Normando Charris et Carolina Batalla et leurs enfants.

Expulsion de la famille Batalla-Charris: Brière ouvre la porte

La famille Batalla-Charris compte sur une intervention politique pour rester au Canada après mercredi prochain.

Leur demande de sursis de la mesure de renvoi en attendant que le Canada statue sur une demande de résidence permanente qui a été faite pour des considérations humanitaires vient d’être rejetée en début de semaine. 

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Une famille menacée d'expulsion: «Nous voulons rester ici»

Établis à Sherbrooke depuis cinq ans, Normando Charris, son épouse Carolina Batalla et leurs deux enfants nés en Espagne, Mia et Gabriella, sont convoqués à l’aéroport international P-E-Trudeau à Montréal par l’Agence des services frontaliers du Canada (ASFC) pour l’exécution d’une mesure de renvoi du pays. Seul leur enfant Adrien, né au Canada, pourrait théoriquement rester au pays.

L’avocate de la famille Me Carolina Roa-Sanchez estime que la voie de l’intervention politique demeure la plus plausible pour que la demande de résidence permanente pour des considérations humanitaires soit accordée d’ici la date butoir du 27 novembre.

La nouvelle députée fédérale de Sherbrooke Élisabeth Brière a confirmé à La Tribune qu’elle se gardait « une porte ouverte » pour communiquer avec le nouveau ministre de l’Immigration, des Réfugiés et de la Citoyenneté du Canada Marco E. L. Mendicino concernant la situation de la famille Batalla-Charris.

Si cette intervention auprès du nouveau ministre du gouvernement Trudeau ne donne aucun résultat, la famille Batalla-Charris de Sherbrooke sera expulsée du Canada dans moins d’une semaine.

« Seule une intervention politique peut maintenant nous aider. C’est un choc pour nous que notre demande soit rejetée. Nous allons devoir faire nos valises. C’est très difficile parce que nous voulons rester ici », a expliqué Carolina Batalla.

Leur intégration au Canada, le service de garde en milieu familial de Carolina Batalla, les emplois du couple, la formation en informatique de Normando Charris, la maitrise du français de la famille et l’enfant né au Canada servaient notamment d’arguments pour que la demande de résidence permanente soit accordée.

Une vigile avait été organisée le 9 novembre devant le palais de justice de Sherbrooke pour appuyer la famille.

La députée fédérale de Sherbrooke Élisabeth Brière avait rencontré la famille Batalla-Charris avec leur avocate. Ces démarches politiques n’ont cependant pas encore permis de changer la décision des autorités fédérales.

Élisabeth Brière

« J’ai rencontré la famille qui m’a donné l’autorisation de regarder leur dossier afin de voir si je pouvais donner un coup de main. Ils ont suivi un chemin qui ne semble pas être le bon afin de rester ici. Pour l’instant, la loi doit être respectée même si le côté humain de cette situation me touche beaucoup tant comme mère de famille que comme entrepreneure. D’un autre côté, ils vont avoir la chance de postuler pour revenir au pays », explique la députée libérale de Sherbrooke.

Carolina Batalla et Normando Charris ont quitté la Colombie pour des raisons de sécurité en 2007 vers l’Espagne où ils avaient de la famille. Ils ont quitté ce pays d’Europe en 2015 pour venir au Canada en raison de problèmes de discrimination liée à leur origine colombienne.

La demande d’asile a été rejetée par les services d’immigration canadiens principalement parce qu’ils pourraient recevoir la protection de l’État espagnol.

Une ultime démarche auprès de la Cour fédérale pourrait aussi être tentée, mais les chances de succès, selon l’avocate de la famille, sont moindres.

En attendant, des enfants de l’école primaire Brébeuf à Sherbrooke se préparent à se séparer de leurs amies Mia et Gabriella.

« Cette famille devrait pouvoir penser à faire son sapin de Noël la fin de semaine prochaine au lieu de penser à faire leurs boites de déménagement. Cette famille représente un modèle d’intégration au Canada. Chez eux, c’est ici à Sherbrooke. On brise la vie de trois enfants et de leurs parents à moins d’un mois de Noël. Le nouveau ministre de l’Immigration doit faire preuve de compassion afin que leur dossier puisse cheminer d’ici leur départ imminent », estime le citoyen Marc Nadeau, dont les enfants vont à la même école que ceux de la famille Batalla-Charris.

L’enseignant de cinquième année à l’école Brébeuf Carl Fournier explique que plusieurs élèves sont touchés par le départ de Mia à qui il enseigne.

« C’est une élève qui s’exprime très bien en français. Elle est dynamique et elle participe bien en classe. Son départ attriste plusieurs élèves. Nous lui avons confectionné un livre souvenir afin qu’elle se souvienne de nous », mentionne Carl Fournier.

Une nouvelle mobilisation est prévue samedi 23 novembre à 15 h devant l’hôtel de ville de Sherbrooke afin de faire pression sur le gouvernement pour que la famille reste au Canada. Une pétition d’appui sur change.org avait recueilli 1347 signatures.

« Ce n’est pas quand cette famille sera dans l’avion qu’il sera temps de dire que l’on aurait dû faire quelque chose pour les aider. Il n’est pas question de rester les bras croisés », soutient Marc Nadeau.

L’enseignant Carl Fournier remet à Mia Carolina Charris Batalla un album souvenir de ses amis de Sherbrooke.