Mise à mort fictive de manifestants écologistes devant la boutique de vêtements NRML de la rue Rideau à Ottawa, qui vend des articles à base de fourrures de coyotes et de plumes de canards et d'oies.

Faire le mort pour sauver des vies

Une vingtaine de militants écologistes de l’organisme de défense des droits des animaux Direct Action Everywhere se sont couchés par terre en plein trottoir devant la boutique de vêtements NRML de la rue Rideau à Ottawa, samedi après-midi.

Les manifestants voulaient ainsi encourager les consommateurs à boycotter les produits Canada Goose, composés en partie de fourrures de coyotes sauvages trappés et de plumes de canards et d’oies. Le groupe s’insurge également contre les étiquettes de vêtements qui diffusent des messages faussement éthiques indiquant aux consommateurs que les animaux ont été traités avec civilité avant de les transformer en vêtements d’hiver.

Les manifestants se sont d’abord retrouvés au parc de la Confédération au Mémorial des animaux de guerre pour ensuite se déplacer jusqu’à la boutique de mode de la rue Rideau. Tam-tam, slogans scandés et discours ont précédé la mise à mort fictive des manifestants qui se sont étendus par terre, au grand étonnement des passants.

L’industrie de la mort

L’écologiste Michele Thorn soutient que trois millions d’animaux à fourrure sont exécutés chaque année au Canada; la moitié dans des fermes d’élevage et l’autre 50% par la trappe, une activité illégale dans une quarantaine de pays, dit-elle. Les animaux pris dans un piège peuvent y rester prisonniers jusqu’à une semaine, avant d’être abattus, explique madame Thorn. Une fois piégé, l’animal souffrira de pertes de sang, d’un choc nerveux, de déshydratation, d’hypothermie, de gangrène ou sera attaqué par un autre prédateur. Quant aux oies et canards, une fois leurs gorges tranchées, ils sont jetés dans l’eau bouillante pour en recueillir les plumes.

Le groupe écologiste encourage donc les consommateurs à opter pour les solutions de rechange synthétiques hypoallergènes.

«Je pense que c’est important d’éveiller les consciences ici [...] Malheureusement, y a une recrudescence (de consommation) au niveau de la fourrure. Y a aussi du côté du Québec, [...] une compagnie qui utilise de la fourrure recyclée pour faire de la décoration sur des portefeuilles, des porte-clés, tout ça... Ils disent: ah, c’est écologique parce que c’est de la fourrure recyclée. Ben non, y a un animal qui est mort pareil. [...] En 2017, on n’a pas besoin de fourrure; c’est pas vrai ça,» explique la militante Marie Aubin.