Francophonie

Université de l'Ontario français: la ministre Mulroney se défend

La ministre déléguée aux Affaires francophones de l’Ontario, Caroline Mulroney, soutient que l’annulation du projet d’Université de l’Ontario français (UOF) représentait une «décision difficile, mais nécessaire» en raison de l’état des finances publiques de la province.

«Notre gouvernement a été élu avec un mandat de bien gérer les finances de notre province. On veut remettre l’Ontario sur la voie de la prospérité. Quand on a vu l’ampleur du déficit qui a été laissé par le gouvernement libéral, on a eu des décisions difficiles à prendre», a indiqué Mme Mulroney en entrevue avec Le Droit.

Caroline Mulroney soutient que le déficit de 15 milliards $ est venu changer les plans de son gouvernement. Or, en entrevue avec le chroniqueur du Droit Patrick Duquette, en septembre dernier, elle réitérait son soutien pour l’UOF et démontrait clairement être déjà bien au courant de l’ampleur du déficit.

«On vient de voir qu’il y a un déficit de 15 milliards de dollars. Mais on a annoncé très tôt dans notre mandat que l’Université de l’Ontario français demeure une priorité pour nous. Mais on a besoin d’étudier les décisions qui ont été prises. Mais on veut certainement avancer ce projet très important pour la communauté franco-ontarienne», avait-elle répondu lorsqu’on lui demandait si l’UOF verrait le jour en 2020 comme prévu.

Concernant le Commissariat aux services en français, la ministre déléguée aux Affaires francophones n’a pas spécifié quelles économies étaient réalisées par cette mesure. Elle insiste toutefois que les plaintes continueront d’être étudiées de façon indépendante du gouvernement au pouvoir, par l’ombudsman de la province.

Comme il s’agit d’une entité indépendante, Mme Mulroney n’a pu préciser si des rapports annuels sur l’état des services en français en Ontario continueront d’être rédigés à la même fréquence que le faisait le Commissaire aux services en français.

«L’ombudsman va décider à la suite d’analyses et d’études des plaintes. [...] C’est à lui de décider», soutient Caroline Mulroney.

Politique

Franco-Ontariens: des réserves de la part du gouvernement Legault

Des membres du gouvernement Legault sont choqués devant les décisions du gouvernement Ford frappant la communauté franco-ontarienne.

Officiellement, toutefois, on s’en tient à un langage feutré. Beaucoup plus feutré que du côté du gouvernement Trudeau, à Ottawa.

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Le premier ministre Legault s’est engagé à aborder ce sujet devant son homologue ontarien, lundi, alors qu’il se rendra à Toronto. Il s’y rend dans l’espoir de vendre un jour d’importants blocs d’énergie hydroélectrique québécoise aux Ontariens. Il veut faire des affaires avec Doug Ford, avec la province voisine.

À l’issue d’une réunion à St. John’s, à Terre-Neuve, la ministre québécoise Sonia LeBel, titulaire de la Justice et responsable des Relations canadiennes et de la Francophonie canadienne au sein du gouvernement Legault, a fait savoir, vendredi, qu’elle a eu l’occasion de faire part à son homologue ontarienne, Caroline Mulroney, de ses «inquiétudes à propos de la fin du projet d’université francophone à Toronto et du transfert de la responsabilité du Commissariat aux services en français au Bureau de l’ombudsman».

Caroline Mulroney «m’a fait part de son engagement envers la communauté franco-ontarienne et des défis budgétaires auxquels le gouvernement de l’Ontario fait face», indique également Mme LeBel dans cette note écrite où elle affirme par ailleurs s’engager à «continuer à promouvoir et à défendre les intérêts des francophones partout au Canada».

Sonia LeBel et Caroline Mulroney participaient à une réunion fédérale-provinciale-territoriale des ministres responsables de la justice et de la sécurité publique.

Indignation généralisée

Vendredi, plusieurs députés québécois se sont tournés vers les réseaux sociaux pour exprimer leur indignation. Certains avec des mots plus durs que d’autres

Le chef intérimaire du Parti libéral du Québec, Pierre Arcand, a déclaré sur Twitter que c’était une triste nouvelle pour la francophonie canadienne. Il a pressé François Legault de mettre le sujet à l’ordre du jour de sa rencontre avec Doug Ford, lundi.

