Le projet de loi C-59 fausse le jeu à la table des négociations en permettant au Conseil du Trésor d'imposer unilatéralement certaines conditions d'emploi, dénonce la présidente de l'IPFPC, Debi Daviau.

L'AFPC et l'IPFPC dénoncent des négos «injustes»

Le gouvernement fédéral continue de s'ingérer dans le processus de négociation collective de ses employés et sape leurs droits fondamentaux, tout en faisant fi des accords internationaux et de récentes décisions de la Cour suprême.
C'est le message qu'ont transmis les deux plus importants syndicats de fonctionnaires fédéraux, l'Alliance de la fonction publique du Canada (AFPC) et l'Institut professionnel de la fonction publique du Canada (IPFPC), mercredi, devant le comité sénatorial des finances qui étudie C-59.
Le projet de loi, ont-ils plaidé, fausse le jeu à la table des négociations en permettant au Conseil du Trésor d'imposer unilatéralement certaines conditions d'emploi.
«Il en résulte un processus de négociation collective fondamentalement injuste et complètement faussé en faveur de l'employeur en ce qui concerne la question la plus importante pour lui dans cette ronde, à savoir les congés de maladie», a indiqué la présidente de l'IPFPC, Debi Daviau.
Selon l'AFPC, le gouvernement bafoue la Charte et s'en prend au droit à la libre négociation collective de ses membres et des autres fonctionnaires fédéraux.
«Le gouvernement ne semble connaître aucune limite quand il s'agit de dicter des règles qui servent ses propres intérêts, dans le but de promouvoir son programme politique», dit Chris Aylward, vice-président exécutif national de l'AFPC.
L'Association canadienne des employés professionnels doit comparaître aujourd'hui devant le comité des finances de la Chambre des communes, où elle entend elle aussi faire valoir son opposition au projet de loi.
Rappelons que les syndicats de la fonction publique fédérale contestent devant les tribunaux la loi C-4 - de même que certaines dispositions du projet de loi C-59 - devant l'Organisation internationale du travail.