Le conseiller municipal et président du comité exécutif de la Ville de Gatineau, Gilles Carpentier

Étude du budget: la révision des dépenses «frappe un mur»

La Commission de révision des dépenses et des services « arrive dans un mur » croit le président du comité exécutif de la Ville de Gatineau, Gilles Carpentier.

Selon lui, la Ville doit dès maintenant trouver une autre façon de rationaliser ses dépenses. L’objectif de cette commission était de dégager des économies récurrentes de 15 millions $ entre 2013 et 2018 en fouillant dans tous les racoins de l’administration, et il vient d’être atteint. 

« Il faut, je pense, prendre du recul et revoir le mandat de cette commission, a indiqué au Droit M. Carpentier. Je dois poursuivre ma réflexion, mais je vais proposer quelque chose en ce sens jeudi. » La journée de jeudi est réservée aux débats politiques sur la proposition budgétaire.

Le président du comité exécutif rappelle que plusieurs tentatives ont été menées lors du dernier mandat pour revoir les services, mais le conseil a toujours été très « frileux », dit-il, à couper des services aux citoyens alors qu’il adopte des hausses de taxes année après année. 

Villes intelligentes

De fait, des propositions ont été faites dans les dernières années pour réduire les heures d’ouverture des bibliothèques et pour dégager des économies dans l’offre des camps de jour. Ces propositions n’ont jamais été adoptées par le conseil. Seule l’abolition de la distribution de compost a trouvé son chemin à la table du conseil, ce qui a permis une économie d’environ 20 000 $ par année. 

Le nouveau président de la commission de révision des services et des dépenses, Martin Lajeunesse, abonde dans le même sens que son collègue Carpentier voulant que les économies soient de plus en plus difficiles à trouver dans les prochaines années. « Je compte travailler à l’optimisation des services avec le concept de ville intelligente, a-t-il indiqué. On peut aller chercher bien des économies de cette façon sur une période de cinq ans. »

« Bureau de la performance »

La directrice générale de la Ville, Marie-Hélène Lajoie, admet aussi que la recherche d’économies va se compliquer. Elle compte sur la mise en place d’un « bureau de la performance » qui permettra d’implanter une culture d’amélioration continue au sein de l’administration pour passer à un autre niveau. Ce bureau coûtera 304 000 $ par année, mais ses dépenses seront financées à même les économies qu’il permettra de dégager dans l’administration. Les prochains efforts de rationalisation seront beaucoup plus d’ordre administratif que dans les opérations quotidiennes de la Ville comme c’était le cas depuis 2013. 

La conseillère Louise Boudrias est aussi d’avis que le conseil doit faire plus d’efforts pour réduire la pression sur les dépenses de la Ville. Selon elle, il y a lieu d’étudier sérieusement une réduction de la masse salariale. 

M. Carpentier admet que cette proposition doit être sur la table, mais il ajoute que les différentes conventions collectives des employés municipaux et les obligations légales associées au schéma de couverture de risques pour les services policiers et de lutte aux incendies réduisent considérablement les possibilités d’économies.

UN MESSAGE LANCÉ PAR LES INDÉPENDANTS

Quelques élus indépendants n’ont pas perdu de temps, lundi matin, à l’ouverture du débat du budget 2018 de la Ville de Gatineau, pour lancer un message au maire Maxime Pedneaud-Jobin et à son équipe d’Action Gatineau.

Même si M. Pedneaud-Jobin a confirmé, d’entrée de jeu, que la proposition budgétaire est celle du comité exécutif, cela n’a pas empêché la conseillère Louise Boudrias de dire qu’elle craint de devoir voter sur un «budget teinté des promesses d’Action Gatineau». Elle a précisé qu’elle n’avait encore jamais vu autant de bonifications de services dans le cadre d’un budget.

«Je respecte l’optimisme du maire (à faire adopter le budget), mais je pense qu’il y aura des discussions importantes, cette semaine, sur plusieurs éléments présentés», a affirmé Mme Boudrias. Cette dernière prévoit présenter une résolution, jeudi, pour que le conseil se dote d’un programme commun avant l’adoption du budget 2018 prévue le 18 décembre. Elle se dit prête à reporter l’adoption au début janvier si cela est nécessaire. À ce chapitre, elle a reçu l’appui de ses collègues Mike Duggan et Jocelyn Blondin.

Le président du conseil, Daniel Champagne a aussi noté qu’il n’adhérait «pas du tout» à certaines des bonifications de services proposées dans le cadre du budget 2018. Le maire Pedneaud-Jobin a proposé de laisser l’administration présenter les principaux éléments du budget au cours de la semaine. 

Proposition de bonifications de services en 2018

NOUVELLES BONIFICATIONS

  • Ajout de nouveaux jeux d’eau: 300 000 $
  • Augmentation du fonds d’animation du centre-ville: 250 000 $
  • Création fonds d’animation des anciens centres-villes: 250 000 $
  • Soutien supplémentaire à la revitalisation des anciens centres-villes: 250 000 $
  • Prolongement de la saison d’ouverture des piscines extérieures: 100 000 $
  • Financement du sentier culturel dans le centre-ville: 100 000 $
  • Sécurité dans les corridors scolaires: 80 000 $
  • Animation du site de la Ferme Dalton: 65 000 $
  • Programme de subvention pour les couches lavables: 50 000 $
  • Marché du Vieux-Aylmer: 25 000 $
  • Programme de compost gratuit: 25 000 $
  • BONIFICATIONS DÉJÀ ACCEPTÉES
  • Stratégie événementielle: 150 000 $
  • Programme d’intervention environnemental du Lac Beauchamp: 37 000 $

TOTAL: 1 682 000 $

Charge fiscale municipale à Gatineau et ailleurs en 2017

  • Sherbrooke: 2680 $
  • Longueuil: 2736 $
  • Trois-Rivières: 2867 $
  • Gatineau: 2907 $
  • Laval: 3124 $
  • Québec: 3270 $
  • Montréal: 3476 $
  • Moyenne Québec: 2953 $

*Pour une propriété de valeur médiane en tenant compte du rôle d’évaluation de chacune des villes