Les fonctionnaires fédéraux ont tenu plusieurs manifestations, à Ottawa, pour dénoncer les ratés du système de paye Phénix.

Bilan de l'année 2017 dans la fonction publique fédérale

Le Droit vous présente les faits marquants de l'année 2017 dans le secteur de la fonction publique.

Un mot: Phénix
Difficile de passer à côté: Phénix est le mot qui est revenu le plus souvent sur toutes les lèvres des fonctionnaires fédéraux et dans l’actualité pendant toute l’année 2017. Pourtant, les syndicats avaient averti le gouvernement dès juin 2015 que la formation et les ressources manquaient pour mettre en oeuvre ce système tant décrié aujourd’hui. Les fonctionnaires ont payé chèrement pour les erreurs commises dans ce dossier et confirmées dans le dernier rapport du vérificateur général du Canada. Cette saga interminable reste un boulet pour le gouvernement fédéral.


Deux personnages: Marie Lemay et Debi Daviau
La sous-ministre des Services publics et de l’Approvisionnement, Marie Lemay, a eu à expliquer et à défendre, souvent envers et contre tous, les mesures prises pour tenter de corriger le fiasco Phénix. Elle a tout fait pour rassurer les fonctionnaires, mais la triste réalité a pris le dessus sur le message qui se voulait rassurant. Pour sa part, la présidente de l’Institut professionnel de la fonction publique du Canada , Debi Daviau, n’a pas eu peur de bousculer les autorités fédérales en intervenant de manière audacieuse, en proposant des prêts aux fonctionnaires mal pris et en incitant les membres de son syndicat à offrir leurs services pour trouver des solutions. Elle a aussi forcé le gouvernement à reconnaître les risques de la sous-traitance dans les contrats en technologie de l’information. Avec son syndicat, elle a aussi pris les devants en proposant de remplacer Phénix par un autre système de paye, une demande qui est toutefois resté lettre morte jusqu’à maintenant.


Un lieu: des bureaux satellites
Après la mise à pied de plusieurs centaines d’agents de rémunération pour permettre la centralisation des services de paye à Miramichi, et devant le manque de ressources évident pour résoudre la crise créée par Phénix, le gouvernement fédéral s’est retrouvé dans l’obligation de créer des bureaux satellites dans plusieurs villes canadiennes, dont Gatineau. Plusieurs centaines d’employés ont dû être embauchés pour travailler dans ces bureaux et le gouvernement s’est engagé à les maintenir en poste le temps qu’il faudra pour passer la crise. Ces bureaux satellites ont démontré que la centralisation des services de paye avait été mal planifiée et qu’elle ne permettra pas les économies de 70 millions $ annuelles anticipées. Jusqu’à maintenant, la facture des mesures prises pour colmater les brèches du système s’élève à plus de 540 millions $.  


Un chiffre: 589 000
Le gouvernement fédéral a eu du mal à déterminer l’ampleur de la catastrophe pendant de longs mois et a mis du temps à donner les vrais chiffres sur la crise touchant Phénix. Les données ont finalement pu lever le voile sur la triste réalité vécue par les fonctionnaires fédéraux. Dans sa dernière mise à jour, en décembre, il y avait plus de 589 000 mouvements de paye en attente d’être traités dans le système, le nombre le plus élevé depuis le début de la crise. En même temps, ce sont plus de la moitié des fonctionnaires, au-delà de 150 000, qui ont été touchés par des problèmes de paye.


Une résolution: venir à bout de Phénix
Le gouvernement libéral s’est engagé à tout faire en 2018 pour payer correctement et à temps ses employés. Mais il est loin d’être au bout de ses peines, puisqu’il n’a pas été capable de respecter les échéanciers pour intégrer les nouvelles conventions collectives signées pendant la dernière année. Pendant que les coûts liés à la mise en oeuvre et à régler le fiasco Phénix dépassera selon toute vraisemblance le cap du milliard, on ne sait toujours pas quand l’état de stabilité du système promis en octobre 2016 deviendra réalité. Le nombre de mouvements de paye en attente devrait baisser en 2018, mais les fonctionnaires fédéraux pourraient devoir encore attendre quelques années avant de voir le bout du tunnel.