Le Centre des services de paye de la fonction publique de Miramichi.

Indemnisation des victimes de Phénix: les négociations au point mort

Le plus important syndicat de la fonction publique du pays a indiqué, mercredi, que les pourparlers visant à indemniser les employés du gouvernement touchés par les ratés du système de paye Phénix sont actuellement au point mort.

Selon l’Alliance de la fonction publique du Canada (AFPC), les représentants du Conseil du Trésor à la table de négociation ont admis qu’ils n’avaient pas le mandat de procéder. Le syndicat demande donc l’intervention du premier ministre pour qu’une entente soit conclue.

Les dirigeants de 17 syndicats avaient envoyé une lettre à Justin Trudeau, en février, afin d’obtenir une compensation pour les fonctionnaires qui ont souffert des ratés du système de paye informatisé d’IBM.

Pendant plus de deux ans, des dizaines de milliers de fonctionnaires fédéraux ont été touchés par des problèmes qui sévissaient dans ce système censé faire économiser le gouvernement. Certains employés fédéraux n’ont pas été payés du tout pendant des mois, alors que d’autres ont été payés trop peu ; d’autres, enfin, ont trop reçu, et ils doivent maintenant rembourser.

Dans son budget de 2018, le gouvernement libéral a promis de travailler avec les syndicats pour faire face au stress psychologique causé par les ratés du système Phénix. Les syndicats n’ont pas divulgué le montant de la compensation qu’ils espèrent obtenir, et le gouvernement n’a pas non plus dévoilé ce qu’il était prêt à offrir. Les syndicats estiment que leurs membres devraient recevoir une compensation pour le stress, le temps passé à régler les problèmes de rémunération et les pertes financières causées par les problèmes de Phénix.

Les discussions avaient commencé le mois dernier, mais elles se sont arrêtées depuis, a indiqué mercredi le président national de l’AFPC, Chris Aylward, dans un communiqué. « Les représentants du gouvernement disent qu’ils attendent un mandat. Il est temps que le premier ministre Trudeau leur donne ce mandat. »

La ministre des Services publics et de l’Approvisionnement, Carla Qualtrough, responsable du système Phénix, avait promis que son ministère continuerait à travailler en étroite collaboration avec les syndicats pour limiter les difficultés financières que vivent les fonctionnaires. Mais les pourparlers sur l’indemnisation ont été retirés des mains de Mme Qualtrough pour être confiés au Secrétariat du Conseil du Trésor.

Les coûts associés à Phénix, y compris les 309 millions $ dépensés pour mettre en place le système, continuent d’augmenter à mesure que le gouvernement embauche des conseillers en rémunération et d’autres employés pour tenter de stabiliser la situation. Le dernier budget a également prévu une enveloppe de 16 millions $ pour déterminer si un nouveau système de rémunération pourrait être trouvé afin de remplacer Phénix.

La vérificatrice générale doit publier la semaine prochaine un rapport sur ce qui a mal tourné dans ce système.