Francophonie

Le 21e Banquet de la francophonie dans l'ambiance de la résistance

Comme une panoplie d’événements tenus en français au cours de la dernière année, le 21e Banquet de la francophonie de Prescott et Russell s’est déroulé, samedi, dans une ambiance de résistance et de vert et blanc.

« Il s’en est passé des choses dans notre communauté depuis le dernier banquet », a avancé le président de l’Association canadienne-française de l’Ontario de Prescott et Russell, Jacques Héroux. « Le thème de cette année [...] est un rappel que nous, en tant que communauté francophone de partout en province, avons été interpellés à différents moments d’être solidaires de nos nombreux conflits du passé et que nous en sommes toujours ressortis un peuple plus fier et résilient. Ce thème souligne aussi que nous sommes encore une voix unie dans la revendication de nos acquis, de nos droits. Je vous invite aussi à regarder plus loin et voir comment notre langue nous unit, pour grandir et s’ouvrir davantage sur ce monde. »

Francophonie

Impératif français « citronne » Doug Ford et Caroline Mulroney

Dans le cadre de la dernière journée de la Francofête 2019, Impératif français a honoré le chanteur du groupe Kaïn, Steve Veilleux, lors de la remise de ses Prix d’excellence et des prix Citron pour la dernière année.

Deux prix Prestige Impératif français ont été remis cette année. D’abord, l’auteur-compositeur et interprète Steve Veilleux a été récompensé au volet culturel pour sa créativité et son parcours qui a contribué à « enrichir le patrimoine musical du Québec ».

Actualités

Les Canadiens du ROC se préoccupent peu du bilinguisme

MONTRÉAL — Mis à part les Québécois, les Canadiens des autres provinces semblent se soucier peu du bilinguisme au pays, selon un nouveau sondage Léger réalisé pour La Presse canadienne.

D’après la récente enquête effectuée il y a quelques jours, 54 % des Canadiens jugent très important ou assez important que le Canada soit reconnu et vu comme un pays bilingue. Mais c’est en regardant les données dans les provinces qu’il est possible d’observer certaines disparités.

Au Québec, seulement 17 % des répondants au sondage ont dit que le bilinguisme au Canada n’est pas très important ou pas important du tout.

Mais en Ontario et dans les provinces de l’Atlantique, où il y a pourtant une importante communauté francophone, 48 et 42 % des répondants estiment qu’il n’est pas très important ou pas important du tout que le pays soit reconnu comme bilingue.

En Alberta et en Colombie-Britannique, ce chiffre grimpe à 53 et 52 %. En Colombie-Britannique, 25 % d’entre eux ont répondu que ce n’était «pas du tout important».

«Plus on s’éloigne du Québec, moins ce bilinguisme-là est important pour les Canadiens eux-mêmes», a expliqué Christian Bourque, vice-président exécutif et associé chez Léger.

«Si on leur disait: «Est-ce que ça fait partie des grandes valeurs canadiennes?», probablement qu’ils diraient oui. Mais c’est une valeur à laquelle ils sont peut-être moins attachés.»

Les libéraux et les plus jeunes préoccupés

Il semble que ce sont les répondants plus âgés qui sont moins préoccupés par ce sujet. À l’échelle du pays, 46 % d’entre eux jugeaient que ce n’était pas très important ou pas du tout important, contre 40 % pour les répondants de 35 à 54 ans et 36% pour les jeunes de 18 à 34 ans.

Sans surprise, ce sont les sympathisants du parti qui a adopté la Loi sur les langues officielles qui considèrent cet enjeu comme étant important: selon le sondage, 68 pour cent des électeurs libéraux décrivaient le bilinguisme comme très important ou plutôt important.

Chez les conservateurs, 58 % d’entre eux disent de même, et au Nouveau Parti démocratique, ce chiffre chute à 34 %.

Le sondage Léger a été mené sur le web les 19 et 20 mars auprès de 1529 Canadiens recrutés à partir d’un panel. Les experts en recherche et en méthodologie jugent qu’il est impossible d’attribuer une marge d’erreur à un sondage réalisé en ligne puisque la méthode d’échantillonnage est non probabiliste.

Les partis au Québec peu surpris.

La ministre responsable des Relations canadiennes et de la Francophonie canadienne, Sonia LeBel, a refusé la demande d’entrevue de La Presse canadienne, mais les partis d’opposition ont accepté de commenter les résultats.

La députée libérale Kathleen Weil demeure optimiste face à des données; elle s’accroche notamment aux données qui concernent les jeunes.

«Je trouve que c’est quand même positif, cette jeune génération était influencée par une autre génération: les parents. Ça fait au moins 30 ans qu’on parle de l’importance d’apprendre le français ailleurs au Canada», a-t-elle indiqué en entrevue téléphonique.

