Politique

Michaëlle Jean monte au front

EXCLUSIF / Michaëlle Jean monte au front. C’est pour rebâtir des ponts avec le Rwanda et mieux positionner la France dans la zone anglophone de l’Afrique que le président français a donné son appui à la candidature d’une ministre rwandaise pour diriger à sa place l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF), croit-elle.

«Il y a de ça, certainement», affirme l’actuelle Secrétaire générale de l’OIF, qui sollicite un second mandat.

En entrevue avec Le Soleil, Mme Jean rapporte que quelques jours avant la déclaration d’Emmanuel Macron, le président du Rwanda, Paul Kagame, lui a confié qu’il recevait de l’Élysée «beaucoup d’appels de phare et de pression pour que sa ministre [des Affaires étrangères] soit candidate».

«Il y a quelque part un désir de deux chefs d’État de faire en sorte que leurs pays se rapprochent, analyse-t-elle. Et dans la balance, il y a le Secrétariat général de la Francophonie…»

«Je ne suis pas une mondaine»

Michaëlle Jean réfute l’idée que le président Macron souhaite l’écarter en raison de dépenses jugées somptuaires qu’elle aurait autorisées ou en raison d’un problème de gouvernance à l’OIF.

«’Mon train de vie’, c’est en fait un travail exigeant, intense, constant, sept jours sur sept. Je ne suis pas une mondaine. Je ne sors pas, je n’ai pas le temps», laisse-t-elle tomber durant l’entretien, qui s’est déroulé dimanche à Québec.

La gestion de l’OIF a fait beaucoup de bruit au Québec et ailleurs récemment. Le Journal de Montréal a notamment révélé l’existence d’une dépense d’un demi-million pour la rénovation et l’aménagement de l’appartement de fonction de Mme Jean à Paris, et une autre dépense pour l’achat d’un piano. Un voyage en mer destiné à une centaine de jeunes a aussi fait couler beaucoup d’encre. Son coût s’élève à 1 million$, alors qu’il devait être de 400 000$.

Mme Jean se défend. Elle explique que lorsqu’elle est entrée en fonction, à Paris, en janvier 2015, l’OIF, sous les instructions de son administrateur d’alors, l’a installée dans un appartement appartenant au gouvernement du Canada qui était vacant. «On m’y installe, mais on a aussi conscience à ce moment-là de défaillances sérieuses de ses infrastructures et de ses commodités. Il y avait eu très peu d’entretien. Les travaux découlent d’une entente entre l’administrateur et le gouvernement canadien.»

«Avant ça, l’OIF engageait des sommes quand même considérables pour loger le Secrétaire général. Ce que nous avons réalisé, c’est une économie de 50% du coût locatif», assure-t-elle.

Transparence

Les premiers ministres du Québec et du Canada, Philippe Couillard et Justin Trudeau, ont appelé l’OIF à davantage de transparence. Mais tous deux tiennent à ce que le mandat de Mme Jean soit renouvelé. Ils veulent qu’elle poursuive le travail qu’elle a lancé, notamment en ce qui a trait à la «stratégie économique» développée au bénéfice des États membres, notamment en Afrique.

Elle affirme avoir fait passer l’organisation qu’elle dirige à une culture «de l’évaluation et du résultat». Parce qu’il y a «toujours place à l’amélioration», elle dit voir d’un bon œil le Groupe de travail sur la transparence à l’OIF que pilote le Québec.

Sur le terrain

Même si l’Union africaine a donné son appui à la candidature de la ministre rwandaise des Affaires étrangères, Louise Mushikiwabo, les jeux ne sont pas faits, estime Mme Jean, qui a bon espoir de décrocher un deuxième mandat à la tête de l’OIF en octobre.

«Le bilan est appréciable et apprécié. Ce que nous avons porté en quatre ans est phénoménal. Et ce travail, je le poursuis. Plusieurs sont d’avis qu’un second mandat serait normal pour pérenniser ces chantiers, les faire aboutir.»

Consciente du fait que l’Organisation internationale de la Francophonie demeure un objet politique non identifié aux yeux de plusieurs, elle dit vouloir mieux faire comprendre ce qu’elle représente «stratégiquement».

«L’OIF agit sur le terrain sur les questions de développement, de sécurité, de maintien de la paix, d’égalité entre les hommes et les femmes, de défense des droits et des libertés. C’est un organe éminemment politique et stratégique.» Avec d’autres organisations internationales, l’OIF a su «désamorcer des situations qui auraient pu être catastrophiques».

