École Carle de Gatineau 

État des bâtiments: les écoles de l’Outaouais s’en tirent bien

De Gatineau à Maniwaki en passant par Fort-Coulonge, Papineauville, La Pêche ou Thurso, l’école que fréquente quotidiennement votre enfant est-elle dans un bon état physique?

C’est la question sur laquelle Le Droit s’est penché en analysant l’indice de vétusté physique (IVP) de la centaine établissements détenus par les quatre commissions scolaires francophones de la région.

Premier constat qui s’impose: la grande majorité des écoles de l’Outaouais sont dans un état variant de très bon à satisfaisant et se voient attribuer une cote d’état de A, B ou C.

Malgré tout, plus d’une vingtaine de bâtiments ont un IVP jugé mauvais ou très mauvais.

Calculé en pourcentage, l’indice de vétusté est la somme du coût estimé de tous les travaux de maintien d’actifs devant être réalisés sur un horizon de cinq ans divisé par la valeur de remplacement de l’édifice en question.

La cote d’état peut être A si l’IVP est de 0 à 5%, B (5-10%), C (10-15%), D (15-30%) ou E (30% ou plus).

C’est à la Commission scolaire au Coeur-des-Vallées (CSCV), où la moyenne d’âge des édifices est de 56 ans et où on s’est malgré tout fixé comme objectif de rendre l’ensemble de ses bâtiments dans un «état satisfaisant» d’ici 2030, que la qualité du parc immobilier est la moins reluisante.

Au total, 11 de ses 22 écoles obtiennent la cote D, y compris les écoles Saint-Michel (Gatineau), Saint-Coeur-de-Marie (Ripon), Saint-Michel (Montebello), Sacré-Coeur (Plaisance) et Sainte-Famille/Aux Trois-Chemins (Thurso), pour lesquelles l’IVP varie entre 20 et 23%.

École Euclide-Lanthier de Gatineau

C’est toutefois l’école St-Pie-X, qui accueille 135 élèves à Papineauville, qui se trouve dans la plus piètre condition avec une cote E. La valeur de remplacement de l’immeuble est chiffrée à 3,8 millions $ alors que les travaux qui doivent être effectués sur le bâtiment pour le rendre conforme sont estimés à 1,3 million $.

À l’opposé, les écoles Hormisdas-Gamelin, du Boisé et du Ruisseau, toutes situées à Gatineau, sont des établissements de la CSCV qui obtiennent une cote d’état de A.

«Il faut retaper nos écoles de façon à les ramener à un état qui est acceptable. On a plusieurs établissements qui ont besoin d’amour, pour ne pas dire qu’ils sont en désuétude», affirmait récemment l’ex-président Éric Antoine.

À la Commission scolaire des Draveurs (CSD), où l’âge moyen du parc immobilier est de 45 ans, le portrait est relativement bon dans l’ensemble, mais neuf immeubles accueillant des écoliers ont tout de même un IVP considéré mauvais. Sur la liste, on retrouve les écoles du Nouveau-Monde (édifices Saint-Rosaire et Renaud), de la Traversée (deux édifices), de Touraine (édifice Riviera), Sainte-Élisabeth, Carle, La Source et de l’Odyssée (édifice Saint-René-Goupil). À ces endroits, la facture des travaux à réaliser varie entre 500 000$ et 3,2 millions $.

À l’opposé, plusieurs établissements de tous âges sont considérés dans un très bon état (A), par exemple l’école secondaire du Versant ainsi que les écoles de la Colline, de l’Envolée, l’Oiseau-Bleu et Trois-Saisons (deux édifices).

«Un indice très mauvais, ça veut dire que l’école ne répond plus aux normes de construction d’aujourd’hui, mais ça ne veut pas nécessairement dire que c’est un milieu inacceptable. Toutes les écoles sont fonctionnelles. C’est dans l’entretien préventif qu’il faudrait investir davantage. C’est l’une des problématiques. Pour l’entretien préventif, le gouvernement investit 2% de la valeur totale des bâtiments en santé, alors qu’en éducation, on parle de 0,5%. Simplement avec 1%, il y aurait moins de détérioration», notait en décembre dernier l’ex-président de la CSD, Claude Beaulieu.

Grâce entre autres aux nombreuses écoles primaires construites au fil de la dernière décennie sur son territoire, la Commission scolaire des Portages-de-l’Outaouais (CSPO), s’en tire légèrement mieux avec quatre édifices qui obtiennent une cote D. Il s’agit de l’école Euclide-Lanthier, des immeubles Arc-en-Ciel et Notre-Dame de l’école Rapides-Deschênes, ainsi que de l’édifice Sainte-Cécile de l’école au-Coeur-des-Collines. À ces endroits, des travaux de 1,1 à 4 millions $ sont nécessaires.

La commission scolaire dont l’âge moyen du parc immobilier est aussi de 45 ans a toutefois l’une de ses écoles, soit l’édifice La Pêche de l’école au Coeur-des-Collines à La Pêche, dont l’IVP est très mauvais. Québec a cependant annoncé le printemps dernier que l’école qui date de la fin des années 50 sera agrandie au coût de 12 millions $.

À l’autre bout du spectre, l’école secondaire de l’Île ainsi que les écoles Côte-du-Nord et du Vieux-Verger sont en tête de classement et ce même si elles ont été érigées dans les années 70.

De son côté, malgré une moyenne d’âge beaucoup plus élevée pour ses bâtiments (67 ans), la Commission scolaire des Hauts-Bois-de-l’Outaouais (CSHBO) tire bien son épingle du jeu puisqu’aucune de ses écoles n’a une cote inférieure à C.

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«Ce ne sont pas juste les fenêtres ou le toit», clame le syndicat des enseignants

Le parc immobilier scolaire a beau être plus jeune et en meilleur état en Outaouais que dans certaines régions dont Montréal, des investissements sont nécessaires sur une base régulière, clame le Syndicat de l’enseignement de l’Outaouais. 

«Il ne faut pas oublier qu’on a aussi de vieilles écoles et qu’il faut en prendre soin. Dans la région, ce qu’on entend beaucoup de la part des profs, c’est entre autres qu’il y a des inquiétudes au niveau de la qualité de l’air. Ce sont des questions qu’on a constamment au syndicat. On le sait, le gouvernement avait abandonné son parc d’infrastructures. Les écoles n’ont pas été rénovées pendant des années et elles sont dans l’état dans lequel on les trouve présentement. [...] Là, on investit de façon majeure, mais est-ce qu’on investit suffisamment? Il faut investir le plus possible pour les ramener dans un bon état, et ce ne sont pas juste les fenêtres ou le toit, c’est à l’intérieur. Il y a certaines classes qui n’ont pas été peinturées depuis 40 ans», de dire la présidente Suzanne Tremblay. 

Elle ajoute que la cote d’état des établissements suscite parfois l’incompréhension chez ses membres. 

«Ils disent: voyons, on a une bonne cote et pourtant le toit coule et il y a plein de choses qui ne fonctionnent pas», précise-t-elle.