Fonction publique

Une pause pour la fonction publique

TORONTO — Le premier ministre désigné de l’Ontario, Doug Ford, ordonne dès maintenant un gel de l’embauche dans la fonction publique, pendant qu’il prend la mesure des finances de la province dans le but de réduire éventuellement les dépenses du gouvernement.

Selon un porte-parole de M. Ford, le chef du Parti progressiste-conservateur a également ordonné aux responsables des ministères d’annuler les services auxquels ils sont abonnés et de restreindre les déplacements à l’extérieur de la province.

Politique

Blitz de recrutement dans la fonction publique québécoise

Le Conseil du trésor lancera un blitz de recrutement dans la fonction publique québécoise. À l’instar du secteur privé, celle-ci a pas mal d’emplois à pourvoir.

Cette opération d’«appel de candidatures» se déroulera du 7 au 19 juin. Elle permettra de qualifier des candidats afin de pourvoir 1500 postes actuellement vacants dans les trois corps d’emploi suivants : «agent de recherche et de planification socio-économique», «analyste des procédés administratifs» et «attaché d’administration».

Les candidats auront à se qualifier une seule fois pour être inscrits dans les trois «banques» correspondant à ces catégories. Ils «pourront ensuite être repérés par les ministères et organismes selon leur profil et les emplois disponibles», explique-t-on. C’est la première fois que le gouvernement québécois procède de cette manière.

Les titres des trois corps d’emploi mentionnés correspondent aux nomenclatures de la fonction publique québécoise. Plus concrètement, ses besoins sont particulièrement importants dans les domaines de la gestion de projets, de l’administration et des finances, du développement et de l’évaluation des programmes, de l’économie, des statistiques et de la recherche. 

Le Conseil du trésor note que les emplois réguliers et occasionnels à pourvoir se trouvent majoritairement dans les régions de la Capitale-Nationale et de Montréal. Mais que plusieurs se trouvent ailleurs au Québec. À l’interne, on précise que pour le Nord-du-Québec, l’Abitibi-Témiscamingue et la région Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine, il est plus difficile de recruter, notamment parce que le bassin de candidats est plus limité.

Stratégie 2018-2023

Cette opération vient illustrer la trame de fond de la Stratégie de gestion des ressources humaines 2018-2023 du gouvernement du Québec, que Le Soleil a révélée récemment; celle du besoin de main-d’œuvre.

«La fonction publique doit se démarquer comme employeur», postule dans un texte d’introduction le président du Conseil du trésor, Pierre Arcand.

Le gouvernement prévoit qu’au cours des cinq prochaines années, quelque 15 000 postes réguliers seront à pourvoir dans la fonction publique québécoise.

Un volet de la Stratégie se penche sur la situation de ses 3200 cadres, car 23 % d’entre eux pourraient prendre leur retraite d’ici 2022. Dans le cas des «cadres de niveau supérieur», ce pourcentage est plus élevé encore. Il est estimé à 28 %.

Parallèlement, d’ici la fin de l’année 2023, le gouvernement du Québec compte doubler la présence des membres des communautés visibles et ethniques au sein de ses effectifs. L’objectif est d’atteindre une «cible de représentativité de 18 % afin de refléter davantage la réalité québécoise».

La fonction publique québécoise est le plus gros employeur au Québec. Ses quelque 60 000 salariés se répartissent dans une vingtaine de ministères et dans une soixantaine d’organismes.

Pour plus d'informations : carrieres.gouv.qc.ca/archives-des-actualites/actualite/detail/la-fonction-publique-sapprete-a-recruter-des-professionnels/

Politique

Phénix: un «échec incompréhensible» et une «gestion médiocre»

OTTAWA — Libéraux et conservateurs se sont mutuellement jeté le blâme pour les ratés du système de paie Phénix après la publication, mardi, d'un rapport accablant du vérificateur général du Canada.

Michael Ferguson signale que le logiciel n'a pas été testé avant sa mise en oeuvre pour savoir s'il était prêt à être utilisé.

«Il était évident que ce système n'allait pas fonctionner et générer les économies promises», a-t-il constaté en conférence de presse en ajoutant que le gouvernement doit tenter de comprendre ce qui doit changer dans sa culture.

Phénix devait générer des économies annuelles de 70 millions $ après sa mise en oeuvre.

L'Alliance de la fonction publique, dont 100 000 membres vivent toujours des problèmes de paie, exige une enquête publique à l'échelle nationale pour faire toute la lumière sur ce fiasco.