Par la voix de sa députée Véronique Hivon, le Parti québécois a exhorté M. Legault et Mme LeBel à en faire bien plus. «Face à cette gifle et ce mépris à l’égard des francophones de l’Ontario, est-ce que M. Legault et vous, Mme LeBel, allez vous battre à leurs côtés, comme notre gouvernement l’avait fait pour l’hôpital Montfort, et le signifier à M. Ford lors de la rencontre de lundi?»

De son côté, le député de Québec solidaire Sol Zanetti a réagi en disant qu’attaquer la francophonie ne relevait pas de l’histoire ancienne au Canada. Il a poursuivi en affirmant que le Québec devait fonder un pays pour protéger le fait français en Amérique du Nord. «Solidarité avec nos frères et nos soeurs Franco-ontariens», a-t-il conclu.

Jeudi, le gouvernement progressiste-conservateur de l’Ontario a sabordé l’Université de l’Ontario français par une simple phrase à la page 20 de sa mise à jour économique. Recommandée par le Commissariat aux services en français, elle devait accueillir ses premiers étudiants dès 2020.

Au gouvernement fédéral, la ministre responsable du dossier des langues officielles, Mélanie Joly, a jugé «inacceptables» les décisions annoncées jeudi par le gouvernement de l’Ontario. Son collègue Pablo Rodriguez a dit la même chose. Le gouvernement Trudeau et celui de Doug Ford ont plusieurs différends et contentieux. Avec La Presse canadienne

Francophonie

Francophonie en Ontario: pluie de réactions sur les médias sociaux

L'annonce par le gouvernement Ford d'abandonner le projet de l'Université de l'Ontario français et de dissoudre le Commissariat aux services en français a entraîné un déluge de réactions sur les médias sociaux.

Le Droit a recensé quelques commentaires pour vous (ci-bas).

De la ministre Mélanie Joly en passant par le président directeur général de l'Hôpital Montfort Bernard Leduc, le chef par intérim des libéraux ontariens et député d'Ottawa-Sud John Fraser, les élus des conseils scolaires ou encore des députés québécois, les réactions ont fusé tout au long de la journée sur Twitter, entre autres. 

Francophonie

Choc pour les organismes franco-ontariens

Plusieurs regroupements francophones en Ontario sont outrés par les décisions du gouvernement Ford d’abolir le Commissariat aux services en français et d’éliminer le projet de l’Université de l’Ontario français (UOF), et ils entendent réagir.

L’Association des communautés francophones d’Ottawa (ACFO) s’est dite abasourdie, et «déplore la perte de deux institutions essentielles à l’épanouissement de la communauté francophone de l’Ontario».

Francophonie

Jour noir pour les Franco-Ontariens

C’est l’onde de choc au sein de la communauté franco-ontarienne. Sans crier gare, le gouvernement Ford a mis la hache dans deux icônes francophones en mettant au rancart le projet de création de l’Université de l’Ontario français et en abolissant le Commissariat aux services en français.

Ces deux décisions, qui n’ont pas tardé à provoquer une levée de boucliers, sont parmi les éléments qui ressortent de l’énoncé économique du gouvernement progressiste-conservateur, présenté à Queen’s Park jeudi après-midi. On y a alors annoncé que le déficit de la province avait été réduit de 500 millions $, un redressement qui ne sera visiblement pas sans conséquence pour les Franco-Ontariens.  

Par une simple phrase au bas de la page 20 du document intitulé « Un plan pour la population — Perspective économique et revue financière de l’Ontario », le gouvernement Ford a sabordé l’Université de l’Ontario français.

« La province a annoncé, le 23 octobre 2018, qu’elle ne financerait pas l’agrandissement de trois campus universitaires dans la région du grand Toronto (RGT). De plus, un examen plus détaillé de la situation financière de la province a amené le gouvernement à annuler les plans de création d’une nouvelle université de langue française », peut-on y lire, sans davantage d’explications. 

Le projet, recommandé par le Commissariat aux services en français, a fait l’objet d’une loi adoptée il y a 11 mois. L’institution, qui devait avoir pignon sur rue à Toronto, aurait accueilli sa première cohorte d’étudiants en 2020.

Le Commissariat aux services en français, créé en 2007, disparaîtra quant à lui de la carte au printemps prochain et se retrouvera désormais sous la direction de l’ombudsman de l’Ontario, Paul Dubé. C’est ce dernier qui gérera les plaintes liées au fait français.  

Le commissaire François Boileau n’a au départ pas réagi officiellement à la dissolution de l’institution indépendante, son bureau affirmant qu’il allait prendre le temps d’analyser les informations. Il a par la suite indiqué au Droit qu’il avait appris la nouvelle à peine 30 minutes avant l’annonce à l’Assemblée législative. 

