Le greffier du Conseil privé, Michael Wernick, a officiellement quitté son poste, jeudi.

Michael Wernick fait ses adieux

Le greffier du Conseil privé, Michael Wernick, a fait ses adieux jeudi à plus de 200 000 fonctionnaires fédéraux qu’il dirigeait jusque-là.

M. Wernick avait annoncé à la mi-mars qu’il quitterait son poste de plus haut fonctionnaire de l’État avant la campagne électorale de l’automne.

Dans sa lettre de démission au premier ministre, le 18 mars, il expliquait qu’ « une des principales responsabilités du Bureau du Conseil privé est de soutenir le gouvernement que les Canadiens auront élu au mois d’octobre ».

Or, à la suite de son témoignage controversé aux Communes sur l’affaire SNC-Lavalin, il lui était devenu apparent qu’il lui serait « impossible d’avoir une relation de confiance et de respect mutuels avec les chefs de partis de l’opposition ».

Dans son « message d’adieu aux fonctionnaires », publié jeudi, le greffier du Conseil privé indique à quel point il a été fier d’occuper cette fonction et rappelle à ses collègues fonctionnaires qu’ils jouent un rôle important.

« Pour assurer la réussite de notre merveilleux pays, il nous faut une fonction publique non partisane, fidèle à ses valeurs, fondée sur des faits et des données scientifiques, et motivée par une quête insatiable d’apprendre, de s’adapter et de se renouveler », soutient M. Wernick. « Défendez vos valeurs et veillez les uns sur les autres. Le monde a besoin de plus de Canada, et le Canada a besoin de vous. »

Les partis de l’opposition avaient exigé la démission de M. Wernick lorsqu’il a nié, dans son témoignage devant un comité des Communes, avoir fait pression sur l’ancienne procureure générale Jody Wilson-Raybould pour qu’elle force des procureurs à conclure un accord de poursuite suspendue avec SNC-Lavalin.

La firme montréalaise de génie civil est accusée de corruption - elle aurait reçu des pots-de-vin pour décrocher des contrats en Libye.

L’opposition a estimé que dans son témoignage devant le Comité de la justice des Communes, M. Wernick avait fait preuve d’une partisanerie indigne d’un mandarin de l’État qui devrait se tenir au-dessus de la mêlée politique.

Mme Wilson-Raybould a également accusé M. Wernick de l’avoir « menacée de manière voilée » de perdre son poste de ministre de la Justice et procureure générale si elle ne cédait pas aux pressions ; elle a ensuite rendu public l’enregistrement d’une conversation avec le greffier du Conseil privé.

Michael Wernick avait été nommé en 2016 peu de temps après l’élection des libéraux de Justin Trudeau. Des sources au sein de l’appareil gouvernemental avaient déjà indiqué qu’il souhaitait prendre sa retraite il y a un an, mais qu’on l’avait persuadé de demeurer en poste.

C’est un haut fonctionnaire de carrière, Ian Shugart, qui dirigera le Bureau du Conseil privé — le « ministère du premier ministre ».

M. Shugart est un vieux routier de la fonction publique fédérale : au cours des dix dernières années, il a été sous-ministre de l’Environnement, sous-ministre de l’Emploi et du Développement social et, depuis 2016, sous-ministre des Affaires étrangères.