Le député fédéral de Glengarry-Prescott-Russell, Francis Drouin, félicite l’AFO pour son soutien envers la Société de l’Acadie du Nouveau-Brunswick et le Quebec Community Groups Network.

Alliance Anglos-Francos : Drouin félicite l’AFO, Poirier la fustige

Le député fédéral de Glengarry-Prescott-Russell Francis Drouin a tenu à féliciter l’Assemblée de la francophonie de l’Ontario (AFO) pour s’être entendue officiellement avec la Société de l’Acadie du Nouveau-Brunswick (SANB) et le Quebec Community Groups Network (QCGN).

Sur Facebook, le député Drouin a publié que même si la réalité des communautés concernées par cette entente est différente, « nous ne pouvons pas appuyer les droits linguistiques d’une langue sans le faire pour l’autre ».

« Je crois sincèrement que ceci aide les communautés de langue officielle en situation minoritaire à gagner l’appui du public afin d’améliorer l’offre active de service à travers le Canada. C’est ensemble que nous avançons », a-t-il ajouté.

Jean Poirier profondément déçu

Un avis que ne partage pas l’ex-député provincial de Prescott-Russell, Jean Poirier. 

Dans une lettre envoyée au président de l’AFO Carol Jolin, M. Poirier a affirmé avoir ressenti un « grand étonnement » et une « profonde déception » en apprenant la signature de cette association.

« Avec tout le respect que je, et nous, devons aux Canadiens de langue anglaise, je ne comprends tout simplement pas la logique et la raison d’être de cette alliance. »

Celui qui a présidé, de 2004 à 2005, l’Assemblée des communautés franco-ontariennes (ACFO), prédécesseur de l’AFO, endosse l’inconfort que « d’autres ont déjà bien étoffé » de voir l’AFO et la SANB s’allier à la collectivité anglo-québécoise « contre le gouvernement du Québec ».

« Comme si la situation des deux groupes linguistiques de ce pays, au Québec et hors-Québec, était identique. Rien de plus faux. »

De gauche à droite, Carol Jolin, président de l'AFO, Geoffrey Chambers, président du QCGN, et Robert Melanson, président de la SANB.

L’ancien président de l’AFO a aussi fait mention du privilège de naître anglophone.

« Un anglophone naît, son avenir linguistique et culturel est acquis dès son premier jour de vie ; il naîtra, grandira, s’amusera, travaillera, se mariera, vivra et mourra dans sa langue et sa culture. Absolument rien à faire pour assurer sa vie et survie d’anglophone. »

Or, selon M. Poirier, « le francophone doit lutter toute sa vie pour assurer le maintien de sa langue et sa culture. C’est un combat perpétuel qui l’attend dès sa première journée sur cette terre, aux niveaux personnel et collectif. Un monde de différence entre nos deux groupes linguistiques. »

Sans douter « de la bonne foi de tous autour de cette entente », M. Poirier a invité M. Jolin à l’annuler.

Nuancée, la députée provinciale de Glengarry-Prescott-Russell Amanda Simard affirme que l’Assemblée de la francophonie de l’Ontario (AFO) a eu une «intention honorable» en s’associant avec la Société de l’Acadie du Nouveau-Brunswick (SANB) et le Quebec Community Groups Network (QCGN), mais que cette entente est «imparfaite» et qu’elle ne peut pas l’appuyer.

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SIMARD « RECONNAÎT LES BONNES INTENTIONS DE L'AFO », MAIS N'APPUIE PAS L'ENTENTE

Nuancée, la députée provinciale de Glengarry-Prescott-Russell Amanda Simard affirme que l’Assemblée de la francophonie de l’Ontario (AFO) a eu une «intention honorable» en s’associant avec la Société de l’Acadie du Nouveau-Brunswick (SANB) et le Quebec Community Groups Network (QCGN), mais que cette entente est «imparfaite» et qu’elle ne peut pas l’appuyer. 

«Je partage le sentiment de plusieurs qui critiquent l’entente sur la base de l’asymétrie avec la minorité anglophone», a-t-elle déclaré dans un courriel envoyé au Droit. 

«L’entente ignore cette perspective historique importante, de fait, elle laisse sous-entendre une menace équivalente pour les trois signataires, or, la réalité est tout autre.»

La députée de Glengarry-Prescott-Russell remarque toutefois que «l’argument que les communautés de langue officielle en situation minoritaire du Canada devraient obtenir un traitement similaire a du mérite». 

Mme Simard admet reconnaître les bonnes intentions de l’AFO, mais qu’une alliance plus large aurait été préférable. 

«Malheureusement, pour l’instant, cette entente n’inclut pas plusieurs organismes clés francophones, dont la Fédération des communautés francophones et acadienne du Canada (FCFA).»

Celle-ci encourage toutefois les divers protagonistes à alimenter la discussion  pour raviver le vent de fraternité né de la crise linguistique».

Mme Simard s’est notamment fait connaître en dénonçant les mesures du gouvernement Ford envers les Franco-Ontariens et en claquant la porte du parti pour devenir une députée indépendante.