La première semaine donnera un aperçu des priorités de Stephen Harper.

Budget fédéral: les fonctionnaires seront-ils encore ciblés?

En prévision du budget d'aujourd'hui, le gouvernement Harper n'a pas multiplié les fuites, cette fois, pour laisser croire à un autre scénario apocalyptique voulant qu'il ajoute encore aux 19 200 abolitions de postes annoncées en 2012. Toutefois, il a déjà mis sur la table plusieurs mesures qu'il souhaite implanter pour réduire les coûts de la fonction publique.
Plusieurs mois avant le dépôt de son budget du printemps 2012, le gouvernement Harper avait laissé croire qu'il allait sabrer 8 milliards $ dans les dépenses annuelles des ministères. Finalement, il avait réduit cette somme à 5,2 milliards $, avec l'abolition de 19 200 emplois prévue sur trois ans.
En maintenant le cap sur l'équilibre budgétaire pour 2015-2016, le ministre des Finances Jim Flaherty n'avait pas annoncé de nouvelles abolitions de postes dans son budget 2013, mais il avait gardé le cap sur son plan d'amaigrissement de la fonction publique d'ici 2015. Au 31 décembre 2012, 16220 postes avaient déjà été abolis, dont 9390 par attrition.
D'autres mesures
Après les abolitions de postes, le gouvernement Harper a désormais dans sa mire les relations de travail, la gestion de l'invalidité, les congés de maladie des employés et les avantages sociaux des retraités de la fonction publique.
Sans donner plus de détails, le gouvernement a indiqué l'an dernier qu'il continuerait « à examiner des façons de rationaliser ses opérations, et déposera au besoin des mesures législatives pour regrouper les opérations et éliminer les organisations redondantes ». Il s'est aussi engagé à examiner la rémunération globale des employés et les avantages sociaux des pensionnés.
Le gouvernement veut aussi que les régimes de retraite des employés des sociétés d'État soient plus conformes à ceux des employés fédéraux, avec un partage à parts égales des coûts d'ici 2017.
Les congés de maladie
La semaine dernière, une analyse du nouveau directeur parlementaire du budget a révélé que les coûts des congés de maladie payés dans la fonction publique fédérale atteignaient 871 millions $. Il répondait alors à une demande du député néo-démocrate d'Ottawa-Centre, Paul Dewar.
Or, le ministre Clement a déjà réitéré en juin dernier qu'il avait l'intention de modifier le régime de congé de maladie et d'invalidité des fonctionnaires, avançant que les employés fédéraux s'absentaient beaucoup plus que les travailleurs du secteur privé. Il est clair que l'objectif visé sera de réduire les coûts liés à ces régimes, comme s'était engagé à le faire le ministre Flaherty l'an dernier.
Déjà, il faut s'attendre à ce que le gouvernement et les syndicats en viennent à l'affrontement dans ce dossier, qui apparaît au sommet de la liste des enjeux des prochaines négociations. Le gouvernement s'apprête à négocier avec 17 groupes d'employés au cours de l'année 2014. Après avoir imposé à tous les employés qu'ils sacrifient leur indemnité de départ, une mesure que le gouvernement a retirée à tous les syndiqués et cadres, le dossier des congés de maladie sera assurément un des points chauds de cette prochaine ronde.
Depuis la publication du rapport du directeur parlementaire du budget, les syndicats du secteur public fédéral reprochent au président du conseil du Trésor Tony Clement d'avoir gonflé les chiffres sur les congés de maladie pour tenter de rallier l'opinion publique à sa cause.