Selon le syndicat, les mesures répressives contre la criminalité du gouvernement Harper ont pour conséquence la surpopulation des pénitenciers.

Les agents correctionnels déposent leurs demandes

La période estivale ne sera pas de tout repos pour les agents négociateurs représentant les fonctionnaires fédéraux, déjà prêts à se lancer dans la prochaine ronde avec le gouvernement fédéral.
Jeudi, les 7500 agents correctionnels fédéraux qui travaillent dans 50 prisons à travers le pays ont dévoilé leurs demandes en vue du renouvellement de leur convention collective signée en novembre2013, soit il y a à peine 240 jours.
Pour leur part, les équipes de négociation de l'Alliance de la fonction publique du Canada, représentant les syndiqués des groupes PA, FB, TC, SV et EB (plus de 102000 syndiqués) sont attendues à Ottawa du 7 au 11 juillet, pour entreprendre les pourparlers avec le Conseil du Trésor.
Le Syndicat des agents correctionnels du Canada (UCCO-SACC-CSN) est l'un des 27 groupes avec lesquels le gouvernement doit négocier cette année. Déjà, le gouvernement Harper a indiqué que le régime de congés de maladie et d'invalidité à court terme ferait partie des principales demandes patronales lors de cette ronde.
Comme il l'avait fait pour plusieurs conventions venant à échéance cette année, l'employeur avait déposé l'avis de négociation au syndicat des agents correctionnels le 17 février dernier. C'était la première fois que l'employeur était le premier à déposer cet avis.
Les agents correctionnels ont tenu hier divers rassemblements de type tailgate, dans plusieurs villes du pays, pour souligner le début de ces négociations et rappeler que le dernier contrat de travail a été signé il y a moins d'un an.
Être agent, «une vocation»
«Être agent correctionnel, ce n'est pas seulement un titre d'emploi, c'est une vocation, a fait valoir le président syndical, Kevin Grabowsky. Nos membres sont fiers de contribuer à la sécurité publique du Canada. Cependant n'eut été de la détermination de nos membres dans les deux dernières rondes de négociation pour obtenir des outils adéquats et des conditions de travail décentes, la notion même de sécurité dans les prisons aurait été caduque.»
Selon le président Grabowsky, les agents correctionnels n'auraient pas non plus réussi à assurer leur propre sécurité alors que les mesures répressives contre la criminalité du gouvernement Harper ont pour conséquence la surpopulation des pénitenciers et l'augmentation du nombre de cas de violence envers les agents correctionnels.
Les demandes syndicales des agents correctionnels incluent une augmentation salariale de 8,1% sur trois ans, l'armement de toutes les escortes de détenus à partir des établissements multiniveaux médiums et maximums, de même que l'inclusion des instructeurs dans l'unité d'accréditation syndicale d'UCCO-SACC-CSN. Le droit aux repas et pauses repas que les agents soient en escorte ou en heures supplémentaires, la majoration de l'indemnité en fonction de l'ancienneté et une amélioration des vacances et diverses primes font aussi partie de la liste pour cette ronde.
Soulignons que l'équipe de l'Association des juristes de justice (2700 membres) a amorcé les négociations il y a plusieurs semaines avec le gouvernement. Du côté de l'Institut professionnel de la fonction publique du Canada, la plupart des contrats ne viendront à échéance qu'à la fin de l'année.