Elle assure que l’OIF fait en sorte que les discussions se tiennent le plus possible en français dans les organisations internationales. «C’est nous qui défendons le multilinguisme aujourd’hui sur la scène internationale, lequel est un élément fondamental du multilatéralisme. On ne peut pas penser une démocratie internationale sur la base d’une langue unique», l’anglais en l’occurrence. «Sans nous, ce combat est perdu.»

Francophonie

Bureau des élections de la Ville d’Ottawa : les francophones recherchés

Le Bureau des élections de la Ville d’Ottawa sollicite particulièrement les francophones, les francophiles et les personnes bilingues afin de travailler pour les élections municipales et assurer une présence dans chacun des bureaux de vote.

À ce jour, 1700 candidatures de personnes pouvant s’exprimer dans la langue de Molière ont été reçues. Le personnel estime que plus de 4000 postes devront être pourvus en prévision du jour du vote par anticipation et du jour du scrutin les 12 et 22 octobre prochain.

À l’aide du Comité consultatif sur les services en français, le Bureau des élections a contacté les organismes francophones de la région afin de rejoindre la communauté.

« C’est important d’établir combien de personnes sont nécessaires et c’est important d’offrir le service dans les deux langues. Il faut faire des liens avec la communauté tôt dans le processus et si c’est nécessaire nous allons prolonger la période de recrutement. Nous avons le temps de le faire parce qu’on s’est pris d’avance. Nous essayons d’embaucher de manière stratégique. Aussi, nous allons offrir un lexique pour des gens anglophone, mais francophile, avec les termes élections, des exemples de phrases et des mots clefs pour avoir une offre active », soutient Tyler Cox, gestionnaire des Services législatifs. 

Aux élections  générales de 2014, une personne bilingue travaillait dans au moins 99,7 % des 571 bureaux de vote. 

« Malgré nos meilleurs efforts, trois bureaux n’avaient pas de personnel qui parlait français. J’estime qu’on peut faire mieux », mentionne M. Cox.

Cinq types de postes sont à pourvoir pour assurer le bon déroulement dans les bureaux de vote aux quatre coins de la ville. 

Les candidatures peuvent être soumises sur le site Web de la Ville jusqu’au 6 juillet, ottawa.ca/vote, ou en communiquant avec le Bureau des élections au 613-580-2660,

Francophonie

L’attaché de Michaëlle Jean minimise l’appui à la Rwandaise

Il n’est pas étonnant que les dirigeants de l’Union africaine (UA) réunis en sommet aient appuyé la candidature d’une ministre rwandaise pour diriger la Francophonie alors que la présidence tournante est assurée... par le Rwanda, ironise un collaborateur de Michaëlle Jean.

« Qui préside l’UA actuellement ? C’est le président du Rwanda, Paul Kagame », alors le « timing était plutôt bon pour qu’ils poussent leur pion sur cet échiquier-là », a soulevé mercredi en entrevue Bertin Leblanc, porte-parole de la secrétaire générale sortante.

« Je pense que ce n’est pas un hasard si cet endossement arrive au moment où le Rwanda pilote l’Union africaine », a-t-il enchaîné à l’autre bout du fil depuis Paris, notant que le vote de confiance symbolique s’est tenu en l’absence de plusieurs chefs de nations francophones.

« Il faut quand même rappeler qu’il y a 54 États membres au sein de la Francophonie, donc il ne faut pas non plus usurper ce processus qui est cadré, qui doit avoir lieu », a soutenu Bertin Leblanc en entrevue avec La Presse canadienne.

L’appui des chefs d’État africains qui participaient au sommet de l’UA en Mauritanie n’entame ainsi en rien la détermination de Michaëlle Jean, qui sollicite un deuxième mandat à la tête de l’organisation, assure son collaborateur.

L’une des prochaines occasions de faire le plein d’appuis se présentera en septembre, alors que les délégations de nombreux pays convergeront vers New York pour la rencontre annuelle d’ouverture de la session régulière de l’Assemblée générale des Nations unies.

Ainsi, à environ trois mois de l’élection, qui aura lieu en Arménie, les jeux sont encore loin d’être faits, prévient Bertin Leblanc : « On a un bon bilan à défendre ; c’est très, très, très loin d’être plié ».