Profondément affecté par la décision, ce dernier affirme qu’il compte en premier lieu s’assurer que les 13 employés du Commissariat puissent être transférés au Bureau de l’Ombudsman afin que le travail puisse être poursuivi. Au sujet de l’annulation du projet d’université francophone, M. Boileau qualifie le tout de « décision à courte vue », précisant que la province se privera d’un outil pour former les jeunes qui à terme aurait permis de créer de la richesse.

« Une attaque complète »

Pour la députée d’Orléans et ex-ministre libérale des Affaires francophones, Marie-France Lalonde, ces décisions sont déplorables et représentent un « retour en arrière ». À son avis, M. Ford vient de démontrer clairement qu’il n’a aucune considération envers la communauté francophone de la province, qui compte plus de 620 000 personnes. 

« Je suis fâchée, c’est une attaque complète à la francophonie ontarienne. On ne s’y en attendait pas du tout, c’est insultant. Ça n’a jamais été dans les voiles, autant lors de la campagne électorale que lors des débats publics. Et les deux ministres (Caroline Mulroney et Merrilee Fullerton) s’étaient prononcées en faveur dans le cas de l’université », lance l’élue.

Sa collègue députée d’Ottawa-Vanier, Nathalie Des Rosiers, ne décolère pas non plus et parle d’un « jour un peu trop bleu pour l’Ontario », faisant allusion à la couleur associée au Parti progressiste-conservateur. 

« L’élimination du poste de commissaire et d’autres postes de critiques [les commissaires à l’environnement et à l’enfance], c’est inquiétant. On les supprime, ensuite on va continuer à faire des coupures. M. Ford veut éliminer les processus de redditions de compte. C’est une grave erreur que vient de commettre ce gouvernement et les Franco-Ontariens ne se laisseront pas faire. Franchement, ce n’est pas une question d’économiser, le commissariat ne coûtait presque rien », s’exclame l’ex-ministre. 

Elle renchérit en disant que le transfert des plaintes vers l’ombudsman ne sera pas bénéfique pour les francophones, car le bureau de celui-ci se retrouvera avec beaucoup de dossiers et sera par conséquent forcé d’établir ses priorités. 

« C’est ça le problème quand on enfouit le fait francophone dans un grand amalgame », déplore Mme Des Rosiers. 

Goût amer pour l’AFO

Du côté de l’Assemblée de la francophonie de l’Ontario (AFO), c’est la stupéfaction et on exige une rencontre d’urgence avec le premier ministre Doug Ford pour demander que ces décisions, qualifiées « d’efforts démesurés qui nuiront à la survie et à l’épanouissement des Franco-Ontariens », soient renversées.

« Alors que ce sera bientôt le Black Friday dans les magasins, on peut dire que pour nous, c’est un jour noir. Nous sommes en état de choc. On va continuer à se battre en faisant appel à nos partenaires de partout au pays. Ça n’en restera pas là. On va prouver au gouvernement qu’il manque le bateau. [...] On l’a appris presque en même temps que les médias, ça ajoute à l’insulte », affirme le président Carol Jolin.

Il ajoute qu’il y a lieu de se poser des questions face à l’absence en Chambre de la ministre déléguée des Affaires francophones Caroline Mulroney lors de l’énoncé économique. 

« C’est sûr qu’elle aurait été attaquée de toutes parts et aurait dû justifier les positions de son gouvernement », soutient-il.

M. Jolin se dit par ailleurs content de constater que le premier ministre du Québec, François Legault, a indiqué jeudi qu’il compte aborder la question de la francophonie avec son homologue ontarien lors d’une réunion prévue lundi.

Avec La Presse canadienne

Francophonie

Utiliser l’ironie comme outil de promotion du français

Dans la foulée des propos tenus par Denise Bombardier sur la disparition des communautés francophones au pays et de l’éclosion du mouvement #ReveilTLMEP, les acteurs du milieu en Ontario s’unissent afin de conscientiser la population à l’importance de la francophonie.

Le rapport « 10 façons de ne pas intéresser les gens à la politique de la francophonie de l’Ontario » a été dévoilé par le Conseil de la coopération de l’Ontario (CCO) et le Centre régional de recherche et d’intervention en développement économique et communautaire (CRRIDEC). Le rapport a été rédigé à la suite d’un atelier tenu au congrès annuel de l’Assemblée de la francophonie de l’Ontario (AFO). Des représentants d’une trentaine d’organismes ont pris part à l’exercice.