Elle a rappelé la mobilisation importante de la communauté francophone lorsque le gouvernement Ford en Ontario avait pris la décision d’abandonner le projet de créer une université francophone à Toronto et d’abolir le Commissariat aux services en français.

Les représentants de partis souverainistes à l’Assemblée nationale étaient toutefois plus pessimistes, et selon eux, ces données justifient la pertinence de leur projet.

«Les politiques canadiennes à l’extérieur du Québec ont été très hostiles au fait français. Je ne suis pas étonné de voir qu’aujourd’hui encore, qu’il y ait cette indifférence-là par rapport au français. Oui ça m’inquiète», a affirmé le député solidaire Sol Zanetti en entrevue téléphonique.

«Il va falloir, pour la préservation du français en Amérique du Nord, qu’il y ait un État dont la langue commune est le français.»

Le chef intérimaire du Parti québécois, Pascal Bérubé, estime lui aussi qu’il faut tirer des conclusions de ce sondage.

«Ça envoie une image actuelle du Canada qui n’est pas le pays susceptible de protéger le français. C’est pour ça qu’on considère qu’il vaut mieux un Québec souverain et ça s’ajoute à d’autres sondages précédents qui démontrent de plus en plus de distance, voire d’indifférence du reste du Canada à l’égard du Québec», a-t-il indiqué en entrevue au Parlement.

Francophonie

Un manifeste franco-ontarien à Ottawa

Le manifeste franco-ontarien a été présenté vendredi au Monument de la francophonie de l’Hôpital Montfort, à Ottawa.

Le président de l’Assemblée de la francophonie de l’Ontario Carol Jolin, le crieur public, Daniel Richer et le président-directeur général de l’Hôpital Montfort, Bernard Leduc, étaient notamment sur place pour présenter au public le manifeste intitulé, Pour un avenir fort. 

Lors de ce rassemblement, les différents acteurs en ont aussi profité pour souligner le 22e anniversaire du grand ralliement Mouvement SOS Montfort, le 22 mars 1997. 

« Au nom de la communauté franco-ontarienne, je remercie chaleureusement les figures de proue du mouvement SOS Montfort qui nous ont montré la voie [...] Leur dévouement à la cause nous inspire encore aujourd’hui dans le cadre de la résistance », a déclaré M. Jolin par voie de communiqué. 

Le 22 mars 1997, 10 000 Franco-Ontariens et Franco-Ontariennes s’étaient rassemblés pour défendre leurs acquis. 

Le Manifeste a été rédigé avant les manifestations de La Résistance, le 1er décembre dernier.

Francophonie

La francophonie et le MIFO célébrés à Ottawa

La Ville d’Ottawa poursuit ses efforts au niveau des services en français, a souligné Jim Watson vendredi à l’occasion du 13e Rendez-vous francophone annuel du maire.

Il a profité pour rappeler les progrès accomplis en matière de programmes offerts dans la langue de Molière, mais aussi pour se féliciter de la baisse du nombre de plaintes concernant les services en français. Il a affirmé que les plaintes sont passées de 47 à 34 entre 2017 et 2018, soit une baisse de plus de 27 %.

« La Ville d’Ottawa reconnaît l’importance de la communauté francophone et de ses 140 000 habitants qui parlent français tous les jours. C’est pourquoi on fait toujours du progrès pour offrir plus de services à nos résidents francophones à travers la ville », a déclaré M. Watson.

La communauté francophone est en hausse dans plusieurs quartiers de la Ville et pour répondre à la demande dans l’ouest et dans les secteurs ruraux, la municipalité offrira des programmes de camps d’été en français à Osgoode et Metcalfe. 

Autre nouveauté attendue dans l’ouest, la Maison de la Francophonie doit ouvrir ses portes cet automne et regroupera plusieurs groupes communautaires.

Le MIFO à l’honneur

Le premier magistrat a profité de l’occasion pour souligner le 40e anniversaire du Mouvement d’implication francophone d’Orléans (MIFO).

L’organisme œuvre auprès de la communauté depuis quatre décennies. Il permet aux résidents du secteur et du reste de la ville de profiter d’activités et de services éducatifs, artistiques et communautaires en français.

Le MIFO souhaite bâtir un nouveau centre plus grand afin d’étendre son offre de service et répondre aux besoins de la communauté franco-ontarienne. L’objectif est de construire le nouvel édifice où se trouve le stationnement actuel afin de poursuivre les opérations dans le centre pendant les travaux.

