Francophonie

Lancement d’une consultation en ligne sur les langues officielles

Alors que le 50e anniversaire de la Loi sur les langues officielles du Canada approche à grands pas, le Commissariat aux langues officielles invite les Canadiens à donner leur opinion sur des aspects très concrets de la Loi par l’entremise de consultations publiques en ligne.

Le nouveau commissaire Raymond Théberge rappelle que la société canadienne a été marquée par de nombreux changements depuis l’adoption de la première Loi sur les langues officielles en 1969. La dernière révision majeure a eu lieu il y a 30 ans, en 1988.

Actualités

Le français est-il en déclin au Québec?

L’affirmation: «D’abord, le premier mythe : le français est en déclin au Québec. Il y a 94,5 % des Québécois qui sont capables d’avoir une conversation en français. C’est le chiffre le plus élevé jamais vu», a déclaré l’analyste politique de Radio-Canada Michel C. Auger lors de son passage à «Tout le monde en parle», dimanche dernier. Le spin doctor souverainiste Steve E. Fortin lui a répliqué dès le lendemain sur le site du Journal de Montréal, le taxant de «jovialisme linguistique» qui «nuit à la […] pérennité du français au Québec». Alors, est-ce que le français décline dans la Belle Province, oui ou non?

Les faits

Un coup d’œil aux chiffres de Statistique Canada permet de confirmer que le chiffre de 94,5 % est exact, et qu’il est vrai de dire qu’il s’agit d’un sommet historique. M. Fortin lui oppose toutefois que la simple «connaissance du français» n’est pas un indicateur très parlant, ce qui est aussi vrai : l’essentiel pour la survivance de la langue n’est pas de savoir se débrouiller tant bien que mal (les critères de «StatCan» ne sont pas très sévères) dans la langue de Molière, c’est de l’adopter et de la transmettre à ses enfants. Bref, c’est la langue d’usage à la maison qui est l’indicateur le plus significatif, ici.

À cet égard, M. Fortin ne fournit pas ou peu de données à proprement parler — juste une prédiction faite par un seul démographe il y a 10 ans. Alors les voici : en 1996, 82 % des gens au Québec déclaraient le français comme langue la plus souvent parlée à la maison (à l’exclusion des réponses multiples) ; en 2016, cette proportion était de 79 %. On est loin d’un recul précipité, mais cela demeure une baisse.

Or ce n’est pas l’anglais qui est responsable de ce recul, et il faut le souligner parce que c’est lui qui est considéré comme LA grande «menace» pour le français au Québec — ce qui est normal et évident dans le contexte nord-américain. Au cours des 20 dernières années, la langue de Shakespeare est restée à peu près stable, voire a légèrement baissé comme langue parlée à la maison, passant de 10,1 % en 1996 à 9,8 % en 2016.

Ce sont plutôt les «langues tierces» qui ont progressé : l’accueil d’un grand nombre d’immigrants depuis 20 ans a fait grossir ce groupe plus rapidement que les autres. D’où la «baisse» du français, qui est moins un recul qu’une (légère) dilution statistique.

Francophonie

Une réalité qui fait sourciller

Les patients francophones sont désormais en minorité à l’Hôpital Montfort. En 2016-2017, à peine 39 % des gens hospitalisés ont demandé à être servis dans la langue de Molière. Une proportion qui a baissé au fil du temps.

Au chapitre des visites externes, 44 % de la clientèle a choisi le français lors de son passage à l’établissement à vocation francophone sis sur le chemin Montréal.

Francophonie

Trois francophones d’exception salués

L’administratrice Margaret Aerola de Scarborough, le jeune Franco-Ontarien William Burton d’Ottawa et la regrettée Paulette Gagnon, native de Hearst, sont les trois lauréats de cette année des Prix de la francophonie de l’Ontario remis, jeudi soir, par la ministre des Affaires francophones, Marie-France Lalonde.

Les Prix de la Francophonie saluent chaque année des francophones et des francophiles qui ont fait avancer la communauté francophone de l’Ontario. Leur contribution peut être d’ordre social, politique, économique ou culturel.

Francophonie

Boileau envoie un message de «main tendue»

Le commissaire aux services en français, François Boileau, souhaiterait une meilleure collaboration avec la Ville d’Ottawa.

« Je cherche à communiquer un message de main tendue, explique Me Boileau. Je voudrais rencontrer les membres du Comité consultatif sur les services en français et qu’il y ait une nouvelle énergie positive. »

Francophonie

Université de l’Ontario français: création du Conseil des gouverneurs

Le projet de l’Université de l’Ontario français franchit une étape de plus. Les membres du Conseil des gouverneurs ont été dévoilés lundi matin.

La présidente du conseil de planification, Dyane Adam, sera épaulée par 11 personnalités francophones issues de différents milieux.

« C’est une gouvernance par et pour les francophones. L’Université répond de façon très spécifique à plusieurs rapports et conversations qui ont eu lieu au cours des années », souligne Marie-France Lalonde, ministre des Affaires francophones.

