Larry Rousseau, qui occupe le poste de vice-président exécutif régional de l'AFPC depuis juin 2011, se présente à nouveau à son poste.

Les négociations avec le fédéral au point mort

La première semaine de négociations entre l'Alliance de la fonction publique du Canada (AFPC) et le Conseil du Trésor s'est terminée comme elle avait commencé: dans le désaccord. Les deux parties prendront maintenant une pause pendant la période estivale et reprendront les pourparlers à la mi-septembre.
Le dossier du régime de congés de maladie et de l'assurance-invalidité, qui reste l'élément prioritaire pour le gouvernement dans cette ronde, n'a pas vraiment avancé. L'AFPC maintient que la stratégie du gouvernement de vouloir tenir des «consultations» plutôt que des «négociations» sur ces éléments est «inacceptable».
«Le Conseil du Trésor et Tony Clement tenaient à faire une consultation concernant les congés de maladie et l'assurance-invalidité. Mais nous avons insisté pour dire que nous n'étions pas en consultation, mais plutôt en négociations. Et le gouvernement le savait très bien puisque les rencontres de négociations étaient prévues depuis des mois. Cette semaine, le Conseil du Trésor a fait une présentation, mais à ce jour, il n'y a eu aucune proposition du gouvernement en ce qui concerne le régime de congés de maladie dans le cadre des négociations», a expliqué Larry Rousseau, vice-président exécutif de l'AFPC de la région de la capitale nationale.
Lundi, l'AFPC a d'ailleurs déposé une plainte pour pratique déloyale contre le Conseil du Trésor auprès de la Commission des relations de travail dans la fonction publique.
Le gâteau déjà «tout cuit»
Selon M. Rousseau, c'est comme si le gouvernement avait déjà tout décidé et il essaie maintenant de modifier unilatéralement le régime de congés de maladie. «Le Conseil du Trésor cherche à induire le public et les fonctionnaires en erreur», fait-il valoir.
C'est comme si le gouvernement avait décidé lui-même de la recette et des ingrédients du «gâteau», et qu'il demande maintenant aux syndicats de goûter à son «gâteau déjà tout cuit» pour savoir s'il est bon, poursuit-il.
«Nous ne sommes pas des idiots. Dans une négociation, ce n'est pas comme cela que ça se passe. Nous avons des négociateurs chevronnés qui font bien attention à ce genre de choses. Sans doute que le gouvernement espérait faire passer le tout dans le cadre de consultations pour faire accepter son régime unilatéralement en dehors de la négociation», souligne M. Rousseau.
De récents changements à la loi sur les relations de travail font en sorte que le gouvernement ne peut imposer des changements à la rémunération, notamment, que lorsque les syndiqués se retrouvent en grève.
L'AFPC a tout de même profité des rencontres pour déposer plusieurs demandes visant à améliorer les milieux de travail, et d'autres éléments pour améliorer leurs conditions de travail.
Les demandes touchant les salaires font toujours partie des derniers éléments de la négociation et les deux parties n'ont pas encore abordé ces questions, a expliqué M. Rousseau.
Plus de 102 000 membres de l'AFPC sont visés par ces négociations, le plus important groupe étant celui des PA (administration des programmes) avec 77 000 syndiqués.
L'AFPC n'est pas le seul syndicat à dénoncer les moyens utilisés par le Conseil du Trésor dans ce dossier. Au début juin, l'Association canadienne des employés professionnels, syndicat de 12 000 économistes et analystes, avait aussi déploré la stratégie du gouvernement.