État d'urgence chez les syndicats

Paul Gaboury
Paul Gaboury
Le Droit
Les principaux syndicats de fonctionnaires fédéraux ont rappelé d'urgence leurs équipes de négociations à Ottawa pour réagir aux « offres finales » du gouvernement Harper.
Des rencontres ont également eu lieu hier entre les représentants du Conseil du Trésor et des dirigeants des syndicats de la fonction publique fédérale dans le but de discuter de ces « offres finales » déposées à ses 158 000 employés de l'administration centrale.
Au moment d'écrire ces lignes, le président de l'Alliance de la fonction publique du Canada (AFPC), John Gordon, n'avait émis aucun commentaire sur les « offres finales » déposées en fin de journée mardi, et a décidé de convoquer toutes les équipes de négociations à Ottawa. Entre-temps, il aurait également eu une rencontre avec des représentants du Conseil du Trésor.
Sur le site Internet de l'AFPC, on pouvait lire ce message à l'intention des membres : « Nous trouvons regrettable la déclaration diffusée par la Conseil du Trésor du 18 novembre 2008 et ses conséquences sur le discours du Trône. Toutefois, nous en comprenons les motivations. Cela dit, nous nous employons à prendre les mesures voulues pour assurer la protection de nos membres en cette époque d'incertitude économique ».
La présidente de l'Institut professionnel de la fonction publique du Canada (IPFPC), Michèle Demers, comptait également discuter de stratégie avec les 10 équipes de négociations de son syndicat.
Elle a vivement dénoncé dès mercredi les offres du gouvernement et la façon utilisée pour les présenter aux employés. « Du jamais vu », a-t-elle dit, car elles ont été communiquées en dehors des tables de négociations.
Rencontres sur les offres
Au Conseil du Trésor, le porte-parole Robert Makichuk a confirmé que des rencontres avaient eu lieu avec des représentants syndicaux, hier, notamment pour discuter des offres déposées par le président du Conseil du Trésor, Vic Toews.
Le gouvernement offre 6,8 % pour un contrat de quatre ans, soit 2,3 % en 2007-2008, puis 1,5 % pour chacune des trois années suivantes. Les offres s'adressent à 158 000 employés de l'administration publique centrale représentés à plus de 20 tables de négociations différentes. De ce nombre, 107 904 employés sont représentés par l'Alliance de la fonction publique du Canada, 32 499 membres de l'IPFPC. Les autres employés sont membres de plus petits syndicats du secteur
fédéral.
Discours « compromettant »
La présidente de l'IPFPC s'en est par ailleurs prise au discours du Trône, qui « compromet l'avenir du Canada en voulant réduire les dépenses de la fonction publique ».
« Même si le premier ministre dit vouloir stimuler l'économie, il met la santé et le bien-être de la population en danger en réduisant les dépenses de la fonction publique », a indiqué la présidente Demers.
« En offrant aux fonctionnaires des emplois sûrs et des salaires équitables, on ne fait pas que stimuler l'économie, on protège également les Canadiens et leurs familles. »
Elle craint aussi le transfert des services publics à des partenaires du secteur privé qui offrent à moindre prix des services de qualité moindre. « En se servant du ralentissement économique comme d'une excuse, le gouvernement poursuit toutefois sa croisière idéologique préconisant un plus petit gouvernement, une plus grande privatisation et une déréglementation sans entraves, et continue son attaque contre les travailleurs de la fonction publique », a-t-elle commenté.