Conformément aux recommandations de la santé publique et pour limiter la propagation de la COVID-19, les visites aux détenus ont été interdites le 14 mars dernier, pour une période de deux semaines.
Conformément aux recommandations de la santé publique et pour limiter la propagation de la COVID-19, les visites aux détenus ont été interdites le 14 mars dernier, pour une période de deux semaines.

Finies, les visites aux détenus en prison

Émilie Pelletier
Émilie Pelletier
Le Soleil
Les milliers de détenus subissent eux aussi les contrecoups de la crise du coronavirus. Ils ne peuvent plus recevoir de visites.

Conformément aux recommandations de la santé publique et pour limiter la propagation de la COVID-19, les visites aux détenus ont été interdites le 14 mars dernier, pour une période de deux semaines, selon ce qu’indique le ministère de la Sécurité publique.

«Les rencontres dans les établissements de détention et les palais de justice sont limitées aux parloirs sécuritaires, c’est-à-dire munis d’une vitre, dans la mesure où les interlocuteurs ne sont pas soumis à des mesures d’isolement pour des raisons sanitaires liées au COVID-19», explique la porte-parole du ministère, Louise Quintin.

D’ailleurs, selon ce qu’a rapporté un avocat de la défense au Soleil, les détenus seraient «inquiets», car un ou deux cas du nouveau coronavirus se seraient déclarés au Centre de détention de Québec (CDQ).

«Lorsque la famille leur apporte des vêtements, ils ne peuvent pas y avoir accès avant 14 jours. De plus, ils n’ont pas droit de visite, les maisons de thérapie ne vont plus chercher nos clients [pour éviter] les risques et exigent qu’ils soient au moins 14 jours au CDQ avant d’aller les chercher», raconte-t-il, ajoutant que les avocats aussi sont invités à éviter de se rendre au CDQ.

La justice à distance

D’autres mesures comme la réduction des transferts entre les établissements de détention ont aussi été mises en place pour prévenir les risques de contagion. Les rencontres en face à face sont elles aussi limitées. Pour les rencontres avec les avocats, l’utilisation des visio-parloirs ou du téléphone est privilégiée, précise-t-elle.

D’ailleurs, depuis lundi, le public est exclu des salles de cour du Québec afin de favoriser la distanciation sociale, comme l’avait annoncé la ministre de la Justice et procureure générale du Québec, Sonia LeBel. Plusieurs causes sont aussi reportées, pour éviter la propagation du virus entre les intervenants.

Pas de pause par contre pour les peines qui doivent être purgées. C’est le cas des détenus ayant écopé d’une peine discontinue, par exemple. «Ceux qui doivent être en isolement pour des raisons sanitaires liées au COVID-19 se voient accorder une permission de sortir pour motif médical», mentionne par courriel Mme Quintin. Les autres sont hébergés ensemble, dans des lieux distincts de ceux utilisés pour les personnes qui purgent une peine continue toutefois.

Or, les personnes contrevenantes qui sont en isolement à cause du COVID-19 peuvent obtenir une permission de sortir «à des fins médicales» pour la durée de l’isolement, selon ce que prescrit la Loi sur le système correctionnel du Québec. «Elles s’en trouvent alors à être autorisées à purger temporairement leur peine à leur domicile et n’auront pas à reprendre ces périodes», précise Mme Quintin.