Comme bon nombre de leurs collègues ailleurs en province, plusieurs professeurs du Cégep de l'Outaouais se sont rassemblés devant le campus Félix-Leclerc vendredi matin lors de cette action intitulée «Les ZOOMbies»
Comme bon nombre de leurs collègues ailleurs en province, plusieurs professeurs du Cégep de l'Outaouais se sont rassemblés devant le campus Félix-Leclerc vendredi matin lors de cette action intitulée «Les ZOOMbies»

Fatigués, les profs du Cégep de l'Outaouais veulent un allègement de tâches

Daniel LeBlanc
Daniel LeBlanc
Le Droit
Les enseignants du Cégep de l’Outaouais, qui se disent fatigués et stressés en raison de la surcharge de travail causée par le contexte de la pandémie, « sont sortis de leurs écrans » vendredi pour manifester leur désarroi et réclamer un allègement de leurs tâches lors de la session hivernale, qui approche à grands pas.

En guise de référence à la fois à l’Halloween, à la fatigue exprimée par les membres et au populaire système de téléconférence utilisé pour donner des cours à distance, le Syndicat des enseignantes et des enseignants du Cégep de l’Outaouais (SEECO) a rassemblé des « ZOOMbies » devant le campus Félix-Leclerc. Certains s’étaient d’ailleurs déguisés en zombies pour montrer leurs cernes et faire allusion à leur épuisement.

Selon un sondage réalisé auprès des professeurs de l’établissement et qui sera transmis à la direction de l’établissement, les trois quarts d’entre eux (74 %) disent vivre du stress, alors que 52 % des répondants ont dit manquer de temps. Près du tiers des gens (29 %) ont répondu qu’ils avaient des problèmes de santé liés au surmenage ou à la fatigue, tandis que 38 % des professeurs disent éprouver du stress relié à l’informatique depuis qu’ils donnent exclusivement ou presque des cours virtuels.

Comme bon nombre de leurs collègues ailleurs en province, plusieurs professeurs du Cégep de l'Outaouais se sont rassemblés devant le campus Félix-Leclerc vendredi matin lors de cette action intitulée «Les ZOOMbies»

Comme leurs collègues d’ailleurs dans la Belle Province, ils demandent donc à ce qu’il y ait des investissements dans le réseau pour réduire leur tâche d’environ 20 %.

« Il y a un alourdissement énorme de la tâche. Certains profs trouvent que c’est du simple au double et même au triple. On ne sait pas exactement quelle est la moyenne, mais de toute évidence, il y a un fort alourdissement de la tâche et c’est dû à la pandémie. Il faut essayer de trouver des façons d’alléger tout ça, parce qu’il y a des impacts sur la santé à la fois physique et psychologique des profs, mais aussi des étudiants, qui vivent la même réalité que nous. Il faut que ça se traduise en ressources supplémentaires. Concrètement, il faudrait qu’on enlève environ un groupe d’étudiants à chaque professeur. Lorsqu’on le dit comme ceci, ça ne semble pas tant que ça, mais ça ferait quand même toute la différence, on pourrait souffler, avoir plus de temps pour préparer et corriger », lance le président du SEECO, Christian Bernier. Ce dernier rappelle qu’en mode virtuel, les relations avec les étudiants sont passablement plus complexes. 

« Un allègement de nos tâches permettrait aussi aux étudiants d’avoir un meilleur encadrement, d’avoir plus de temps avec les professeurs. Côté communications avec eux, en temps normal, ils venaient nous voir durant nos heures de bureau ou encore au dîner, mais là ça se ne fait plus. On ne peut pas passer par hasard sur Zoom, alors ils doivent nous écrire un courriel et c’est la multiplication des courriels. Eux-mêmes trouvent ça pénible et on les comprend. [...] On ne demande pas de revoir de fond en comble nos conditions de travail, tout ce qu’on veut c’est de souffler un peu. Est-ce exagéré comme demande ? Je ne pense pas », ajoute-t-il. 

Le Cégep de l’Outaouais, par le biais de la Fédération des cégeps, fait partie d’un groupe de travail du gouvernement qui étudie la possibilité d’amoindrir la tâche des professeurs collégiaux sans perte financière, selon ce qu’a révélé Le Devoir jeudi.

« Le Cégep souhaite qu’il y ait davantage de ressources qui auront des retombées sur l’enseignement et ce qui est en périphérie, notamment en adaptation scolaire, de l’aide psychosociale ou des ressources technologiques », écrit le porte-parole Simon Desjardins.