Plusieurs centaines de personnes marchent dans les rues d'Ottawa pour dénoncer les coupures de service à Postes Canada.

Les postiers se font entendre au centre-ville

Plusieurs centaines de personnes ont défilé au centre-ville d'Ottawa, dimanche après-midi, pour dénoncer la fin de la livraison du courrier à domicile.
La manifestation, bruyante, s'est déroulée dans une relative bonne humeur. Elle a pris son envol peu après 13 h, au parc Dundonald, non loin de la colline parlementaire. Scandant «Sau-sau-sau, sauvons Postes Canada!», les protestataires se sont ensuite tranquillement dirigés vers l'édifice Langevin, où se trouve le bureau du premier ministre Stephen Harper.
Dans la foule, plusieurs portaient l'uniforme officiel de Postes Canada ou brandissaient des pancartes aux couleurs du Syndicat des travailleurs et travailleuses des postes (STTP).
Les postiers ont également reçu des renforts d'un peu partout au pays. Luc Léopaul, représentant syndical d'UNIFOR chez Bombardier, était du nombre. «Nous sommes ici pour défendre la cause des travailleurs et du public», dit-il. «La poste est un service public qui doit être accessible à tous. Nous craignons pour les aînés et les gens à mobilité réduite.»
«Pour plusieurs (personnes âgées), le passage du facteur, c'est la seule visite de la journée», ajoute le président de la section locale de l'Outaouais québécois du STTP, Marc Roussel. «On passe et on crée des liens. Pour eux, c'est de la sécurité de savoir que le facteur passe tous les jours.»
La députée néo-démocrate de Gatineau, Françoise Boivin, estime que la fin de la livraison du courrier à domicile crée des remous dans son comté. «Depuis l'annonce de Postes Canada juste avant les Fêtes, [...] on a reçu plusieurs coups de téléphones. Pas seulement des facteurs, mais de la population en général.»
L'abolition de Postes Canada, source d'inquiétude
Comme bien des manifestants présents dans la capitale dimanche, M. Léopaul craint que l'abolition de la livraison à domicile soit le premier pas vers une privatisation des postes. «C'est ce que nous voulons éviter», dit-il.
Quant à lui, le député néo-démocrate d'Ottawa-Centre, Paul Dewar, accuse ouvertement le gouvernement conservateur de vouloir privatiser la société d'État. «Le plan (des conservateurs) est très clair. C'est une décision purement idéologique pour eux.»
La mobilisation de dimanche, si elle est soutenue, contribuera à faire reculer le gouvernement sur l'avenir de Postes Canada, estime toutefois sa collègue Boivin. «[Une manifestation] de cette ampleur, un jour extrêmement froid, où on aurait toutes les excuses de rester à la maison, c'est extrêmement motivant.»
Les changements proposés par le pdg de Postes Canada, Deepak Chopra, vont faire mal à bien des gens et des entreprises, poursuit M. Dewar. Il accuse également M. Chopra de créer un faux dilemme sur la question de la modernisation: «Les habitudes des Canadiens changent, bien sûr. Mais Postes Canada se transforme déjà - et en tire de bons revenus.»