Le Secrétariat du Conseil du Trésor du Canada a dévoilé lundi ses lignes directrices pour la réouverture des espaces de travail de la fonction publique.
Le Secrétariat du Conseil du Trésor du Canada a dévoilé lundi ses lignes directrices pour la réouverture des espaces de travail de la fonction publique.

Fonction publique fédérale: un retour au bureau « au cas par cas »

« Graduel », « flexible », « progressif » : le déconfinement des fonctionnaires fédéraux se fera « au cas par cas ». Le Secrétariat du Conseil du Trésor du Canada (SCTC) a dévoilé lundi ses lignes directrices pour la réouverture des espaces de travail de la fonction publique, qui demandent essentiellement aux ministères de « faire preuve de bon sens et de souplesse », selon son président Jean-Yves Duclos.

Rendu public trois mois après que le SCTC ait demandé aux ministères de placer leurs employés en télétravail, ce « guide sur l’assouplissement des restrictions » a été conçu en collaboration avec différents ministères et agences gouvernementales, ainsi qu’avec les syndicats du Conseil national mixte.

Aucune date n’est avancée, mais le retour dans les édifices gouvernementaux devra impérativement attendre le feu vert de l’Agence de la santé publique du Canada.

Essentiellement, le document jette les bases de la gestion des immeubles et des technologies de l’information et indique les grandes orientations des plans de réintégration des locaux — mais ce sera aux ministères de les élaborer. Leurs gestionnaires devront tenir compte de l’évolution des exigences locales et provinciales en matière de santé publique, de la nature du travail des employés, ainsi que de leur état de santé et de leur situation personnelle. 

Le retour au travail des employés de la fonction publique fédérale se fera de façon graduelle.

La priorité sera accordée « aux services essentiels pour les Canadiens, et notamment (aux) travaux à l’appui de la relance de l’économie », indique le guide. Le SCTC propose entre autres aux gestionnaires d’inviter à retourner au bureau « seuls les employés nécessaires à la prestation de services essentiels et à d’autres travaux prioritaires qui ne peuvent être effectués à distance », ou encore de créer des horaires rotatifs pour respecter la distanciation physique à l’intérieur des édifices.

« Il y a une uniformité en matière de principes communs, a indiqué le président du Conseil du Trésor Jean-Yves Duclos en entrevue avec Le Droit. Le principe le plus important est la santé et la sécurité des travailleurs. Le deuxième principe est l’adaptation de l’environnement de travail à la localité dans laquelle la personne travaille, parce que les conditions de santé publique varient encore beaucoup (partout au Canada). »

Un autre son de cloche résonne du côté de l’Alliance de la fonction publique du Canada (AFPC). Bien que le guide tienne compte de « beaucoup de (ses) doléances », le syndicat s’inquiète de l’application potentiellement inégale des mesures préconisées. « Il y a une grande autorité qui est laissée aux différents gestionnaires des ministères, soulève sa vice-présidente exécutive nationale Magali Picard. La politique n’est pas décrite tant que ça, elle est assez large et sa mise en oeuvre n’est pas gérée par l’un des partenaires de ressources humaines ou par les ressources humaines du Conseil du Trésor. Nous souhaitons qu’il y ait de l’uniformité et de la flexibilité dans la façon dont les décisions seront mises en place. »


« Le principe le plus important est la santé et la sécurité des travailleurs. »
Jean-Yves Duclos

Le télétravail « plus efficace » qu'anticipé

De 140 000 il y a quelques semaines, le nombre de connexions sécurisées qui permettent aux fonctionnaires de travailler à la maison est passé à près de 280 000, souligne M. Duclos. « La COVID-19 nous appris deux choses : un, que le télétravail était beaucoup plus faisable que ce l’était au départ, et deux, que c’était aussi plus efficace que ce que certains pensaient avant la crise. » À savoir si ces nouvelles mesures de travail seront mises de l'avant dans la fonction publique d’après COVID, sa réponse est sans équivoque : « oui ».

« On n’est pas encore là », rétorque Magali Picard. « Ce n’est pas simplement une question d’accès informatique », ajoute-t-elle ; plusieurs autres éléments, comme la santé, la sécurité et les occasions de réseautage doivent être pris en compte avant de rendre le télétravail permanent. « On doit négocier ».