Le vice-président exécutif régional de l’AFPC, Greg McGillis (à l’avant) a participé à une manifestation en compagnie de travailleurs de la fonction publique.

Phénix: «Il est temps que ça se règle»

Alors que débute la troisième ronde de négociations avec le Conseil du Trésor pour le renouvellement des conventions collectives et que les ratés du système de paye Phénix se poursuivent, des fonctionnaires fédéraux ont fait du piquetage autant à Ottawa qu’à Gatineau mardi.

L’activité, menée par l’Alliance de la fonction publique du Canada (AFPC), a permis de distribuer des tracts au public et aux travailleurs de l’État pour les sensibiliser à la situation. 

Intitulés Toujours là pour vous, les feuillets d’information visent à rappeler que les fonctionnaires méritent une « entente équitable ». Le syndicat martèle que ses membres continuent à offrir quotidiennement des services essentiels à la population en dépit des innombrables problèmes que leur cause Phénix depuis 2016. 

Lors des deux premières rondes de pourparlers en juillet et octobre derniers, malgré des « propositions concrètes sur la table », l’AFPC souligne que l’employeur « n’a pas fait preuve du même sérieux et n’a pas montré un réel désir d’avancer ». Également, aucune contre-proposition n’a été faite, déplore-t-on. 

Dans ce contexte, le syndicat affirme qu’à moins d’un an des prochaines élections, le gouvernement Trudeau a la chance de prendre la balle au bond. 

« C’est là qu’on va savoir si le gouvernement veut vraiment négocier, c’est dans son intérêt de le faire. Presque trois ans après le début de Phénix, il y a encore plus de 500 000 cas d’arriérés. Chaque mois, la moitié de la fonction publique est affectée. Depuis le tout début, 80 % des membres ont eu des problèmes. Il est temps que ça se règle. [...] La patience de nos membres a des limites. Au minimum, le gouvernement devrait négocier, sinon il va falloir qu’on prenne d’autres actions », de dire le vice-président exécutif régional de l’AFPC, Greg McGillis.

Le nombre de cas d’arriérés diminue d’à peu près 2000 par mois à l’heure actuelle.

« C’est au compte-gouttes. À ce rythme, ça prendrait une trentaine d’années pour régler la situation », dénonce le leader syndical. 

L’AFPC affirme aussi que le fédéral doit cesser d’obliger les fonctionnaires à rembourser le montant brut des sommes reçues en trop par erreur, dédommager les employés pour les torts causés par ce « fiasco » et présenter aux membres un plan, assorti d’un échéancier, pour mettre un point final à la saga Phénix. 

« On sait qu’ils travaillent sur un autre système, mais le problème c’est que ça prend beaucoup d’analyse et de recherche. Leur première erreur, au départ avec Phénix, c’est justement de ne pas l’avoir fait », dit-il.

M. McGillis soutient en parallèle que le syndicat demande à ce qu’une clause puisse être établie afin que les fonctionnaires qui dénoncent publiquement leurs problèmes liés à Phénix ne subissent pas de représailles. 

En ce qui a trait aux autres revendications liées à la prochaine convention collective, le syndicat réclame entre autres une hausse salariale de 3,75 % par an pour la période 2018-2020, une prolongation de la période de congé parental de 37 à 63 semaines, une limite au recours aux agences de placement temporaire et des indemnités bonifiées.