Jean-Paul Perreault

Accueilli par un douanier anglophone

Accueilli par un douanier unilingue anglophone qui insistait pour qu'il parle en anglais à l'aéroport d'Ottawa, Jean-Paul Perreault vient de déposer une autre plainte officielle auprès du Commissariat aux langues officielles.
De retour de New York par le vol 8665 d'Air Canada, lundi soir, le président d'Impératif français raconte qu'il a d'abord dit « bonjour » à l'employé de l'Agence des services frontaliers qui l'a accueilli à l'aéroport d'Ottawa. L'agent a promptement répondu « I don't speak french », lui demandant de lui parler en anglais.
« Voyant que j'insistais pour que la conversation se poursuive en français, il a insisté pour que je lui parle en anglais, me disant même : "I know you are arriving from New York" », a raconté M. Perreault.
L'agent a poursuivi en anglais en lui demandant quelles marchandises achetées aux États-Unis étaient déclarées sur son formulaire. « Je lui ai répondu deux oreillers. Ce à quoi il a répliqué : "What's that?" »
Après quelques échanges, le voyageur a suggéré à l'agent de demander l'assistance de son collègue au kiosque voisin. Sans succès. « He doesn't speak french », aurait indiqué l'agent, toujours selon M. Perreault, qui a finalement sorti son téléphone intelligent pour lui montrer que le mot oreiller se traduisait par pillow.
Pas la première plainte
Ce n'est pas la première fois qu'une plainte est déposée auprès du Commissariat aux langues officielles, en raison de l'absence de services en français à l'aéroport d'Ottawa. Ce dernier incident en était un autre de trop, aux yeux de M. Perreault, qui se bat depuis des années à titre de président d'Impératif français pour faire respecter le droit des francophones d'être servis en français par les institutions fédérales.
« Je me suis senti vraiment humilié, bousculé et très inconfortable, car l'agent voulait m'imposer l'anglais », a mentionné M. Perreault, qui se demande pourquoi il y a encore des agents douaniers unilingues anglophones à l'aéroport international d'Ottawa. 
« Ce n'est pas que je ne parle pas anglais, mais c'est une question de respect, de droit. Je suis profondément convaincu qu'il n'appartient pas aux citoyens de fournir au gouvernement fédéral, ici à l'un de ses employés, le service que lui-même est tenu d'offrir en tout temps. Si le Canada est un pays francophone, cela doit avoir un sens, être vu, et entendu par les touristes, visiteurs, réfugiés, immigrants et citoyens canadiens à leur arrivée ou à leur retour au Canada », souligne M. Perreault.
Jeudi, il a reçu un accusé de réception du Commissariat aux langues officielles à la suite du dépôt de sa plainte, mais il pourrait s'écouler plusieurs mois avant d'avoir des explications.
Au moment d'écrire ces lignes, l'Agence des services frontaliers du Canada n'avait pas encore réagi à cet incident linguistique.