«Comment se fait-il? Qui a décidé malgré toutes les recommandations, les signaux d'alarme qui ont été envoyés par les parties intéressées, qu'on aille quand même de l'avant», a demandé sa vice-présidente exécutive nationale, Magali Picard.

«On n'a pas le nom des responsables, a-t-elle continué. On n'est donc pas à l'abri qu'une situation comme celle-là se reproduise dans le futur.»

Dans son deuxième rapport sur les ratés de Phénix, le vérificateur général écorche le ministère des Services publics et Approvisionnement du Canada. Les trois cadres du ministère responsables de la mise en oeuvre du système de paie n'ont pas fourni «une information complète et exacte» aux sous-ministres. Ils ont même annulé un projet pilote pour tester le système dans un ministère, ce qui aurait pu éviter le fiasco que l'on connaît aujourd'hui.

«Nous avons conclu que le projet Phénix a été un échec incompréhensible de gestion et de surveillance de projet. Les cadres responsables de Phénix ont donné la priorité à certains aspects, comme les limites du budget et le calendrier, au détriment d'autres aspects essentiels tels que la fonctionnalité et la sécurité», écrit-il.

La décision de donner le feu vert était donc «déraisonnable», juge le vérificateur général, d'autant plus que Services publics et Approvisionnement Canada n'a pas tenu compte des mises en garde émises par le Centre de paie de Miramichi.

Cette erreur a coûté jusqu'à maintenant des centaines de millions de dollars au gouvernement. Un premier rapport du vérificateur général en novembre soulignait que les 540 millions $ prévus pour régler les problèmes du système de paie Phénix seraient nettement insuffisants et il faudra des années pour en venir à bout.

Le gouvernement a depuis fait savoir qu'il abandonnerait le logiciel.

Des dizaines de milliers de fonctionnaires fédéraux vivent toujours des problèmes de paie importants avec tout le stress que cela comporte. Le système de paie a entraîné des milliers de cas de trop-payés et d'employés qui ont cessé d'être payés pendant des semaines, voire des mois.

Un fait d'autant plus troublant que Phénix a été mis en oeuvre «sans être pourvu des fonctions essentielles au traitement de la paie», note M. Ferguson.

Services publics et Approvisionnement Canada a également omis de consulter les ministères touchés durant la phase de développement du logiciel pour s'assurer qu'il répondait à leurs besoins.

Résultat : le système Phénix s'est avéré inefficace et plus coûteux que l'ancien système de paie qui était en place depuis 40 ans pour traiter la rémunération des 290 000 fonctionnaires fédéraux.

Pas de boni

Aucun des trois cadres responsables n'a reçu de prime de rendement pour gérer les ratés de Phénix, a assuré le secrétaire parlementaire de la ministre de l'Approvisionnement, Steven MacKinnon, en conférence de presse.

«Le gouvernement précédent a imposé la culture dont on parle abondamment, a imposé cette exigence-là d'économiser des dizaines de millions de dollars, de renvoyer des centaines de fonctionnaires et de défaire en quelque sorte la capacité du gouvernement de payer ses propres fonctionnaires», a-t-il dit.

«C'est à eux que j'attribue le blâme et qui doivent porter l'odieux de la situation», a-t-il ajouté.

La ministre Qualtrough s'est, quant à elle, dite satisfaite des mesures qui ont été prises envers ces employés sans toutefois en préciser la nature ni révéler leur identité.

Les conservateurs veulent faire témoigner ces trois cadres en comité parlementaire. Ils blâment le gouvernement Trudeau pour avoir donné le feu vert à la mise en oeuvre du système.

«Notre gouvernement a fait ce qu'il fallait, a exercé les contrôles suffisants sur un projet compliqué qui faisait l'objet de mises en garde et c'est ce que les libéraux n'ont pas fait», s'est défendu l'ex-président du Conseil du Trésor sous le gouvernement Harper, Tony Clement.

Dans son rapport, le vérificateur général émet cinq recommandations, dont celle de créer un mécanisme de surveillance pour les projets informatiques de grande envergure. Le ministère de l'Approvisionnement et des Services publics et le Secrétariat du Conseil du Trésor les ont toutes acceptées.

Fonction publique

Café des fonctionnaires: une bataille juridique corsée

On ne badine pas avec la vente de café aux milliers de fonctionnaires fédéraux regroupés au centre-ville de Gatineau, révèle un récent jugement de la Cour supérieure.

Demande d’injonction, demande en garantie, clause d’exclusivité et loyers impayés s’entremêlent dans une décision rendue récemment dans le district de Montréal qui tourne autour de la vente de café à « quelque 8700 employés du gouvernement fédéral ».