Francophonie

TLMEP: une pétition pour représenter les francophones hors Québec

Un Franco-Ontarien milite pour que le poids des francophones hors Québec soit représenté dans l’émission de télévision Tout le monde en parle (TLMEP). En moins de 24 heures, la pétition mise en ligne par William Burton a recueilli plus de 340 signatures.

L’Ottavien a créé le mouvement #RéveilTLMEP afin de donner une voix aux francophones, mais aussi pour promouvoir la culture francophone à l’extérieur de la Belle Province.

«La pétition c’est symbolique, mais c’est aussi une manière pour que les francophones puissent réagir et s’impliquer. Le mardi, c’est la journée où TLMEP sélectionne les invités pour la semaine à venir. Ce sera le moment de voir si au moins un francophone hors Québec sera invité. Il faut qu’on fasse du bruit pour se faire entendre», explique M. Burton qui suivra les développements de près.

Le passage de Denise Bombardier à l’émission du dimanche soir, le 21 octobre dernier, a suscité de vives réactions au sein de la communauté francophone en milieu minoritaire. 

«À travers le Canada, toutes les communautés francophones ont à peu près disparu», avait déclaré Mme Bombardier.

À la suite de cette déclaration, M. Burton a publié une vidéo sur Facebook pour répondre aux propos de Mme Bombardier. Sa publication a été partagée, entre autres, par Dany Turcotte le «fou du roi» de l’émission TLMEP.

M. Turcotte a d’ailleurs rectifié le tir en ouverture d’émission, le 4 novembre. 

«Il y a 2,7 millions de fiers francophones hors du Québec, alors gardez vos bonnes habitudes, regardez Tout le monde en parle, et parlez français bien sûr», a lancé le fou du roi. 

Le jeune franco-ontarien de 20 ans a accueilli avec fierté les propos tenus par M. Turcotte dimanche soir. Il espère que les bottines suivent les babines.

«C’était une bonne chose de le dire. Il fallait reconnaître les francophones hors Québec parce que ça n’avait pas été fait dans l’émission d’avant, croit-il. Maintenant, il faut voir si ce mot d’ouverture est sincère et va amener quelque chose.»

Francophonie

L’humour franco-ontarien sous la loupe universitaire

Le groupe Improtéine qui parle de standardiser l’accent franco-ontarien dans l’un de ses clips : est-ce le genre d’humour qui peut servir à transmettre aux jeunes le plaisir de parler français ? Ou encore, écrire des blagues et participer à un concours sur scène, est-ce que ça fait vraiment vivre la langue française ? C’est ce genre de questions sur lesquelles se penchera l’universitaire Christelle Paré pour les trois prochaines années.

Professeure à l’École nationale de l’humour à Montréal, Christelle Paré a plongé cet été dans la piscine de l’humour franco-ontarien, en étant membre du jury pour le concours « LOL–Mort de rire ! », destiné aux 14-18 ans et initié en 2014 par deux enseignantes de Glengarry, dans l’Est ontarien. C’est l’Association canadienne-française de l’Ontario (ACFO) de Stormont, Dundas et Glengarry qui l’avait approchée pour qu’elle fasse partie du jury, afin de s’imprégner de l’humour des jeunes, histoire de mieux démarrer sa recherche sur l’humour comme vecteur de transmission du français en Ontario. 

La postdoctorante, qui est accueillie par l’Université Saint-Paul à Ottawa, en connaît un bout sur l’humour. Chercheuse postdoctorale au Centre Comedy Studies Research à l’Université Brunel de Londres, Christelle Paré observe que les recherches sur l’humour se font surtout du côté anglophone. C’est le cas en Californie avec l’International Society for Humor Studies, auquel est associé l’Observatoire de l’humour, centre de recherches multidisciplinaires, fondé en 2011, par l’École nationale de l’humour.

Trois ans de recherche

La démarche scientifique permettra de recueillir pendant trois ans les commentaires à la fois des participants, de leurs parents et de leurs enseignants, avant et après le concours. « Est-ce que les jeunes ont un sentiment d’appartenance plus fort avec LOL ? C’est ce que je veux démontrer », explique la chercheuse qui est aussi chroniqueuse au Journal de Montréal. Prouver de façon rigoureuse que l’humour peut servir aussi d’outil pédagogique et favoriser l’apprentissage du français. D’ailleurs, après cinq ans d’existence, le concours propose dorénavant un volet formation.

