Marilissa Gosselin

Affaires francophones: Marilissa Gosselin conseillera Doug Ford

L’ancienne candidate conservatrice aux élections ontariennes de 2011 dans Glengarry-Prescott-Russell, Marilissa Gosselin, a été nommée conseillère principale en politiques responsable des Affaires francophones au sein du bureau du premier ministre Doug Ford.

La nomination d’un guide sur les questions francophones au cabinet du premier ministre faisait partie de mesures annoncées par le gouvernement ontarien le 23 novembre dernier à la suite du tollé de protestation causé par sa décision la semaine précédente d’abolir le Commissariat aux services en français et d’abandonner le projet de l’Université de l’Ontario français.

Mme Gosselin est une comptable en management accréditée. Elle fut aussi présidente de l’Association progressiste-conservatrice de la circonscription de Glengarry-Prescott-Russell. Mme Gosselin a en outre travaillé auprès de l’ancien président du Conseil du Trésor sous Stephen Harper, Vic Toews, en tant que conseillère en politiques.

Mère de famille, Mme Gosselin est décrite dans une biographie envoyée par le bureau du premier ministre Ford comme étant « une défenseure des dossiers franco-ontariens ». 

Mme Gosselin est entrée en fonction plus tôt au mois de décembre, mais l’information n’a été confirmée que vendredi.

L’AFO satisfaite

L’Assemblée de la francophonie de l’Ontario (AFO) a applaudi la nomination d’une conseillère principale au bureau de M. Ford, et le choix de Marilissa Gosselin.

« Je pense que c’est un choix éclairé que le gouvernement a fait en nommant Mme Gosselin. C’est une Franco-Ontarienne convaincue. C’est une Franco-Ontarienne qui comprend la politique aussi. Ça, c’est évidemment très important. En ce sens, à l’Assemblée, nous avons bien hâte de travailler avec elle », a réagi le président de l’AFO, Carol Jolin.

M. Jolin a indiqué que « cette lentille francophone » dans le bureau de M. Ford sera considérée, espère-t-il, lorsque des décisions seront prises dans son bureau. 

« Ça va nous faire un lien aussi pour qu’on puisse communiquer avec M. Ford parce que jusqu’ici c’était à peu près impossible de communiquer avec son entourage immédiat. C’est quelque chose qu’on déplorait. On voulait être capable d’avoir accès au premier ministre pour passer des informations, exprimer des positions et apporter des dossiers qu’on voulait faire avancer pour la francophonie », a expliqué M. Jolin, qui a aussi précisé que cette nouvelle ligne de communication devrait améliorer les correspondances avec le ministère des Affaires francophones.

Automne mouvementé

Le gouvernement Ford avait annoncé lors de son énoncé économique de l’automne 2018 que les finances de la province ne permettaient pas de maintenir certains programmes ou d’aller de l’avant avec des promesses faites par l’ancien gouvernement libéral de Kathleen Wynne. C’est ainsi que le projet d’université francophone à Toronto et le Commissariat aux services en français sont passé dans le tordeur.

Les Franco-Ontariens n’ont pas tardé à réagir et à exprimer leur colère. Afin d’apaiser la tension, le premier ministre Ford avait annoncé le rétablissement du ministère des Affaires francophones, la nomination d’une personne dans son cabinet pour le conseiller sur les dossiers franco-ontariens ainsi que des modifications législatives pour créer un poste de commissaire aux services en français dans le bureau de l’ombudsman.

La communauté n’a cependant pas décoléré, et des milliers de personnes ont participé le 1er décembre à des rassemblements de solidarité à travers la province pour manifester leur mécontentement face aux décisions du gouvernement, décisions qui ont d’ailleurs poussé la députée progressiste-conservatrice de Glengarry-Prescott-Russell, Amanda Simard, à quitter les rangs et à siéger comme indépendante à Queen’s Park.

L’AFO entend revenir auprès du gouvernement Ford pour sauvegarder le projet de l’Université de l’Ontario français ainsi que l’indépendance du commissaire aux services en français, notamment.