L'archéologue Ian Badgley

Fouilles archéologiques à Gatineau: environ 1000 ans d'histoire disparus à cause des inondations

Une tête de flèche, un grattoir, un pendentif et des morceaux de céramiques, voici un échantillon des artefacts qui ont été découverts sur le chantier de fouilles archéologiques du parc du Lac-Leamy samedi.

Selon l'archéologue Ian Badgley, la plupart de ces objets trouvés par une dizaine de bénévoles datent d’au moins un, voire deux millénaires.

« Il y a environ 2000 ans, plusieurs milliers de personnes ont occupé en même temps ces sites archéologiques. C’était un lieu de rassemblement, de communication et d’échanges. On échangeait des informations et des matières premières, on renouvelait les relations et on cherchait même pour des époux et épouses, explique-t-il. Des voyageurs qui provenaient du lac Supérieur, de la baie d’Hudson, d’Ohio et d’Illinois se sont posés ici. Le tout a commencé environ il y a 6000 ans, mais ça s’est vraiment développé il y a environ 2000 ans. »

En organisant cette fouille publique à l'occasion du mois de l'archéologie, la Commission de la capitale nationale avait deux objectifs en tête : sensibiliser le public à l’importance de l’archéologie et sauver les ressources archéologiques.

« C’est une responsabilité collective de gérer les ressources archéologiques de la bonne façon, clame Ian Badgley. Il y a toujours une forte érosion ici et jusqu’à maintenant, on a déjà perdu jusqu’à 1000 ans d’histoire sur ce site, notamment à cause de l’érosion et des inondations. On demande au public de nous aider à récupérer et à sauver la connaissance archéologique. »

Les visiteurs ont également pu assister à une cérémonie organisée par la communauté des Premières Nations algonquines Kitigan Zibi Anishinabeg et de Pikwakanagan ayant pour thème la conversation culturelle sur la présence ancestrale.

« C’est surtout important pour les communautés des Premières Nations parce qu’on parle de leurs ancêtres ici », indique l’archéologue qui pratique ce métier depuis une cinquantaine d’années.

Cinq étudiants étaient également sur place pour travailler en compagnie de M. Badgley cette année. Parmi eux, Jenna Lanigan, une étudiante originaire de la Première Nation Pikwakanagan, complète actuellement un baccalauréat en biologie à l’Université d’Ottawa.

« Pour moi l’archéologie c’est une façon de connaître l’histoire de ma famille et de savoir d’où je viens, dit-elle. J’ai vu une opportunité et c’était vraiment important pour moi d’en apprendre plus sur mes ancêtres. »

« L’archéologie c’est notre patrimoine. C’est la connaissance du passé, des différentes façons de vivre et d’exister », ajoute M. Badgley.

L’année dernière, plus de 24 000 artefacts ont été recueillis, indique l'archéologue.