Un résident de l'île Mercier, près de Montréal, en mai dernier.

Forum inondations 2017: «Il faut mieux se préparer»

Parce que l’on sait qu’il y aura d’autres crues des eaux importantes au Québec, il faut trouver dès maintenant des moyens de mieux se préparer pour réduire les dégâts et les coûts humains, a déclaré vendredi le ministre de l’Environnement, David Heurtel, au premier jour du forum sur les inondations qui se tient à Montréal.

L’événement, qui se poursuit samedi, a été organisé par le gouvernement du Québec, quelques mois après les pénibles inondations qui ont eu lieu au printemps 2017. Le maire de Gatineau, Maxime Pedneaud-Jobin, siège d’ailleurs à la table principale du forum, à titre de président du Caucus des grandes villes de l’Union des municipalités du Québec (UMQ). Rappelons que Gatineau a été la municipalité la plus touchée au Québec par les récentes inondations. Plus du tiers des évacués québécois étaient Gatinois, soit près de 1400 cas à Gatineau sur 4000 au Québec. Près de 2200 résidences ont été touchées par les crues à Gatineau.

L’idée du forum est d’ailleurs née au plus fort de ces inondations qui ont été «beaucoup plus intenses que ce à quoi on est habitués au Québec», a expliqué le ministre en entrevue. Et il faut se préparer aux prochaines, juge-t-il : «on voit qu’il y a un lien qu’il faut faire, et qui est non négligeable, avec les changements climatiques».

La science citoyenne

Peu avant la fin de la première journée du forum, le ministre a dit avoir été marqué par trois constats : l’idée de mieux communiquer aux citoyens qui vivent en zone inondable les réels risques, l’occasion de revoir la planification du territoire — et de trancher s’il est opportun de reconstruire ou non au même endroit, ainsi que l’importance d’investir en prévention.

«Il faut bien expliquer que le coût de ne rien faire, de laisser les choses aller et de toujours être en réaction est, de loin, beaucoup plus élevé que d’investir en prévention», fait-il valoir.

Le maire de Gatineau a aussi insisté, en entrevue avec Le Droit, sur le fait que l’expertise des citoyens est cruciale dans ce genre de catastrophe et qu’il faudrait reconnecter les scientifiques avec les populations locales.

«Ce que je retiens, aussi, c’est qu’on a beaucoup parlé de l’expertise des citoyens. Et ça, moi, je l’ai vu durant la crise : les citoyens connaissent leurs quartiers. [...] Donc, un des messages, c’est que pour toute intervention préventive, on doit parler aux gens et ça va faire qu’on va prendre de meilleures décisions. Moi, ça me rassure d’entendre ça, parce que nous, au niveau de la Ville, on le sait. [...] Il y a même un chercheur qui a parlé de science citoyenne.»

Les inondations de 2017 ont été l’occasion de certaines critiques envers le gouvernement Couillard. De nombreux sinistrés ont déploré la lenteur du gouvernement à les aider, notamment par des indemnisations. Des interdictions de reconstruire des habitations situées en zone inondable ont aussi été décrétées par Québec, mais ont suscité l’indignation de certains citoyens.

Avec Jacques-Normand Sauvé, Le Droit