Le ministre du Développement international, Julian Fantino.

Anciens combattants: «une décision irresponsable»

Loin de s'améliorer, les services offerts par le ministère des Anciens Combattants deviennent de plus en plus difficiles à obtenir et les délais s'allongent pour obtenir des réponses ou simplement obtenir des formulaires.
Voilà le message que plusieurs vétérans venus de partout au pays sont venus livrer hier sur la colline parlementaire dans une ultime tentative pour convaincre le gouvernement Harper de ne pas fermer huit bureaux régionaux d'Anciens Combattants Canada prévue vendredi.
En conférence de presse, ils ont évoqué les arguments qu'ils allaient présenter au ministre Julian Fantino pour éviter la fermeture des bureaux régionaux de Kelowna, Saskatoon, Brandon, Thunder Bay, Windsor, Sydney, Charlottetown et Corner Brook et permettre de rouvrir le bureau de Prince George, fermé il y a un an. La rencontre avec le ministre était prévue hier en soirée.
À travers le pays, 200 000 des 800 000 vétérans auraient recours aux divers services d'aide offerts par le ministère des Anciens Combattants. Les vétérans ont toutefois indiqué que plusieurs se découragent à demander de l'aide pour diverses raisons, incluant les délais et les processus de plus en plus informatisés.
« C'est impensable qu'on doive supplier le gouvernement de nous laisser des services auxquels nous avons droit, a déploré Roy Lamore, vétéran de la Deuxième Guerre mondiale et résidant de Thunder Bay. C'est une décision irresponsable qui fera du tort aux hommes et aux femmes qui ont servi le Canada. »
Mitraillé accidentellement en 2006 par un chasseur américain de type A-10 Warthog durant l'opération Medusa en Afghanistan alors qu'il n'avait que 22 ans, Bruce Moncur a raconté avoir subi une lésion cérébrale presque fatale. Depuis, il souffre de fatigue, de perte de mémoire à court terme et de stress post-traumatique. Selon lui, les jeunes et anciens ont besoin des services offerts dans ces bureaux régionaux. « Je dirai au ministre Fantino que ma guérison et la santé mentale et physique de bien des vétérans en dépendent », a expliqué M. Moncur.
Une employée travaillant au ministère depuis 2001, Michelle Bradley, accompagnait le groupe de vétérans. « C'est une trahison ce que fait le gouvernement, a-t-elle dit. Et tous les vétérans en souffriront. Les temps d'attente seront plus longs, il y aura moins de services individualisés et les employés des bureaux qui restent ouverts seront surchargés. C'est déjà comme ça à St. John, où je travaille. »
Ron Clarke, un vétéran de Sydney en Nouvelle-Écosse, espère que le ministre Fantino entendra leur message. « Et s'il n'entend pas raison, je lancerai l'opération suivante avec d'autres vétérans : d'abord, nous surveillerons l'impact des fermetures dans les localités touchées et en informerons la population. Ensuite, nous veillerons à ce que le gouvernement rende des comptes lors des prochaines élections », a affirmé M. Clarke.