Les 12 gouverneurs ont comme mandat de mettre sur pied le futur établissement d’enseignement.

« Le flambeau est maintenant passé. Les décisions vont appartenir à ces représentants de la communauté, soutient Dyane Adam. Le ballon est lancé et il faut tout arrimer pour accueillir la première cohorte. »

Afin d’être en mesure d’accueillir les premiers étudiants en 2020, les gouverneurs devront entre autres définir les cours qui seront offerts. La date de tombée a été établie au printemps 2019 afin d’obtenir les approbations nécessaires et ensuite lancer la campagne de promotion et de recrutement.

Les programmes devront répondre aux besoins de la main-d’œuvre.

Campus temporaire

Le conseil de gouverneurs doit trouver des locaux temporaires pour l’établissement d’enseignement. À deux ans du début des cours, Mme Adam admet qu’il serait ardu de trouver un campus permanent.

« Nous sommes encore en train de définir nos programmes et ça va influencer le type d’espace dont on aura besoin. On doit définir un espace d’apprentissage et il est encore trop tôt pour décider d’un espace permanent », souligne Dyane Adam qui souhaite trouver cet emplacement permanent d’ici 2023. 

Accueil chaleureux

L’Assemblée de la francophonie de l’Ontario (AFO), le Regroupement étudiant franco-ontarien (RÉFO) et la Fédération de la jeunesse franco-ontarienne (FESFO) ont uni leurs voix souligner le travail accompli. Les trois organisations accueillent positivement cette « étape importante ».

« On entre véritablement dans le concret, souligne Carol Jolin, président de l’AFO. C’est un grand pas vers l’avant pour concrétiser un rêve qui a quelque 40 ans. »

À mesure que l’université de langue française grandira, M. Jolin souhaite qu’il y ait des installations satellites partout en province afin de rejoindre le plus de francophones possible.

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MEMBRES DU CONSEIL :

  • Dyane Adam : présidente du conseil de planification du projet de l’Université de l’Ontario français.
  • Fété Ngira-Batware Kimpiobi : directrice générale de Solidarité des femmes et familles immigrantes francophones du Niagara
  • Frédéric Dimanche : professeur à l’Université Ryerson
  • Glenn O’Farrell : président et chef de la direction du Groupe Média TFO
  • Koubra Haggar : étudiante de 12e année à École secondaire Georges-P.-Vanier
  • Marième Lo : professeur à l’Université de Toronto
  • Florence Ngenzebuhoro : directrice du Centre Francophone de Toronto
  • Marie-Andrée Vermette : avocate
  • Rodrigue Gilbert : spécialiste en Transport et logistique à la firme PricewaterhouseCoopers Canada
  • Jean Michel Beck : président du Groupe Aecon
  • Jacques Naud : vice-président de Knowledge First Financial
  • Normand Côté : vice-président à Optimum Talent

Francophonie

Orléans veut promouvoir sa culture française

La Société franco-ontarienne du patrimoine et de l’histoire d’Orléans (SFOPHO) entend insuffler à sa communauté francophone un nouvel élan parce qu’elle se considère comme négligée, voire ignorée.

Pour ce faire, elle se dotera d’un plan de développement pour faire connaître auprès des touristes et des institutions son riche patrimoine français.

Francophonie

Un blâme pour l'Agence des services frontaliers

Le Commissariat aux langues officielles conclut que l’Agence des services frontaliers du Canada (ASFC) a failli à ses obligations lors d’un incident survenu à l’hiver 2017 à l’aéroport d’Ottawa et à la suite duquel le président d’Impératif français, Jean-Paul Perreault, avait déposé une plainte.

Le soir du 23 janvier 2017, à son retour de New York par le vol 8665 d’Air Canada, M. Perreault affirme avoir été accueilli dans la capitale fédérale par un agent unilingue anglophone qui lui a demandé de s’adresser à lui en anglais. Même si le plaignant insistait pour continuer à s’exprimer dans la langue de Molière, le douanier aurait à quelques reprises insisté pour que la conversation se poursuive dans la langue de Shakespeare.

Ottawa

Services en français: le nombre de plaintes double

Le nombre de plaintes déposées à la Direction des services en français (DSF) à la Ville d’Ottawa a doublé en 2017. Le maire Jim Watson se dit satisfait des services offerts aux francophones et ne croit pas que cette hausse, passant de 23 en 2016 à 47 l’an dernier, soit alarmante.

« Dans une ville d’environ un million de personnes, avoir des plaintes en bas de 100 je pense que c’est bon. Certainement une plainte c’est trop. C’est pour ça qu’on veut continuer d’améliorer les services [pour les francophones] », soutient M. Watson, qui rappelle que les requêtes déposées à la DSF sont en deçà de la moyenne des cinq dernières années.

