Les boites postales communautaires existantes demeureront fonctionnelles.

La révolution des boîtes postales est stoppée

OTTAWA - Les libéraux fédéraux mettent fin au programme de conversion de la livraison du courrier en boîtes postales communautaires, lancé en 2014 par le précédent gouvernement conservateur.

Par contre, les quelque 840 000 foyers qui avaient déjà commencé à se rendre à pied aux boîtes communautaires ne verront pas leur service à domicile rétabli - une décision qui soulèvera sans doute l’ire des employés de Postes Canada.

Cette décision signifie aussi que Postes Canada devra renoncer aux économies de 350 millions $ par année qu’elle comptait réaliser en supprimant la livraison du courrier aux quelque 4,2 millions de foyers qui le reçoivent encore à la porte. Certains se demandent comment la société de la Couronne pourra demeurer rentable alors que le volume de courrier diminue d’année en année.

C’est la ministre des Services publics, Carla Qualtrough, qui a présenté le nouveau plan, mercredi matin, dans un centre de tri de Postes Canada à Mississauga, en Ontario. Ce plan prévoit par ailleurs la création d’un groupe de travail qui devra proposer des façons de mieux servir les personnes âgées et les personnes à mobilité réduite qui n’ont plus droit à la livraison à domicile.

En vertu du plan libéral, les boîtes communautaires seront toujours installées dans les nouveaux ensembles résidentiels, comme cela se fait depuis les années 1980.

Les libéraux avaient vaguement promis, durant la campagne électorale de 2015, de «sauver la livraison du courrier à domicile», après que la décision du précédent gouvernement conservateur de se tourner vers la livraison à des boîtes postales communautaires, pour réaliser des économies à Postes Canada.

La ministre Qualtrough a aussi annoncé mercredi des changements aux règles de gouvernance de Postes Canada, en permettant à la société de la Couronne de dégager des bénéfices et de réinvestir ces sommes dans l’amélioration des services, afin de pouvoir un jour s’autofinancer.

Postes Canada a réalisé des bénéfices d’exploitation d’environ 81 millions $ en 2016, comparativement à 99 millions $ en 2015. La société de la Couronne estime que la restitution de la livraison à domicile pour les foyers convertis aux boîtes communautaires depuis 2014 coûterait 195 millions $, en plus des frais annuels de livraison, qui se chiffreraient à environ 90 millions $.

La haute direction à Postes Canada, qui est au coeur d’un grand remaniement - notamment la recherche d’un nouveau chef de la direction -, aura aussi le mandat d’améliorer les relations de travail. La partie patronale et le Syndicat des travailleurs et travailleuses des postes (STTP) sont actuellement en négociations pour le renouvellement de la convention collective.

Le gouvernement demande aussi à Postes Canada de faire la promotion de son service d’envoi d’argent, qui permet de transférer des fonds au pays et à l’étranger. Le STTP espérait plutôt l’implantation de services bancaires dans les succursales postales, une idée qui avait été rejetée par la direction.

Les libéraux demandent aussi à Postes Canada de miser sur la popularité de son service de livraison de colis, qui est porteur de croissance et de revenus - les livraisons de colis ont bondi de près de 39 pour cent pendant le troisième trimestre de 2017 comparativement à 2016, et les revenus de Postes Canada dans ce seul secteur ont grimpé de 41 pour cent.

Postes Canada devra enfin examiner comment d’autres pays ont utilisé la livraison la fin de semaine et les soutes à colis postaux pour augmenter leurs revenus.

Le gouvernement voudrait aussi profiter du fait que la poste est présente dans tous les coins du pays, en suggérant que la succursale du coin pourrait aussi offrir d’autres services gouvernementaux.