Êtes-vous du genre à éviter les nids-de-poule ou à les traverser ?

Éviter les nids-de-poule est dangereux

Près de 80 % des Québécois n’empruntent pas la bonne technique de conduite lorsqu’ils font face à un nid-de-poule.

Selon un sondage Léger mené pour le compte de la compagnie d’assurance Allstate du Canada, 78 % des automobilistes de la province tentent d’éviter les nids-de-poule en tournant le volant. Cette façon de faire est principalement utilisée par les conducteurs dont la voiture a déjà subi des dégâts en circulant dans l’un de ces nombreux trous. Or, bien qu’à première vue cette méthode semble la plus sécuritaire pour la santé du véhicule, Jean-Denis Quenneville, vice-président de l’Association des spécialistes de pneu et mécanique du Québec (ASPMQ), rappelle qu’il s’agit d’une mauvaise technique et que celle-ci peut causer des dommages encore plus considérables que ceux occasionnés par les nids-de-poule eux-mêmes.

« C’est sûr que la façon la plus facile de franchir un nid-de-poule c’est de l’éviter, mais en l’évitant, les gens n’ont pas nécessairement connaissance de ce qui les entoure, explique-t-il. Bien des fois, les gens se suivent de trop proche et en essayant d’éviter un nid-de-poule, ils vont accrocher d’autres voitures ou causer d’autres problèmes au niveau de la circulation qui ne seraient pas arrivés normalement. Un accrochage coûte beaucoup plus cher qu’un dommage causé au niveau mécanique par un nid-de-poule. »

Selon lui, la bonne recette pour approcher un trou dans la chaussée serait plutôt de ralentir et de prendre connaissance de ce qui nous entoure sur la route.

« C’est important de comprendre l’environnement autour de nous et de garder une distance sécuritaire avec le véhicule devant nous, indique M. Quenneville. Ce qu’on suggère, c’est de ralentir le plus possible à l’approche d’un nid-de-poule, de relâcher le frein quand on entre dedans et surtout, de ne pas essayer de tourner dans le nid-de-poule, car ça va occasionner des problèmes mécaniques. »

Mais attention. Le vice-président de l’ASPMQ insiste particulièrement pour dire qu’il ne faut pas freiner brusquement à quelques mètres d’un trou.

« Il ne faut surtout pas freiner d’urgence, car en freinant dans un nid-de-poule, ça peut occasionner des problèmes comme un gros stress au niveau du pneu, de la jante ou de la mécanique », précise-t-il.

Selon le sondage, près de la moitié des Québécois, soit 47 %, ont confié avoir endommagé leur voiture en roulant dans un nid-de-poule. Pour 53 % d’entre eux, le coût des réparations s’est élevé entre 101 $ et 500 $.

« Je ne suis pas surpris par ces résultats, avoue M. Quenneville. À 99 %, les coûts seront entièrement assumés par les conducteurs. Certains vont vouloirs approcher des compagnies d’assurance, mais au niveau des franchises ce n’est pas toujours avantageux. »

Notamment causés par le dégel vers la fin de l’hiver et l’arrivée du printemps, les trous dans la chaussée sont considérés comme un problème récurrent par 96 % des Québécois sondés.

« Les nids-de-poule semblent désormais faire partie de la vie quotidienne des Québécois », affirme le directeur régional des réclamations chez Allstate du Canada, André Parra.

Aide du privé

À l’heure actuelle, 21 744 nids-de-poule ont été colmatés depuis le début de l’année 2019 à Gatineau. L’année dernière, les équipes municipales en avaient bouché 53 514.

Comme le mentionnait Le Droit la semaine dernière, la Ville a octroyé un contrat de moins de 100 000 $ à une firme privée pour l’aider à boucher les trous qui font leur apparition un peu partout sur les routes de la ville depuis déjà quelques semaines. Il s’agissait d’ailleurs de la première fois que Gatineau faisait appel à l’aide du secteur privé pour le colmatage des nids-de-poule, alors que les trous dans la chaussée cette année sont plus nombreux et plus importants qu’au cours des années précédentes.

L’étude a été réalisée auprès d’un échantillon de 1014 usagers de la route québécois et la marge d’erreur est de +/- 3,08 %.