Le gouvernement «terrorise» les fonctionnaires

Le nombre de congédiements pour «incompétence ou incapacité» au sein de la fonction publique est déjà «énorme», observe l'Alliance de la fonction publique du Canada (AFPC). Pour le syndicat, cela démontre que le gouvernement a fait un «show de boucane» en annonçant qu'il allait rendre l'évaluation de rendement obligatoire à compter d'avril.
«Soixante-dix congédiements pour la seule année 2012-2013, c'est énorme, car le but d'un examen de rendement devrait être de permettre aux employés de rencontrer les normes, en leur offrant de la formation d'appoint et les outils nécessaires pour faire leur travail. Mais pour ce gouvernement, c'est plutôt une autre façon de congédier plus d'employés» a commenté Magali Picard, vice-présidente exécutive régionale de l'AFPC au Québec.
Surcharge de travail
Pour la dirigeante de l'AFPC, le message que le gouvernement souhaite transmettre par l'annonce de sa directive est «que les nombreux délais dans les services résultent non pas des compressions et des abolitions de postes, mais plutôt de la mauvaise performance au travail des fonctionnaires». Mais, dit-elle, il y a des limites à ce qu'une personne peut prendre alors que le gouvernement demande à ses employés de «faire des miracles».
«Dans les milieux de travail, les gens gèrent les délais - jusqu'à quatre mois pour émettre un chèque de pension de vieillesse - et les citoyens sont en colère. Mais le gouvernement veut nous laisser croire que ces délais sont dus aux employés non productifs. Avec les compressions, on terrorise les gens en leur demandant d'en faire deux, trois fois plus. Et en plus de la surcharge de travail, on vient leur resserrer la vis en les menaçant qu'ils seront congédiés s'ils ne livrent pas. Il y a une limite à ce qu'une personne peut prendre, et avec les compressions, on demande des miracles aux travailleurs. Nos membres n'avaient pas vraiment besoin de cela», a conclu la vice-présidente de l'AFPC-Québec.