La ministre québécoise des Relations internationales et de la Francophonie, Christine St-Pierre, convient qu’il « semble se dessiner un consensus (africain) ». Mais il faut « voir comment les choses vont évoluer », car il y a désormais « une compétition qui s’est installée ».

On verra « comment les choses vont se passer une fois rendu à Erevan, parce que ces décisions-là se prennent par consensus, et lors du dernier sommet, à Dakar, il n’y avait pas de consensus africain », a-t-elle rappelé lors d’un entretien avec La Presse canadienne.

Mais à ses yeux, il est clair que la candidate Jean « doit avoir un autre mandat pour continuer le travail qu’elle a déjà amorcé », elle qui incarne à merveille les valeurs que véhicule la Francophonie à travers le monde.

« La Francophonie est une organisation qui a dans sa mission de faire et la promotion de la langue française, la protection de la langue française, et également la promotion des droits et libertés et de la démocratie », a exposé Christine St-Pierre.

Faut-il voir dans ces propos de la ministre une critique voilée de la candidature du Rwanda ?

Car d’une part, Kigali a remplacé en 2008 le français par l’anglais comme langue d’enseignement obligatoire à l’école publique. Et d’autre part, Paul Kagame, réélu en 2017 pour un troisième mandat avec 98 pour cent des voix, est accusé de ne pas tolérer l’opposition.

Lorsqu’on lui pose la question, la ministre St-Pierre répond qu’elle « n’a pas l’intention d’avoir une approche négative par rapport aux autres » et qu’elle laisse aux journalistes le soin de faire le « travail d’analyse ».

Le gouvernement canadien poursuit aussi sa campagne en vue de la reconduction de Michaëlle Jean. Le premier ministre Justin Trudeau a intensifié ses efforts la semaine dernière en moussant sa candidature dans des conversations téléphoniques avec cinq chefs d’État africains.

Il en a discuté mercredi dernier avec les présidents de Madagascar et de la Côte d’Ivoire, puis, deux jours plus tard, il a passé des coups de fil aux présidents du Bénin, du Cameroun et du Niger, selon les comptes rendus publiés par son bureau.

Le mandat de la Canadienne née en Haïti a été assombri par des histoires de dépenses jugées douteuses publiées par les médias de Québecor. L’opposition officielle à Ottawa a demandé au gouvernement Trudeau de la larguer, car elle est devenue « un embarras » pour le pays.

Le mandat de quatre ans de Mme Jean, qui n’était pas disponible pour accorder des entrevues, mercredi, vient à échéance dans un peu plus de trois mois. L’élection au poste de secrétaire général de l’OIF aura lieu lors du sommet qui se tient à Erevan les 11 et 12 octobre.

La seule rivale déclarée de la Canadienne est la ministre rwandaise des Affaires étrangères, Louise Mushikiwabo. Elle bénéficie d’un appui de taille - celui du président de la République française, Emmanuel Macron.

Dans certains médias de l’Hexagone, des observateurs ont interprété cet appui comme une façon, pour l’Élysée, de réchauffer les liens diplomatiques avec le Rwanda, particulièrement houleux depuis le génocide des Tutsis 1994.

Francophonie

Langues officielles: rappel à l’ordre du commissaire

Le commissaire aux langues officielles demande au gouvernement fédéral d’accorder le même soin au français qu’à l’anglais lorsqu’il publie ses appels d’offres, dénonçant un problème « répandu » et « systémique ».

L’agent indépendant du Parlement s’est penché sur la question des traductions bancales de ces avis publiés sur la version française du site achatsetventes.ca, qui est sous la responsabilité de Services publics et Approvisionnement Canada (SPAC).

Pierre-Paul Noreau

Un prix d’excellence pour Le Droit

À l’occasion du Congrès de l’Association de la presse francophone (APF) qui se tenait la fin de semaine dernière à Sudbury, le quotidien Le Droit a décroché le Prix d’excellence générale pour la rédaction journalistique.

Il s’agit d’une des distinctions les plus convoitées puisqu’elle récompense l’ensemble de la qualité rédactionnelle du journal, de la structure des textes à la variété des styles, en passant par le caractère informatif des phrases, et, bien entendu, la qualité du français.

