Harcèlement sexuel: les mesures proposées ne suffiront pas

Les recommandations contenues dans le récent rapport du comité parlementaire de la condition féminine ne vont pas assez loin pour mettre fin au harcèlement sexuel dans la fonction publique fédérale, estime le plus important syndicat de fonctionnaires fédéraux.
Ce rapport propose 14 recommandations, dont celle visant l'adoption d'une politique fédérale afin de définir clairement le harcèlement sexuel et l'ajout de cette définition dans toute politique du Conseil du Trésor sur le harcèlement sexuel dans les milieux de travail fédéraux.
Pour la présidente de l'Alliance de la fonction publique du Canada (AFPC), Robyn Benson, le Conseil du Trésor ne respecterait pas les normes établies, pour offrir un milieu de travail exempt de harcèlement et de discrimination.
«Les recommandations de la majorité des membres, toutes des députées conservatrices, ne proposent pas de mesures systémiques et efficaces pour contrer le harcèlement qui continue de faire des ravages dans les milieux de travail fédéraux», soutient la présidente Benson.
Elle aurait souhaité que le rapport du Comité reconnaisse la responsabilité du Conseil du Trésor. Elle presse le gouvernement d'adopter plusieurs mesures proposées par les néo-démocrates et libéraux écartées du rapport final.
Dans un rapport supplémentaire du NPD et celui dissident du Parti libéral du Canada, il était proposé notamment d'examiner les répercussions des compressions budgétaires sur le harcèlement sexuel. De plus, on y suggérait que les politiques tiennent compte de l'incidence de la violence conjugale sur les femmes en milieu de travail, de même que la tenue d'une enquête nationale sur la violence faite aux femmes.
L'AFPC salue toutefois que les recommandations du rapport proposant au gouvernement l'adoption d'une politique de lutte contre le harcèlement sexuel, des délais à respecter pour l'étude des plaintes et une formation obligatoire pour les gestionnaires.
La présidente Benson se réjouit également de la recommandation visant à inclure des questions portant expressément sur le harcèlement sexuel dans le Sondage auprès des fonctionnaires fédéraux, qui doit servir notamment pour mesurer la prévalence de ce fléau dans le secteur fédéral.
Devant son passage devant le comité parlementaire, la présidente de l'AFPC avait d'ailleurs souligné que le Sondage ne renfermait qu'une seule question sur le harcèlement où on demandait aux personnes salariées si elles avaient été victimes ou non de harcèlement, sans leur demander d'en préciser la nature, soit psychologique, sexuel ou autres.
«Reste à savoir si le gouvernement donnera suite aux recommandations du Comité. L'AFPC continuera d'insister auprès du Conseil du Trésor pour qu'il prenne les mesures nécessaires afin d'éradiquer le harcèlement», a fait savoir la présidente Benson.