Des 47 plaintes reçues l’an dernier, 14 concernaient la signalisation et l’affichage de l’information dans une seule langue ou le fait que la taille de la police pour le texte en français était plus petite. De plus, les réponses écrites en anglais à des demandes de renseignements reçues en français représentaient 11 plaintes reçues par la DSF et neuf plaintes concernaient une interaction directe avec le client qui n’a pas eu lieu dans la langue officielle de son choix. Les autres requêtes sont en lien avec des problèmes techniques et des programmes en français.

Le rapport déposé au Comité des finances, mardi, précise que les 47 plaintes ont été résolues dans un délai de traitement de 12,2 jours ouvrables. On peut aussi y lire que 16 % des postes de la municipalité étaient désignés bilingues en 2017, ce qui est identique à l’année précédente.

La Direction des services en français recommande l’adoption de quatre nouveaux objectifs afin de gérer les risques, répondre aux plaintes et promouvoir la politique de bilinguisme. Entre autres, les comptes de médias sociaux seront examinés afin que l’information soit disponible dans les deux langues officielles. De plus, les messages vocaux généraux de la Ville seront enregistrés en anglais et en français. « Chaque direction générale nommera des “champions” des services en français, qui auront auprès du personnel un rôle d’information, de promotion et de sensibilisation en ce qui concerne les outils, les services et les exigences se rapportant aux services en français », peut-on lire dans le document présenté mardi. Finalement, la DSF sensibilisera davantage les directions générales aux exigences de bilinguisme tout en mettant des ressources à leur disposition.

« C’est toujours notre but de continuer d’améliorer les services dans les deux langues, précise le maire. C’est notre but comme Ville bilingue d’améliorer les services non seulement dans l’Est, mais aussi dans l’Ouest. »

Francophonie

Université de l'Ontario français: le RÉFO déçu

L’absence de financement pour la future Université de l’Ontario français dans le budget Sousa présenté mercredi déplaît au Regroupement étudiant franco-ontarien (RÉFO), qui espérait que des chiffres concrets accompagnent les promesses.

« Nous sommes déçus, car dans le fond, on aimerait commencer à avoir une idée des chiffres. Est-ce que ce sera une université sans soutien, vouée à l’échec ? Je ne pense pas que c’est l’intention, car les défis des institutions francophones sont connus. Ça prend souvent plus d’argent que leur équivalent anglophone, pour plein de raisons. Mais reste qu’on s’attendait à ce qu’il y ait de l’argent rattaché aux quelques phrases que le ministre a dit à ce sujet dans son discours », de dire le coprésident de l’organisme, Jocelyn Leblanc. 

Dans son énoncé à Queen’s Park, le ministre des Finances Charles Sousa n’a fait qu’allusion aux étapes techniques menant à l’instauration de l’université, qui, si tout se déroule comme prévu, doit accueillir sa première cohorte d’étudiants à l’automne 2020. 

« Au printemps, le gouvernement devrait proclamer la loi habilitante et les règlements y afférent, et nommer les membres du premier Conseil des gouverneurs du nouvel établissement. Ceci constitue la dernière étape de la création de l’université en tant qu’entité juridique. Après cela, l’université pourra élaborer ses programmes d’études et accueillir ses premiers étudiants », peut-on lire dans le budget. 

D’ailleurs, la semaine dernière, la ministre des Affaires francophones Marie-France Lalonde a indiqué au Droit « que d’importants développements pourraient survenir d’ici la campagne électorale » au sujet de l’Université. 

Une ouverture retardée ?

À deux mois des élections provinciales, ce dernier souligne que le RÉFO prévoit s’asseoir avec ses partenaires tels que l’Assemblée de la francophonie de l’Ontario (AFO) et la Fédération de la jeunesse franco-ontarienne (FESFO) pour planifier la suite des choses dans ce dossier. 

« On veut voir comment on va se positionner. On veut aussi avoir des locaux, car plusieurs rumeurs laissent entendre que ce ne sera pas possible pour une ouverture en 2020. [...] On croit beaucoup au projet, alors on est plus à l’aise avec une ouverture retardée et un projet bien ficelé qu’avec une ouverture tout croche. Il ne faut pas oublier que chaque année de retard, c’est encore de l’assimilation des francophones, des gens qui vont devoir se tourner vers l’anglais pour leurs études postsecondaires », ajoute-t-il. 

M. Leblanc, qui ne cache pas être inquiet face à l’importance qu’accorde le chef progressiste-conservateur Doug Ford à la francophonie, affirme que peu importe le parti qui remportera le scrutin du 7 juin, « ce serait complètement ridicule qu’aucun argent ne soit octroyé au projet, parce que ça fait des années que ça traîne et qu’on veut des résultats ».

Rappelons que le rapport du conseil de planification présidé par l’ex-commissaire aux langues officielles Dyane Adam, présenté en août 2017, recommande que l’institution partage ses locaux avec le Collège Boréal, à Toronto.