Le sénateur Percy Mockler (centre), la sénatrice Mobina Jaffer et le sénateur Andre Pratte se sont adressés aux médias, mardi, afin de présenter leur rapport sur le système de paie Phénix.

Phénix: impayée en raison d’une fausse dette

Le système de paie Phénix continue de causer des ennuis, voire de la détresse, au sein de la fonction publique fédérale, comme le rappelait cette semaine le comité des finances nationales du Sénat.

Pour une employée de Service Canada, ça a notamment signifié plusieurs mois sans être rémunérée en plus d’avoir une dette envers le gouvernement dans son dossier, même si la réalité est complètement l’inverse.

Pour Marie-Ève Ricard, les ennuis ont commencé en novembre dernier alors qu’elle effectuait un retour chez Service Canada après avoir quitté en août 2016.

« Quand je suis revenue, toutes mes payes étaient saisies, de novembre 2017 jusqu’en avril 2018 », affirme la fonctionnaire basée à Saint-Jérôme.

Suite à son départ en 2016, Phénix a continué d’ajouter des heures travaillées au dossier de Mme Ricard, créant un faux trop-payé d’un peu plus de 44 000 $. De ce montant, environ le quart s’est réellement rendu dans son compte bancaire.

« Quand ils ont continué à me payer entre mon départ volontaire d’août 2016 à décembre 2017, j’estime ce montant-là à 11 000 $. Ces sous-là, je les ai mis de côté. [...] Ce vrai trop-payé, il n’est pas encore dans leur système, mais je leur ai dit : ‘je vous dois ça’ », explique Marie-Ève Ricard.

En plus de la rémunération non reçue de novembre à avril, la fonctionnaire n’a jamais reçu la paye de vacances qui lui était due en août 2016. « Quand j’appelais à Phénix pour recevoir ma paye de vacances, on me disait que dans le système, j’étais marquée comme retraitée. C’est parce que... j’ai 32 ans », ironise Mme Ricard.

Son T-4 pour l’année 2016 a également été modifié à quatre reprises au cours des derniers mois. Chaque fois, ça occasionne des frais à débourser tant chez Revenu Québec qu’à l’Agence du revenu du Canada pour la mise à jour de son dossier.

Dur pour le moral

À son retour chez Service Canada, alors qu’aucun salaire ne lui était versé, Marie-Ève Ricard a complété une demande prioritaire de paiement par mois, de janvier à mars. Ces versements comportaient des erreurs et au moins l’un d’eux a été émis avec deux semaines de retard.

Durant cette période, la fonctionnaire dit avoir traversé l’une des périodes les plus difficiles de sa vie, souffrant notamment d’une crise d’angoisse pour la première fois de sa vie.

« Par chance, je suis quelqu’un de forte. J’ai une bonne santé physique, j’ai une bonne santé mentale, mais c’est sûr que ça nous affecte. Je n’imagine pas ceux qui sont fragiles en plus. [...] Pour que ça m’affecte, c’est parce que c’est gros. Je fais tout ce que je peux, je prends tout en note, mais c’est plus grand que nous. Malheureusement, je ne vois vraiment pas le jour où ça va pouvoir se régler. »