Membre d’Improtéine, Vincent Poirier est l’un des formateurs. Avec ses 15 ans d’expérience au sein du groupe d’humoristes, sa vision émane du terrain. S’il est certain d’une chose, c’est que l’humour franco-ontarien a explosé depuis les débuts du groupe.

Quant à savoir si l’humour en français est accrocheur auprès des jeunes, l’adepte de l’improvisation souligne qu’en ce qui a trait à Improtéine, si celui-ci a du succès dans les écoles en Ontario, c’est parce que « nous ne donnons pas de leçon aux jeunes sur la façon dont ils parlent français. Mais en donnant des spectacles en français, c’est sûr que c’est la promotion de la culture qu’on fait ».

Afin d’assurer que « l’humour en français reste cool », pour reprendre les mots de Christelle Paré, Vincent Poirier espère seulement que le gouvernement Ford maintienne le budget pour les spectacles culturels dans les écoles de la province. Mais ça, « ça reste à voir », dit-il.

Francophonie

50 ans à promouvoir le bilinguisme pour l'Université d'Ottawa

L’Université d’Ottawa (Ud’O) s’est positionnée comme une référence nationale et internationale au cours des 50 dernières années avec la création de l’Institut des langues officielles et du bilinguisme (ILOB).

Les membres de l’ILOB encouragent la promotion du bilinguisme et des langues officielles tout en offrant un lieu d’apprentissage. Bon an mal an, près de 8000 personnes bénéficient des services qui y sont offerts.

Est ontarien

Un 16e monument de la francophonie en Ontario

Le village d’Embrun est dorénavant la 16e communauté de l’Ontario à arborer un monument de la francophonie sur son territoire. La cérémonie d’inauguration a fait place à une panoplie de fiers Franco-Ontariens, mardi matin.

L’artiste-concepteur et dessinateur du monument, Gilles Davidson, s’est dit très satisfait de l’architecture de l’œuvre. Il a parlé entre autres du chiffre 3, symbole omniprésent au sein de l’architecture : le flambeau, ses trois flammes et ses trois côtés, le lys et le trille, qui eux comprennent également trois parties. Sans compter le devant de l’édifice qui intercale lui aussi trois parties, de même que sur le côté nord de l’œuvre. « L’ensemble du monument pourrait être placé dans un immense triangle, composé de plusieurs petits triangles. Le triangle est symbole de force et de stabilité », a affirmé M. Davidson. 

Par ailleurs, l’intention derrière la forme en « V »  du monument est de ressembler « aux bras ouverts et à l’accueil de la communauté francophone de la région d’Embrun ». La base de la structure est emblématique : composée entièrement de granite gris, elle soutient les tableaux de granite noir sur lesquels sont inscrites les grandes lignes de l’histoire des francophones d’Embrun. Le centre de l’œuvre offre une grande place à la communauté artistique de la région et à sa jeunesse. 

D’ailleurs, les écoles de partout en région étaient présentes lors de l’inauguration. Bien que la plupart des élèves étaient à la cérémonie en tant que spectateurs, certains d’entre eux se sont prêtés au jeu en mettant en scène l’histoire de la francophonie embrunoise. 

Les membres de la communauté ont pris part à une capsule de temps, enterrée à même le site, et qui ne sera ouverte qu’en 2043. 

Pour la députée provinciale de Glengarry-Prescott-Russell, Amanda Simard, cette cérémonie était d’une grande importance. « C’est vraiment spécial pour moi, parce qu’ici c’est chez nous. Je suis née et j’ai grandi ici. Je vis encore ici. On prend notre place. C’est un beau legs. »

Le monument de la francophonie d’Embrun est à M. Davidson ce qu’une fleur est à son jardinier. « Le monument récolte et le monument sème. Il sème la fierté de faire partie d’une communauté qui est exceptionnelle, une communauté chaleureuse et ouverte, engagée. Il sème la fierté de faire partie d’une plus grande famille, qu’on appelle la famille franco-ontarienne. Le monument récolte une histoire qui n’est pas encore terminée, qui ne fait que débuter. »

Campagnes de financement

Il faut dire que les Embrunois ont de bonnes raisons de célébrer. La campagne de financement en vue de la construction avait connu un très grand succès. 

En avril 2018, l’objectif de 300 000 $ avait déjà été surpassé, faisant exploser le thermomètre situé à côté de la caisse populaire Nouvel Horizon d’Embrun, site du monument. Au final, le comité a annoncé mardi qu’il avait atteint les 400 000 $, soit le double de ce qui était souhaité.