« Air Canada est le seul transporteur aérien assujetti à la Loi. Ce n'est pas égal. Et nous tentons de trouver un équilibre entre le respect des langues officielles et les répercussions possibles au niveau des transporteurs aériens.», a indiqué Sarah Wiebe, sous-ministre adjointe par intérim à Transports Canada.

Air Canada : un an plus tard, pas encore de solutions

Un an après le dépôt d'un rapport spécial de l'ex-commissaire aux langues officielles sur Air Canada, le gouvernement libéral n'a toujours pas de solutions pour régler les problèmes qu'il soulevait.
Mardi, des représentants du ministère des Transports ont admis attendre de connaître les idées qui seront avancées par le comité des langues officielles avant de se prononcer sur « cette question complexe » touchant les obligations linguistiques d'Air Canada et des transporteurs aériens.
« Air Canada est le seul transporteur aérien assujetti à la Loi. Ce n'est pas égal. Et nous tentons de trouver un équilibre entre le respect des langues officielles et les répercussions possibles au niveau des transporteurs aériens. C'est une question complexe que nous étudions au ministère, et nous voulons connaître vos recommandations. Éventuellement, il s'agira d'une décision politique », a indiqué  Sarah Wiebe, sous-ministre adjointe par intérim à Transports Canada. 
Dans son rapport spécial sur Air Canada, l'ex-commissaire Graham Fraser avait avancé plusieurs recommandations, dont l'une qui pourrait étendre la portée des obligations linguistiques imposées à Air Canada aux autres transporteurs aériens importants du pays.
« Le rapport spécial de M. Fraser a été déposé en 2016, et nous voilà en juin 2017, un an plus tard, et vous attendez que le comité des langues officielles pour étudier les recommandations. Je suis sûr que si M. Fraser nous écoute, il ne doit pas être content », a souligné le critique néo-démocrate des langues officielles, François Choquette. 
Une « anomalie politique »
Pendant l'échange avec les députés, la sous-ministre de Transports Canada a  qualifié d'« anomalie politique » cette obligation qui avait été imposée au transporteur Air Canada lors de sa privatisation en 1986, obligation qui crée un problème de concurrence avec les autres transporteurs qui ne sont pas assujettis à la Loi.
Plusieurs députés, incluant des libéraux, ont exprimé leurs inquiétudes devant ce qu'ils ont entendu, inquiets que les obligations linguistiques imposées à Air Canada puissent être remises en question, pour des questions de « concurrence » avec les autres transporteurs. 
Motion sur Madeleine Meilleur
Par ailleurs, le député néo-démocrate François Choquette a vu sa motion touchant la nomination de Madeleine Meilleur, choix du gouvernement Trudeau, reporté à la prochaine réunion du comité, jeudi.
La nouvelle voulant que Madeleine Meilleur ait été membre du Parti libéral jusqu'au 7 avril 2017 a ajouté à la controverse. Les députés libéraux ont tous voté en faveur d'ajourner le débat sur la motion du député Choquette, qui doit être repris jeudi. 
Depuis la semaine dernière, néo-démocrates et conservateurs ont uni leurs voix pour dénoncer cette nomination qu'ils jugent « partisane ». Plusieurs plaintes ont déjà été déposées auprès du Commissariat aux langues officielles contre cette nomination.