« Au niveau des services en français, c’est certain que la Ville fait des choses, mais il y a place pour une complémentarité. Pour les personnes de 50 ans et plus, il y a énormément de besoins qui ne sont pas comblés. Au niveau des adolescents, il y a lieu d’avoir d’autres activités qui sont générées par les jeunes. Notre défi au cours des prochains mois est de se rallier avec des jeunes de la communauté pour s’assurer de bâtir des programmes et des services qui vont répondre à leurs besoins et s’assurer d’avoir un mécanisme en place pour qu’on se maintienne à jour », raconte Marie-Claude Doucet, directrice générale du MIFO.

Afin d’amasser des fonds pour son projet de construction, le MIFO organise une soirée d’impro-bénéfice le 22 mai prochain. 

L’activité mettra à l’honneur des capitaines d’équipe qui connaissent bien l’installation du secteur Orléans, soit les humoristes franco-ontariens Katherine Levac et Patrick Groulx. Les billets sont en vente au coût de 75 $ sur le site du MIFO.

Francophonie

Une Journée internationale de la Francophonie teintée par la crise linguistique

TORONTO — La Journée internationale de la Francophonie a pris une tournure bien différente, cette année à Queen’s Park, après la crise linguistique de l’automne. D’un côté, différents acteurs dénoncent à nouveau ces coupes francophones, de l’autre, la ministre des Affaires francophones, vante son approche.

Sur le coup de 9 h 30, à quelques pas de Queen’s Park, le crieur public Daniel Richer a entamé la lecture du Manifeste franco-ontarien. « L’heure est à l’action. L’heure est à la passion. Debout ! Luttons contre cet adversaire coriace que nous connaissons bien », a-t-il lancé, face à la maison du pouvoir ontarien.

Il a été suivi par plusieurs autres intervenants de la communauté franco-ontarienne. « Fini les courbettes et les steppettes. Ça fait 100 ans qu’on est privé d’argent », a lancé Carol Jolin, président de l’Assemblée de la francophonie de l’Ontario (AFO).

Quelques dizaines de citoyens ont pris part à l’événement. 

« Je ne suis pas d’accord avec la manière dont Doug Ford utilise l’argent et ce qui a été annulé. Quand j’étais jeune, je n’avais pas le choix d’étudier en français à mon école. Il ne faut pas revenir là », a confié Danièle Laflamme-Millette. « Je veux dire à Mme Bombardier qu’il y en a des francophones en Ontario. On est très vivant. Le français est une des langues officielles du Canada, on ne doit pas l’oublier », a renchéri Mme Laflamme-Millette, en insistant sur l’importance de mobiliser aussi les jeunes franco-ontariens.

Sur les réseaux sociaux, certains ont soutenu que le crieur n’allait pas interpeller les jeunes franco-ontariens. 

Les commentaires témoignaient d’un certain fossé générationnel, alors que certains affirmaient qu’il s’agissait d’une démarche d’une autre époque.

« C’est un reflet de notre culture, de notre folklore », réplique Carol Jolin. Aujourd’hui, il faut toujours être à la fine pointe des technologies, des médias sociaux. Mais il ne faut pas oublier notre histoire. C’est un moyen original qu’on a trouvé d’aller de l’avant pour continuer le mouvement de la résistance ».

Mulroney rappelle ses arguments

La ministre des Affaires francophones, Caroline Mulroney, a pris la parole en chambre en après-midi pour exposer la vision de son gouvernement en matière de francophonie.

« L’Ontario compte 1,5 million de personnes parlant le français, dont plus de 622 000 Franco-Ontariennes et Franco-Ontariens, ce qui représente la plus grande population francophone au pays, en dehors du Québec », a-t-elle rappelé. « La communauté franco-ontarienne a à son actif une panoplie d’artistes, des lieux de diffusion culturels, des médias et un ensemble d’institutions et d’organismes qui maintiennent et renforcent sa vitalité dans l’ensemble de la province », a renchéri la ministre.

Pour lire l'article d'Étienne Fortin-Gauthier dans son intégralité, visitez le site web d'#ONFR.

Francophonie

Journée internationale de la francophonie: plus qu’un symbole en Ontario

La crise linguistique en Ontario, vécue depuis les annonces du «jeudi noir» en novembre dernier, teintera fort probablement les festivités entourant la 31e Journée internationale de la francophonie. Ces célébrations seront l’occasion pour les francophones en Ontario de réaffirmer leur fierté identitaire, estime David Robichaud, professeur de philosophie à l’Université d’Ottawa.

«Je pense que ce sera presque impossible de ne pas le mentionner. On a parlé de Doug Ford, mais on se rappelle aussi des déclarations de Denise Bombardier sur l’inexistence du français hors Québec. Il y a encore beaucoup d’incompréhension et de caricature linguistique. [Le 20 mars] est un moment propice pour corriger certains faits qui ne sont pas véridiques et envoyer un message fort de l’importance de la présence francophone. Je m’attends à ce qu’il y ait quelques prises de position assez fortes», affirme M. Robichaud.