Francophonie

La commissaire aux langues officielles du N.-B. réclame un secrétariat dédié

FREDERICTON — La commissaire aux langues officielles du Nouveau-Brunswick estime que le gouvernement de la seule province officiellement bilingue au Canada n’en fait pas suffisamment pour assurer l’application de la loi.

Dans son cinquième et dernier rapport annuel à titre de commissaire, Katherine d’Entremont recommande la création d’un secrétariat aux langues officielles, afin d’appuyer le premier ministre «dans l’exercice de sa responsabilité première»: celle d’assurer l’application de la Loi sur les langues officielles, en vigueur depuis près de 50 ans au Nouveau-Brunswick.

Mme d’Entremont rappelle que le pourcentage de Néo-Brunswickois dont la langue maternelle est le français a atteint un creux de 31,9 % en 2016, comparativement à 33,8 % en 1971. Le pourcentage de Néo-Brunswickois dont la langue maternelle est l’anglais demeure quant à lui stable, autour de 65 %.

Le rapport souligne d’ailleurs une «dynamique inégale» entre la langue minoritaire et celle majoritaire, «qui favorise l’anglicisation de certains francophones».

La commissaire d’Entremont a mené une enquête visant le Plan sur les langues officielles du gouvernement, déposé en 2015. Or, le Commissariat conclut que ce «plan gouvernemental donne très peu de résultats concrets» et «n’atteint pas les objectifs» fixés par la Loi sur les langues officielles.

L’enquête du commissariat «a révélé un obstacle de taille» à la mise en oeuvre de ce pan: l’absence d’une structure et de ressources adéquates, comme un ministère, un sous-ministre ou un secrétariat. C’est pourquoi Mme d’Entremont recommande la création d’un secrétariat aux langues officielles, qui devrait dépendre directement du cabinet du premier ministre.

Actuellement, «il y a des fonctionnaires dans trois différents ministères» pour s’occuper des langues officielles, a-t-elle expliqué en conférence de presse.

Le rapport de la commissaire souligne par ailleurs l’anglicisation de certains francophones, citant une étude menée par l’Institut canadien de recherche sur les minorités linguistiques. «Par exemple, 6,6 % des francophones ne parlaient plus leur langue maternelle régulièrement à la maison en 2016, comparativement à seulement 0,7 % des anglophones.

«L’anglicisation des francophones, qui était de 5,8 % en 2006, a donc augmenté au cours des 10 dernières années», conclut le commissariat.

Par contre, le commissariat souligne que les francophones «en couple mixte», surtout les mères, transmettent de plus en plus le français à leurs enfants. «C’est maintenant plus de la moitié des enfants de mères francophones en couple mixte qui se sont vu transmettre le français comme langue maternelle, alors que ce pourcentage était de 43,8 % en 2001.»

Interrogée en conférence de presse sur les raisons qui motivent le départ de la commissaire deux ans avant la fin de son mandat de sept ans, Mme d’Entremont a répondu: «Parce que ça fait 37 ans que je travaille, et puis ça me tente de faire autre chose: c’est aussi simple que ça.»

La Presse canadienne

Francophonie

Le Franco gagne son pari

Le rideau est tombé samedi soir sur le Festival Franco-Ontarien, une 43e édition au pari gagné, a souligné la présidente de l’événement, Josée Vaillancourt.

C’est Valaire avec ses nombreux invités qui étaient en vedette au parc Major’s Hill à Ottawa pour clôturer la fête, une soirée aux sons du hip-hop, du rap, du rock et de l’électro qui a fait danser les festivaliers s’étant réunis devant la scène. Yao, Julie Kim, Shawn Jobin, Jacobus, Alex Nevsky et Clay & Friends ont offert des performances sans faille aux côtés du quintet.

Le Festival s’est ouvert jeudi sous la pluie avec le spectacle du Franco-Ontarien Damien Robitaille qui s’était entouré pour la soirée de Mélissa Ouimet, Paul Piché, Ariko, Dumas et Medhi Cayenne. 

Dame Nature aura cependant été plus généreuse pour le restant du Festival alors que les soirées de vendredi et samedi furent impeccables au chapitre de la météo.

Le Franco a modifié cette année l’aménagement au parc Major’s Hill ainsi que sa formule de concerts qui a vu trois spectacles où des artistes franco-ontariens émergents ont chanté avec des artistes d’expérience. 

« Ce fut énormément de travail, mais ça nous a permis de favoriser des collaborations entre artistes qui autrement n’auraient pas eu la chance de collaborer ensemble », a expliqué la présidente du Franco, Josée Vaillancourt.

