L’ancien président de la Chambre de commerce et d’industrie Canada-Liban, Marlon Oneid, compte mettre sur pied un centre d’appel pour solliciter des dons dans les prochains jours.
L’ancien président de la Chambre de commerce et d’industrie Canada-Liban, Marlon Oneid, compte mettre sur pied un centre d’appel pour solliciter des dons dans les prochains jours.

Explosions au Liban: la communauté se mobilise

Catherine Morasse
Catherine Morasse
Le Droit
À la suite de l’explosion dévastatrice qui a soufflé une partie de la capitale du Liban, le président du Lebanese Club of Ottawa, Ahmad Araji, appelle aux dons de sang et d’argent : « tout montant nous aiderait ».

L’organisme sans but lucratif a lancé une campagne de financement en soutien à la Croix-Rouge libanaise et à divers hôpitaux du pays. Intitulée Emergency Fund for Lebanon, la collecte organisée sur la plateforme Gofundme vise à amasser 20 000 $. Mercredi après-midi, le Club avait récolté 5000 $.

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Le besoin de soins médicaux est tel au Liban que « les hôpitaux ne sont pas capables d’accommoder tout le monde. Certains doivent soigner des gens dehors, décrit Ahmad Araji. En ce moment, tout est fermé au Liban à cause du coronavirus. Nous attendons que les réouvertures commencent, mais il nous semble que ça n’arrivera pas de sitôt. La seule chose que nous pouvons faire pour les aider, c’est de récolter des fonds à travers Gofundme. »

Pour les personnes qui ont des contacts au Liban, « on ne peut trop insister sur l’importance d’aller donner du sang, souligne l’Ottavien à doubles traits. Les gens en ont besoin désespérément. Nous disons aux gens, libanais ou non, que s’ils connaissent des gens là-bas, s’il vous plaît, demandez-leur d’aller en donner. »

De son côté, l’entrepreneur Marlon Oneid compte mettre sur pied un centre d’appel pour solliciter des dons dans les prochains jours. L’ancien président de la Chambre de commerce et d’industrie Canada-Liban, actuellement président de la chaîne de télévision Noursat TV, craint que la pandémie coupe l’aide financière que reçoit déjà le Liban de la part du Canada et des autres pays du G8. « Les pays du G8 ont offert d’aider le Liban à condition que le gouvernement prouve qu’il était capable d’une bonne gestion sans corruption. Nous n’en avons pas été capables. Nous n’avons pas reçu de véritable soutien depuis des années », se désole celui qui vit au Canada depuis 40 ans.

Les rues de Beyrouth étaient toujours jonchées de débris 24 heures après les explosions.

Déjà avant le début de la crise politique à l’automne 2019, le Liban était aux prises avec un problème de chômage rendu pire, entre autres, par l’arrivée massive de réfugiés syriens et irakiens. En raison de la pandémie, le déficit que le Canada anticipe pour 2020-2021 est de 343,2 milliards $, dix fois celui de 2019-2020. « D’où va venir le soutien ? » s’interroge M. Oneid.

« Mon conseil pour le gouvernement, c’est de collaborer avec la communauté libanaise, lance-t-il. Laissez-nous créer une stratégie et identifier où l’argent devrait aller. Laissez-moi, en tant que citoyen canadien, envoyer de l’argent sans défis administratifs », suggère-t-il en pointant du doigt les longues explications que les expatriés doivent fournir chaque fois qu’ils transfèrent des fonds.

À l’heure actuelle, on peut nourrir cinq personnes pour un mois avec une trentaine de dollars, indique M. Oneid. L’entrepreneur invite les Canadiens à approcher les églises et les mosquées pour offrir leur aide. Il envisage aussi mettre sur pied un système de dons sur le site web de Noursat TV dans les prochains jours.