Francophonie

Les institutions fédérales doivent incarner le bilinguisme

Les institutions fédérales ont un rôle à jouer dans la modernisation de la Loi sur les langues officielles (LLO), ont évoqué les participants au deuxième forum qui s’est arrêté à Ottawa lundi matin.

Près d’une centaine de personnes se sont réunies à l’Université d’Ottawa (Ud’O) afin d’écouter les échanges entre les panélistes et poser des questions sur le thème des institutions fédérales qui incarnent les langues officielles.

Francophonie

Amanda Simard pose sa première question comme indépendante

La députée de Glengarry-Prescott-Russell Amanda Simard a posé sa première question à l’Assemblée législative depuis qu’elle a quitté les rangs conservateurs, en novembre dernier. Celle-ci a interpellé le ministre de l’Énergie, du Développement du Nord et des Mines, Greg Rickford.

« Est-ce que le ministre peut nous dire si le projet éolien Champs de l’Est est toujours dans les cartons ? », s’est exclamée Amanda Simard à Queen’s Park, lundi matin.

Cette question, qui « peut être répondue soit par un oui, soit par un non », n’a pas trouvé de réponse précise chez le ministre Greg Rickford. « C’est un dossier qui a évidemment été difficile », a-t-il alors rétorqué, en faisant mention de l’annulation des 758 projets d’énergie renouvelable annoncée en juillet 2018, qui devrait faire économiser plus de 790 millions $ en factures d’électricité. 

Le projet éolien Champs de l’Est devait être construit à St-Bernardin, dans la municipalité de La Nation et du canton de Champlain. 

Lorsque le gouvernement Ford avait annoncé l’annulation de ce projet, « la décision avait été reçue avec acclamations et applaudissements de la part des gens de Glengarry-Prescott-Russell », selon la députée Simard. 

Pourtant, la Commission de l’énergie de l’Ontario a délivré un permis de construction le 6 décembre 2018 permettant à l’entreprise Renewable Energy Systems (RES) de produire de l’électricité à cet endroit pour les 20 prochaines années. 

Le mouvement citoyen Sauvons La Nation a été créé en 2015 afin de s’opposer au projet éolien de Saint-Bernardin. « Ça a beau être un projet qui se dit vert, mais encore faut-il qu’il y a un réel besoin, affirme la porte-parole du groupe, Julie Leroux. Qu’est-ce qu’il y a de vert à part la couleur de l’argent dans tout ça ? »

Parmi les raisons qui expliquent l’opposer à ce projet, Mme Leroux énumère entre autres les risques environnementaux et de santé mentale qui y sont associés. « Non seulement on n’a pas besoin de cette énergie-là, mais en plus on sacrifie des bonnes terres agricoles. Certains endroits en Ontario coupent carrément des arbres pour des projets éoliens, sans compter que les règlements sur le bruit ne sont pas adéquats pour protéger la santé humaine. Les distances minimales ne reposent sur aucune étude, c’est vraiment une décision arbitraire. »

Les membres du groupe s’étaient dits « surpris et choqués » d’apprendre qu’un permis avait été octroyé à RES. « Quand on annonce publiquement qu’il y a 758 projets d’annulés et que ce projet-là fait partie de la liste, on ne s’attendait pas à ce qu’il se poursuive. On avait envoyé des demandes au ministre, aucune réponse. Au ministère de l’Environnement, une personne nous a dit que le projet était toujours à l’étude. »

Simard heureuse d’être indépendante

Questionnée sur son influence au sein du gouvernement Ford à titre de députée devenue indépendante lors d’une entrevue diffusée en direct sur Facebook avec ONfr+, la députée Amanda Simard a affirmé qu’elle pouvait dorénavant « dire les vraies choses, sans filtre ».

« C’est clair qu’il y a une cohésion à l’intérieur d’une équipe, mais quand ça va jusqu’à empêcher les gens de poser les vraies questions, il n’y a pas de pouvoir là. On ne peut pas s’exprimer, on ne peut pas poser les vraies questions, on ne peut pas vraiment dénoncer telles coupes parce que le gouvernement les fait. »

À son avis, le dossier du parc éolien représente le « parfait exemple d’un enjeu local, très très important pour les gens de Glengarry-Prescott-Russell. »

« C’est quelque chose sur quoi, en tant qu’indépendante, je veux vraiment mettre l’accent, travailler pour les gens de chez nous, de faire entendre leurs questions. Cette question était très importante. »