 

Bien que le premier ministre, Doug Ford, n’ait pas encore accepté d’annuler ces deux mesures, la députée de Glengarry-Prescott-Russell a confiance que le mouvement en place parviendra à conserver les acquis des francophones en Ontario.

M. Jolin a indiqué que vendredi soir, la ministre des Affaires francophones, Caroline Mulroney, a évoqué la possibilité d’une rencontre entre les représentants de l’AFO, M. Ford et elle au cours de la prochaine semaine. Il espère que le message de l’AFO et Mme Simard pourra être entendu par le premier ministre.

Changement de parti ?

Amanda Simard a admis qu’il est de plus en plus difficile pour elle de siéger à titre de progressiste-conservatrice dans ce contexte. Sans l’écarter complètement, elle soutient qu’elle ne souhaite pas changer de formation politique.

« Quelle est la ligne rouge qui t’amènerait à désavouer votre gouvernement complètement ? », a demandé un citoyen présent.

La députée de Glengarry-Prescott-Russell soutient qu’elle se sent à l’aise de rester dans le caucus progressiste-conservateur tant qu’elle pourra continuer de s’exprimer librement sur cet enjeu.

Si l’énoncé économique devait être officiellement adopté au cours du prochain mois, qu’adviendra-t-il d’elle ? « Ça reste à voir », a-t-elle répondu en mêlée de presse.

« Je suis une conservatrice fiscale, alors je suis d’accord avec le plan en général de serrer notre ceinture et de mettre de l’ordre dans les finances de l’Ontario, mais ces deux décisions-là qui touchent la francophonie doivent être renversées, explique Amanda Simard. Mes collègues du caucus me disaient que ça devait être difficile pour moi parce que je suis adjointe parlementaire aux Affaires francophones, mais c’est plus que ça. Mon comté est à 70 % francophone. Je suis Franco-Ontarienne. Notre identité, ça nous touche vraiment, ça nous affecte. »