Les syndicats poursuivent leur action de contestation en déposant un véritable déluge de griefs concernant le système Phénix.

Le déluge de griefs sur Phénix se poursuit

Alors que le gouvernement fédéral n’est pas en mesure de respecter les délais pour la mise en œuvre des conventions collectives de ses employés, les syndicats poursuivent leur action de contestation en déposant un véritable déluge de griefs.

S’il est difficile de faire le compte exact de tous les griefs de principe et individuels déposés jusqu’à maintenant par tous les syndicats du secteur public fédéral, leur nombre risque littéralement d’exploser alors que les problèmes liés au système de paie Phénix s’alourdissent.

L’Alliance de la fonction publique du Canada avait déposé une plainte auprès de la Commission des relations de travail et de l’emploi au nom de ses 100 000 membres après l’annonce du Conseil du Trésor qu’il ne pourrait mettre en œuvre les conventions collectives des groupes PA, SV, TC et EB dans les délais établis. La date limite de 150 jours pour la mise en œuvre des conventions collectives, signées le 14 juin, n’a pas été respectée.  

À l’Institut professionnel de la fonction publique du Canada, des griefs de principe ont été déposés cet automne contre l’employeur pour non-respect de l’échéance de mise en œuvre des clauses de la convention collective pour cinq groupes de syndiqués, SP, CS, SH, RE et AV.

Des plaintes de pratique déloyale de travail ont également été présentées à la Commission des relations de travail et de l’emploi du secteur public fédéral (CRTESPF) pour avoir manqué l’échéance de mise en œuvre des clauses de la convention collective pour les groupes SP et AV. Des plaintes seront aussi déposées prochainement pour les groupes RE, CS et SH, a-t-on appris.

Des griefs par millier

Lors de sa dernière assemblée générale annuelle, la présidente de l’Institut professionnel, Debi Daviau, avait incité les membres « à bombarder » les ministères de griefs individuels pour manifester leur mécontentement et être payés à temps et correctement pour leur travail. Une trousse spéciale a été préparée à l’intention des membres pour cette démarche. 

« Les agents de relations de travail de l’IPFPC ont, à eux seuls, déposé au nom de membres s’estimant lésés par le système de paye de Phénix plus d’un millier de griefs.

Toutefois, nous estimons qu’une quantité plus importante de griefs ont été déposés par le biais des délégués syndicaux puisque la première étape de résolution de griefs se passe au sein des départements ou agences même », a-t-on indiqué à l’Institut professionnel.

De son côté, l’Association canadienne des employés professionnels (ACEP) a aussi déposé six griefs de principe liés à Phénix.

Un sondage mené à l’été 2017 avait révélé que 75 % des membres avaient eu des problèmes liés à leur paie. En octobre 2017, l’ACEP avait déposé quatre griefs de principe — deux pour chacun des groupes TR et EC — afin de dénoncer les violations des droits de nos membres imputables à Phénix. 

Deux autres griefs de principe ont été déposés en novembre dernier pour les membres des groupes EC et TR, griefs qui portent sur le non-versement par l’employeur des augmentations de salaire rétroactives, et dénoncent le fait que celui-ci n’a pas appliqué les conventions collectives et n’a pas versé aux membres le salaire rétroactif qui leur était dû au plus tard le 21 octobre. 

Dans sa dernière mise à jour faite au début novembre, le gouvernement indiquait qu’un groupe de conseillers en rémunération s’occupe exclusivement des paiements liés aux augmentations salariales ainsi qu’aux indemnités, et particulièrement des paiements rétroactifs complexes qui couvrent plusieurs années antérieures et qui nécessitent la récupération de données dans l’ancien système de paye du gouvernement. « Malgré ces efforts, il y a un certain nombre de conventions collectives qui ne seront pas entièrement mises en œuvre dans les délais convenus », a-t-on alors averti du côté gouvernemental.