Debi Daviau, présidente de l’Institut professionnel de la fonction publique du Canada, trouve absurde que la ministre laisse entendre que les négociations des conventions collectives soient responsables des problèmes de Phénix.

Déboires de Phénix: «Absurde et odieux»

Malgré ce que laisse entendre la ministre de Services publics et de l’Approvisionnement, Carla Qualtrough, les négociations ne sont pas responsables des déboires de Phénix. Et il est « vraiment absurde et odieux » d’accuser les conventions collectives d’embrouiller le système de paye actuel, soutient la présidente de l’Institut professionnel de la fonction publique du Canada, Debi Daviau.

« Au début du mois, la ministre de Services publics et Approvisionnement Canada, Carla Qualtrough, m’a demandé si j’accepterais de négocier la simplification de certaines règles touchant la rémunération, adoptées au fil de dizaines d’années de négociations, que certains prétendent partiellement responsables du dysfonctionnement du système de paye fédéral. Ma réponse est oui, si cela ne fait pas perdre d’argent à nos membres », explique la présidente Daviau dans un message publié vendredi sur le site de l’IPFPC.

Ce n’est pas parce qu’elle se dit prête à négocier des changements pratico‑pratiques dans l’intérêt de ses membres que les règles touchant la rémunération sont dysfonctionnelles ni que les problèmes de Phénix sont causés par les négociations, loin de là, ou les syndicats, ajoute-t-elle.

« L’ancien système de paye, conçu à l’interne par nos membres et encore utilisé à certains endroits, a subi de multiples changements sur 40 ans sans causer de catastrophe de ce genre. De surcroît, la plupart de ces changements étaient le fait du patronat et non des syndicats, souligne Mme Daviau. 

Le gouvernement fédéral a acheté Phénix comme une solution logicielle à tous les problèmes de paye, y compris aux changements régulièrement négociés, sans tenir compte de l’expertise et de l’avis de nos membres. Le gouvernement actuel nous a même assurés au début de l’année qu’il n’y aurait pas de problèmes avec la paye rétroactive ».  

« Nous avons donc tout à fait le droit d’exiger qu’un système aussi mal conçu, mis en œuvre et testé que Phénix soit abandonné au profit d’un nouveau système qui fonctionne (...) Dire que nous n’en avons pas les moyens, c’est nier les conclusions du rapport présenté cette semaine par le vérificateur général et c’est aussi faire subir à nos membres, aux Canadiens et aux futurs gouvernements le système de paye le plus dispendieux et le plus dysfonctionnel de l’histoire de notre fonction publique ».