Au cours des derniers mois, la société d'État a augmenté le prix des timbres et annoncé la disparition éventuelle de son service de livraison du courrier à domicile.

Fini le courrier à domicile pour plusieurs Ottaviens

De nombreux clients de Postes Canada, dont plusieurs Ottaviens, n'ont eu d'autre choix que de faire leurs adieux à leur facteur.
Dès aujourd'hui, il n'y aura plus de livraison à domicile pour 74000 adresses un peu partout au pays, notamment à Ottawa, Oakville, Halifax, Calgary, Winnipeg. Du côté du Québec, des adresses à Charlemagne, Repentigny, Bois-des-Filion, Rosemère et Lorraine sont touchées.
Le passage vers les boîtes postales communautaires ne fera alors que commencer. D'ici 2019, pas moins de cinq millions de foyers à travers le pays subiront le même sort.
La porte-parole de Postes Canada, Anick Losier, soutient que cette opération de conversion à grande échelle est loin d'avoir été improvisée.
Elle précise que l'idée d'effectuer ce changement s'est progressivement imposée, car «au cours des six dernières années, les Canadiens ont dramatiquement changé leur façon d'utiliser le service postal et n'envoient presque plus de lettres».
Mme Losier affirme que pour éviter que son organisation «ne devienne un fardeau pour les contribuables» et «pour assurer son avenir, il a fallu songer à se réajuster à cette nouvelle réalité».
S'il faut en croire le président de la section locale de Montréal du Syndicat des travailleurs et travailleuses des postes, Alain Duguay, de pareilles justifications ne suffiront certainement pas à faire taire la grogne
populaire.
M. Duguay affirme que «des facteurs lui disent constamment qu'ils parlent à des citoyens qui sont vraiment furieux contre Postes Canada».
De toute évidence, le même son de cloche retentit régulièrement dans les bureaux de certains élus fédéraux.
La députée néo-démocrate de Pierrefonds-Dollard, Lysane Blanchette-Lamothe, martèle que «les Canadiens s'opposent fortement à ce changement-là».
Elle remarque que non seulement les gens expriment leur indignation quand elle aborde le sujet avec eux, mais qu'en plus, «ils se mobilisent pour signer des pétitions».
Sa collègue Isabelle Morin, qui représente la circonscription de Notre-Dame-de-Grâce-Lachine aux Communes, ajoute qu'«il y a eu des manifestations, que des boîtes postales ont été vandalisées» et que certains citoyens particulièrement en colère ont même pris la peine d'écrire à la ministre responsable de la Société canadienne des Postes, Lisa Raitt.