« Nos artistes franco-ontariens ont été sur la même scène que des artistes plus établis de l’industrie. C’est notre façon de contribuer au développement de la carrière de nos artistes. D’avoir pu constater l’énergie et l’engouement de nos artistes en arrière-scène, le pari est gagné à ce niveau, et nous en sommes vraiment ravis », a continué Mme Vaillancourt.

Francophonie

Plus d'attente en français, selon le commissaire aux langues officielles

Le commissaire aux langues officielles, Raymond Théberge, constate des lacunes quant à la prestation de services en français dans les institutions fédérales.

Dans son premier rapport annuel, déposé mardi, M. Théberge indique que 894 plaintes ont été déposées en 2017-2018, dont plus de la moitié, soit 457, portent sur les services en français. Les plaintes sont en baisse de 12 % par rapport à l’an dernier. 

« Plusieurs institutions nous indiquent qu’elles ont besoin de meilleurs outils de diagnostic pour être en mesure de répondre aux obligations par rapport à la loi sur les langues officielles. Ce que je constate, c’est qu’on n’a pas nécessairement fourni les outils nécessaires aux institutions fédérales. Ceci dit, on a beaucoup de défis. On le remarque par le nombre de plaintes », soutient le commissaire qui est entré en poste en janvier 2018.

Une dizaine d’institutions fédérales ont fait l’objet d’une évaluation par des spécialistes entre les mois de janvier et mars. Les observations se sont attardées sur le respect des langues officielles lors des services rendus en personne, au téléphone et en ligne. Selon les données fournies, les délais de réponse pour des services fédéraux dans la langue de Molière sont plus longs, particulièrement lors d’une requête par courriel. 

Le commissaire estime que les francophones ne devraient pas attendre plus longtemps que les anglophones pour obtenir des services gouvernementaux. « Ce n’est pas normal, commente le commissaire. Ça démontre jusqu’à quel point on n’a pas développé cette culture au sein de l’appareil fédéral de l’égalité entre les deux langues officielles. Il y a encore beaucoup de chemin à faire. C’est clair qu’on devra redoubler les efforts et qu’on doit plus responsabiliser ceux qui ont un rôle à jouer. »

Les employés de l’Administration canadienne de la sûreté du transport aérien ont accueilli les voyageurs avec la formule Hello/Bonjour dans 70 % des cas, mais le service dans les deux langues étaient disponible dans 61 % du temps, selon les données fournies par les observations. 

« Si la personne qui dit le Hello/Bonjour n’est pas en mesure d’offrir le service en français, il devrait y avoir quelqu’un déjà sur place qui est en mesure de le faire. C’est une question de planification. Des fois, la volonté est là, mais pas les moyens », observe M. Théberge. Il croit que les administrations aéroportuaires ne sont pas au courant de leurs obligations dans la loi.

Selon le commissaire, les institutions fédérales n’ont pas les bons outils pour s’évaluer. Dans cette optique, son équipe travail à l’élaboration d’un nouvel outil qui doit être mis en application dès 2019.

L’égalité du statut des langues officielles est le concept clé selon M. Théberge. « Je suis un optimiste. C’est un travail qui va prendre énormément de temps, mais je pense qu’on doit se fixer comme objectif l’égalité des deux langues officielles », confie-t-il.

Dans son rapport, le commissaire fait référence à l’entente entre le fédéral et Netflix. On y apprend que quatre plaintes ont été déposées au sujet de l’omission alléguée de la prise en compte de la production francophone à l’extérieur du Québec et quant à l’usage du français et de l’anglais dans la société canadienne. L’enquête est toujours en cours et aucun détail ne peut être divulgué. 

Au niveau des recommandations, le nouveau commissaire invite le gouvernement à moderniser la Loi sur les langues officielles, dans le cadre du 50e anniversaire de celle-ci en 2019. 

Actualités

Francophonie: la candidature de Michaëlle Jean inspire un appui timide

OTTAWA - La candidature de Michaëlle Jean pour un second mandat à la tête de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) inspire moyennement le président du Sénégal, Macky Sall, dont le pays était l’hôte du sommet lors duquel la Canadienne a été élue, en 2014.

Lors d’une rencontre bilatérale avec le premier ministre Justin Trudeau, dimanche, à Québec, le dirigeant sénégalais a exprimé un appui pour le moins timide à l’ancienne gouverneure générale du Canada.

«Sa candidature ne nous gêne pas», a-t-il indiqué. Mais la question va se poser (parce que) il y a une autre candidature qui est en train de se mettre en place.»

Le dirigeant africain a dit espérer que l’on trouverait «les convergences qui nous permettront d’avancer, de ne pas avoir des blessures sur la question du choix de la secrétaire générale»

Il a conclu en exprimant le souhait d’en discuter «de façon moins publique, disons» en regardant en direction des caméras qui étaient braquées sur lui et son hôte dans la salle du Château Frontenac où se tiendrait ensuite leur rencontre privée.

Le premier ministre Trudeau, qui avait pris la parole en premier en ouverture de l’entretien, avait pris les devants en lui soulignant que «comme vous le savez, le Canada appuie la reconduction de Michaëlle Jean comme secrétaire générale de la Francophonie».

Il en a profité pour confirmer sa présence au prochain sommet de la Francophonie, qui se tiendra en octobre à Erevan, en Arménie.

Un peu plus tard au courant de cette journée où il rencontrait une série de leaders de pays invités du sommet du G7, au Château Frontenac, le premier ministre avait à l’horaire une rencontre avec le président du Rwanda, Paul Kagame.

Rappelons que la ministre des Affaires étrangères du Rwanda, Louise Mushikiwabo, tentera selon toute vraisemblance de déloger Michaëlle Jean - ce qu’elle fera avec un appui de taille, soit celui du président français, Emmanuel Macron.

Au début de leur entretien, ni l’un ni l’autre n’a mentionné le thème de la francophonie lors de la brève allocution qu’ils ont faite, en anglais seulement, devant les représentants des médias admis dans la salle.

Dans le compte rendu fourni par le bureau de Justin Trudeau , il est cependant mentionné que les deux dirigeants ont «parlé de la Francophonie et de son rôle dans le rayonnement de la langue française et de la culture française» et que le premier ministre canadien «a réitéré son ferme soutien à l’égard de la réélection de Michaëlle Jean».

Le gouvernement Trudeau se range derrière la candidature de la Canadienne malgré les controverses liées à certaines dépenses jugées excessives par certains.

L’opposition conservatrice est en désaccord avec cet appui et a demandé aux libéraux de larguer Michaëlle Jean, devenue, selon le député Gérard Deltell, «un embarras».

Du côté de Québec, le premier ministre Philippe Couillard a déjà signalé qu’il misait sur Michaëlle Jean. Il l’a réitéré dimanche au sommet du G7 à La Malbaie.

Il a toutefois argué qu’il faudra «observer la situation africaine», car «la présence éventuelle d’une candidature africaine consensuelle aurait certainement un impact sur le cours des choses».

À la Coalition avenir Québec (CAQ), le chef François Legault a fait savoir en mai qu’il n’endossait aucune des deux prétendantes au poste et plaidé qu’un «vrai débat sur la transparence et sur le contrôle des coûts» s’imposait.

Le mandat de la Canadienne née à Port-au-Prince, en Haïti, vient à échéance dans quatre mois. L’élection pour le poste de secrétaire général aura lieu dans la capitale arménienne, les 11 et 12 octobre.

La lutte est déjà bien entamée, et Michaëlle Jean a infligé, la semaine dernière, un crochet aux médias qui ont publié des reportages sur ses dépenses à l’OIF.

Elle a publié une lettre ouverte dans laquelle elle accuse certaines organisations médiatiques, qui seraient d’après elle mues par des intérêts partisans et idéologiques, de mener contre elle une campagne de salissage.

L’ancienne journaliste ne les identifie pas, mais elle cible clairement les médias de Québecor, qui ont consacré une série de reportages à ses dépenses.

Francophonie

Un portrait des services de santé en français

Le Réseau des services de santé en français de l’Est de l’Ontario (RSSFE) est en voie de dresser le premier portrait de l’offre des services dans la langue de Molière à l’échelle de la province.

Le portail OZi a été lancé en février dernier dans les 1550 fournisseurs de services de santé financés par les 14 Réseaux locaux d’intégration des services de santé (RLISS) de l’Ontario. Cet outil a collecté les données sur les capacités du système de santé à offrir des services en français et dès septembre les premiers rapports seront dévoilés.